Un présentateur de Kan suspendu après s’être moqué de Benjamin Netanyahu
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Un présentateur de Kan suspendu après s’être moqué de Benjamin Netanyahu

L'animateur se moquait du Premier ministre qui ne veut pas payer lui-même ses frais de justice, une attitude non professionnelle a estimé la chaîne publique

Dov Gil-Har (Crédit : capture écran / Youtube)
Dov Gil-Har (Crédit : capture écran / Youtube)

Un présentateur de la chaîne publique Kan a été suspendu mardi après s’être moqué du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et de sa demande de financement de ses frais de justice par de riches bienfaiteurs.

Dov Gil-Har, qui présente une émission d’information le soir, discutait lundi avec un analyste politique de Kan, Moti Gilat, après que la demande de Benjamin Netanyahu de faire payer ses frais de justice par des tiers a été rejetée pour la troisième fois. Les deux hommes se sont alors mis à plaisanter que la famille du Premier ministre allait devoir mettre la main à la poche.

« Vous voulez nous faire une démonstration ? », demanda ainsi Dov Gil-Har à son interlocuteur, qui s’exécuta et retira de l’argent de sa poche arrière.

« [Il faut] relever un peu les fesses et enfoncer la main », plaisanta Moti Gilat.

Les deux hommes ont ensuite lancé malicieusement que Netanyahu ne pourrait pas payer avec une carte de crédit, en référence à Sara Netanyahu qui avait assuré que le couple n’en avait pas, alors que Dov Gil-Har plaisantait que son porte-feuille et celui de Moti Gilat étaient « usés, probablement car ils avaient trop servi ».

Les Netanyahu sont accusés d’avoir utilisé des fonds publics pour couvrir leur train de vie luxueux. La semaine dernière, Sara Netanyahu a d’ailleurs plaidé coupable après avoir été accusée d’avoir menti et utilisé de l’argent public pour acheter des repas gastronomiques à la Résidence du Premier ministre, alors qu’un chef cuisinier y était employé à temps plein.

Sara Netanyahu, la femme de Benjamin Netanyahu, arrive au tribunal de Jérusalem le 16 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Benjamin Netanyahu est également menacé par une mise en examen pour avoir accepté du champagne et des cigares, d’une valeur totale de centaines de milliers de shekels, de la part d’un milliardaire. Le couple est aussi soupçonné d’avoir voulu faire financer par l’État des travaux dans leur résidence privée.

Le Premier ministre israélien embrasse son épouse Sara durant son apparition devant les partisans au siège du parti du Likud dans la ville côtière de Tel Aviv, la nuit des élections, le 10 avril 2019 (Crédit : Thomas COEX / AFP)

Plus tôt cette année, le magazine Forbes avait classé Netanyahu parmi les responsables politiques les plus riches, avec 50 millions de shekels (environ 13 millions d’euros) d’avoirs, dont la plupart auraient été gagnés grâce à des missions de conseils et des conférences qu’il a assurées lorsqu’il s’était temporairement retiré de la vie politique après sa défaite aux élections de 1999 face au travailliste, Ehud Barak.

Après des réactions véhémentes sur les réseaux sociaux, notamment de la part du fils du chef du gouvernement, Yair Netanyahu, Kan a retiré ce passage de son site internet et de son compte Twitter, avant de suspendre Dov Gil-Har.

Selon Haaretz, ce dernier est suspendu jusqu’à jeudi, mais continuera d’officier à l’antenne de la principale radio de Kan, comme d’habitude.

Citant des sources anonymes au sein de Kan, le site Ynet a rapporté que le présentateur n’était pas sanctionné pour le contenu du passage lui-même, mais parce qu’il n’avait pas eu l’autorisation du chef d’édition à l’avance.

« Il s’agissait d’un moment inutile, sans valeur journalistique, qui ne correspondait pas au professionnalisme attendu du service informations », a fait savoir Kan.

Lundi, la Commission des autorisations a débouté la demande de Benjamin Netanyahu de recourir à Spencer Partrich, un riche homme d’affaires américain et connaissance du chef du Likud, pour participer au financement de sa défense.

Ce rejet faisait suite aux propos de l’équipe d’avocats de ce dernier, qui avait indiqué qu’elle ne donnerait pas suite à la demande de déclaration des avoirs de Benjamin Netanyahu et ne révélerait pas les détails de sa relation avec Spencer Partrich.

La commission a refusé de recevoir l’avocat du Premier ministre qui voulait lui expliquer pourquoi les avoirs de son client devait rester privé.

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