Un potentiel réchauffement des liens Israël-Qatar suite au calme à Gaza
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Un potentiel réchauffement des liens Israël-Qatar suite au calme à Gaza

Doha considérerait Jérusalem comme un allié pour renouer ses relations avec les pays du Golfe ; une normalisation ne serait pas rejetée selon des responsables israéliens

L'envoyé du Qatar pour la bande de Gaza, Mohammed Al-Emadi, assiste à une conférence de presse à l'hôpital Shifa de la ville de Gaza, le 19 février 2018. (AP/Khalil Hamra)
L'envoyé du Qatar pour la bande de Gaza, Mohammed Al-Emadi, assiste à une conférence de presse à l'hôpital Shifa de la ville de Gaza, le 19 février 2018. (AP/Khalil Hamra)

Les responsables israéliens estiment que les relations avec le Qatar se réchauffent, selon un reportage diffusé mardi, après qu’un accord aurait été conclu pour augmenter l’aide à la bande de Gaza.

Une délégation israélienne s’est rendue ces derniers jours dans l’émirat du Golfe et a réussi à garantir que 60 millions de dollars seront donnés à Gaza par Doha avant la fin de 2020 pour aider l’enclave palestinienne, a rapporté la Treizième chaîne.

L’information n’a pas pu être confirmée de manière indépendante.

Selon la chaine, Israël estimerait que le Qatar verrait ses contacts positifs avec Jérusalem comme un moyen de revenir dans les bonnes grâces du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le Qatar est mis à l’écart des autres membres du CCG – Bahreïn, Koweït, Oman, Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis – en raison de ses tentatives de rester proche de l’Iran.

La chaîne a déclaré que les responsables avaient même évoqué l’idée que le Qatar pourrait normaliser ses relations avec Israël dans un avenir pas si lointain.

Mohammad al-Emadi, l’envoyé du Qatar dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, s’est rendu régulièrement dans la zone ces dernières années avec l’approbation d’Israël, y apportant des fonds pour l’achat de carburant, la rémunération des fonctionnaires et l’aide aux pauvres de Gaza. Ces fonds sont considérés comme essentiels pour maintenir le calme le long de la frontière.

Le président américain Donald Trump (deuxième à gauche) serre la main de l’émir du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, (à gauche), lors d’une rencontre bilatérale, le 21 mai 2017, à Riyad, en Arabie saoudite. Sont assis avec eux (de gauche à droite) : Rex Tillerson, alors secrétaire d’État américain, Jared Kushner, conseiller principal à la Maison Blanche, et H.R. McMaster, alors conseiller à la sécurité nationale des États-Unis. (AP Photo/Evan Vucci)

Ces derniers mois, Israël a conclu des accords avec deux des voisins du Qatar, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, afin d’établir des relations diplomatiques. Les hauts fonctionnaires d’Israël et des États-Unis, qui ont négocié ces accords, ont promis des avancées similaires avec d’autres pays arabes.

La Douzième chaîne israélienne a rapporté la semaine dernière qu’Israël et le Hamas avaient conclu un accord de trêve sous la médiation du Qatar qui prévoit le calme à la frontière sud pour une période de six mois. En retour, le Qatar transférera 100 millions de dollars au Hamas dans le cadre d’un accord coordonné avec Doha par le chef du Mossad, Yossi Cohen, aux côtés du coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT).

À l’exception de plusieurs tirs de roquettes – y compris mardi, après qu’Israël a révélé la présence d’un tunnel terroriste du Hamas – un accord non officiel entre Israël et le Hamas est en vigueur depuis fin août, depuis que le bureau du chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a annoncé que le groupe terroriste avait accepté les conditions de cessez-le-feu négociées par le Qatar.

Israël a indiqué tacitement son consentement en levant les restrictions imposées à Gaza depuis le début de l’escalade des violences en août.

Un policier palestinien fait signe à un camion qui entre par le point de passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 1er septembre 2020, après un accord conclu avec Israël grâce à la médiation du Qatar. (SAID KHATIB / AFP)

Au début du mois, le Qatar aurait demandé aux États-Unis de se doter de chasseurs furtifs F-35 avancés, afin de tester l’engagement américain à maintenir l’avance militaire d’Israël dans la région face aux riches États du Golfe qui cherchent à se procurer du matériel militaire avancé.

Cette demande fait suite à des informations publiées en septembre selon lesquelles les États-Unis et les Émirats arabes unis allaient probablement conclure un accord pour la vente de l’avion à la suite des accords d’Abraham négociés à Washington.

Le ministre du Renseignement Eli Cohen a par la suite déclaré qu’Israël s’opposerait à tout accord potentiel pour la vente de jets américains F-35 au Qatar.

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