Israël s’opposera à toute vente américaine de F-35 au Qatar – Ministre
Préserver l'avantage militaire dans la région est une priorité absolue pour Jérusalem, a déclaré Eli Cohen, après des informations selon lesquelles Doha voulait acheter ces avions
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Le ministre des Renseignements, Eli Cohen, a déclaré dimanche que l’Etat juif s’opposerait à tout accord potentiel portant sur l’acquisition par le Qatar de F-35 américains, quelques jours après des informations qui ont laissé entendre que cet Etat du Golfe avait fait savoir, aux Etats-Unis, qu’il souhaitait acheter l’avion militaire.
Cette requête des Qataris, qui a été révélée mercredi dernier par l’agence de presse Reuters, survient alors que des informations rendues publiques au mois de septembre ont fait savoir que les Etats-Unis et les Emirats arabes unis allaient probablement conclure un accord d’armement portant sur la vente de cet avion dans le sillage des « Accords d’Abraham » – négociés par Washington, qui ont été conclus entre les EAU et Israël d’une part, et Bahreïn et Israël d’autre part.
Ces informations concernant Doha sont considérées comme un nouveau test de l’engagement des Etats-Unis à maintenir l’avantage militaire qualitatif de l’Etat juif dans la région, face aux Etats du Golfe, riches, désireux d’acquérir des équipements d’armement avancés.
S’exprimant au micro de la radio militaire, Cohen a déclaré que « notre supériorité sécuritaire et militaire dans la région est ce qu’il y a de plus important pour nous ».
« Notre région n’est pas encore devenue la Suisse », a-t-il ironisé.
La loi américaine prévoit que le Congrès est chargé de s’opposer ou d’approuver les ventes d’armement aux pays du Moyen-Orient en les étudiant conformément à la promesse faite par les Etats-Unis de maintenir la supériorité militaire israélienne. La décision finale, en ce qui concerne de telles ventes, est généralement prise suite à des consultations entre des représentants du Pentagone et les responsables israéliens. Si l’Etat juif n’a pas de droit de veto pour empêcher une vente, le pays peut soulever des inquiétudes qui rendront plus difficile la conclusion d’un accord.
Les Etats-Unis et le Qatar ont noué une relation militaire étroite. Ce pays du Golfe accueille environ 8 000 personnels militaires des Etats-Unis sur la base aérienne d’Al-Udeid, la plus importante base américaine de la région.
Malgré cette relation, les liens entretenus par le Qatar avec le groupe terroriste du Hamas palestinien pourrait signifier que toute requête concernant l’acquisition de cet avion-chasseur serait rejetée, selon les informations.
Depuis l’annonce des accords de normalisation, Abou Dhabi a fait part ouvertement de son désir d’acheter des avions de guerre F-35 et autres armements américains, et des responsables émiratis ont déclaré que les liens dorénavant établis avec Jérusalem devaient pouvoir lever tous les obstacles à une telle vente.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait initialement fait savoir qu’il s’opposait à toute vente de l’avion F-35 à une autre nation de la région, y-compris à un pays en paix avec Israël. Ce positionnement s’est depuis adouci – signalant qu’il accordait sa confiance aux Etats-Unis concernant la question du maintien de l’avantage qualitatif militaire de l’Etat juif au Moyen-Orient.
Des informations non-sourcées transmises par les médias avaient indiqué, le mois dernier, qu’Israël souhaitait convaincre les Etats-Unis de « revoir à la baisse » le type d’armes fournies à Abou Dhabi, empêcher toute vente étant une option considérée comme peu probable.
Selon ces médias, alors que d’autres accords de normalisation entre l’Etat juif et des Etats arabes pointeraient à l’horizon après les Accords d’Abraham, Jérusalem estimerait que l’administration américaine pourrait tenter de conclure un plus grand nombre d’accords de vente d’armes avec les puissances régionales.
Au mois de septembre, le président américain Donald Trump avait déclaré qu’il ne voyait « aucun problème » à vendre des avions-chasseurs F-35 avancés aux Emirats arabes unis et aux autres Etats du Golfe.
« Ce sont des pays très riches pour la plupart. Certains sont extraordinairement riches, comme les EAU, et ils voudraient acheter des avions chasseurs. Et, personnellement, je n’ai aucun problème avec ça », avait dit Trump.
Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.
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