Un rabbin hassidique a tenté d’amadouer la police venue évacuer sa synagogue
Rechercher

Un rabbin hassidique a tenté d’amadouer la police venue évacuer sa synagogue

Le chef de la dynastie Kretchnif a été filmé en train de féliciter la police et disant qu'il devait être difficile d'arrêter les célébrations de Souccot en raison des règles COVID

Capture d'écran d'une vidéo de la police dispersant un rassemblement à Kyriat Gat. Vidéo floutée pour protéger les identités. (Douzième chaîne)
Capture d'écran d'une vidéo de la police dispersant un rassemblement à Kyriat Gat. Vidéo floutée pour protéger les identités. (Douzième chaîne)

Un leader hassidique qui avait organisé une grande célébration pour la fête de Souccot a été filmé en train d’essayer de dissuader les policiers arrivés sur place de disperser le rassemblement en les inondant de bénédictions, de louanges et d’une certaine dose de culpabilité.

L’incident s’est produit samedi soir à Kyriat Gat, où les policiers ont assisté à un grand rassemblement à la synagogue de la dynastie hassidique Kretchnif à laquelle auraient assisté des dizaines de personnes, en violation d’un strict dispositif de confinement lié au coronavirus qui interdit les rassemblements publics à l’intérieur et restreint aussi considérablement les manifestations en plein air, y compris la prière.

Un officier qui est entré dans les locaux pour expliquer que le rassemblement devait être dispersé s’est heurté au chef rabbinique du mouvement, a rapporté dimanche la Douzième chaîne en diffusant des images filmées par la police.

Avant que le policier ne puisse commencer, le rabbin, qui n’a pas été nommé par la chaine, a commencé à bénir le policier en disant : « Que Dieu vous protège de tout mal [et] de tout trouble, détresse, affliction et maladie. »

On entend le policier dire poliment « Amen » aux bénédictions.

« Vous faites votre travail si fidèlement, et je vous envie », a poursuivi le rabbin.

Alors que le policier essayait d’amener la conversation sur le sujet des violations du confinement, le rabbin a dit : « Doucement, une chose à la fois. »

Le rabbin s’est alors demandé à quel point il devait être difficile pour le policier d’entrer dans une Soucca pendant la fête de Souccot et de demander aux gens d’arrêter de se réjouir.

« C’est difficile, a reconnu le policier, mais que peut-on faire, il faut que vous compreniez. Je vous demande donc, monsieur, de disperser l’assemblée. »

« Vous faites votre travail fidèlement », a répété le rabbin.

Finalement, la police a réussi à convaincre le rabbin de mettre fin à la soirée et de renvoyer ses fidèles chez eux. Cependant, le lendemain, une patrouille de police qui passait par là a découvert un autre rassemblement de masse au même endroit.

L’événement a finalement été dispersé. Selon la Douzième chaîne, si un troisième incident de ce type se produit, la synagogue sera fermée.

On ne sait pas très bien pourquoi une amende n’a pas été infligée pour cette violation, conformément aux règles de bouclage.

La police fait face à des hommes juifs ultra-orthodoxes lors d’une manifestation contre l’application des règlements d’urgence relatifs au coronavirus, dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

La police a publié dimanche un communiqué sur l’événement après qu’une photo de la police échangeant avec le rabbin a été diffusée sur les réseaux sociaux avec le message que les policiers étaient simplement entrés pour obtenir une bénédiction de la part du chef spirituel.

« Suite à la photo partagée sur les réseaux sociaux pour laquelle il a été dit que les commandants de police de Kyriat Gat étaient entrés pour obtenir la bénédiction du rabbin après avoir vu que l’événement se déroulait conformément à la réglementation, nous précisons qu’il s’agit d’une distorsion évidente de la réalité et que la photo a été prise hors contexte. »

La police a déclaré qu’elle avait été initialement amenée à se rendre à la synagogue après avoir reçu des témoignages sur le bruit provenant de l’intérieur et que des officiers s’y étaient rendus pour disperser le rassemblement.

Lorsqu’un deuxième rassemblement a été constaté le dimanche matin au même endroit, « une enquête a été menée, le rassemblement a été dispersé et des contraventions ont été infligées aux contrevenants », a déclaré la police.

« La police appelle le public à obéir aux instructions, car ne pas les respecter perturbe l’effort national dans la lutte contre le virus et sa propagation en Israël », indique le communiqué.

Affrontement entre la police et des Juifs ultra-orthodoxes lors d’une manifestation contre l’application des règlements d’urgence sur le coronavirus, dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Les critiques à l’encontre de la communauté ultra-orthodoxe se sont multipliées ces derniers jours, des critiques montrant qu’un nombre important d’entre eux ne tenaient pas compte des restrictions de confinement pendant les fêtes de Souccot, notamment en continuant à organiser des rassemblements de masse.

Alors que la police a intensifié l’application de la loi, la communauté ultra-orthodoxe est de plus en plus en colère et des accusations de recours à une force disproportionnée, y compris contre les enfants, ont été formulées.

Dimanche, de violents affrontements entre la police et les ultra-orthodoxes ont eu lieu à Jérusalem et à Bnei Brak, où 13 personnes ont été arrêtées alors que les policiers dispersaient des rassemblements. En plus de violer les restrictions sur les rassemblements dans des espaces clos, la police a déclaré que la plupart des fidèles ne portaient pas de masque ou n’adhéraient pas aux règles de distanciation sociale. Les fidèles ont « commencé à résister et à perturber l’ordre public » après que les policiers ont commencé à distribuer des amendes, a réagi la police.

La communauté ultra-orthodoxe a connu des taux élevés d’infection au coronavirus, une évaluation réalisée la semaine dernière ayant révélé que le taux d’infection dans la communauté était 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. Le responsable de la lutte contre le COVID-19 dans le pays, Ronni Gamzu, a déclaré la semaine dernière que 40 % des cas récents se trouvaient dans la communauté ultra-orthodoxe, qui constitue environ 12 % de la population.

Les ministres ont approuvé des amendes de 500 NIS pour toute personne surprise avec d’autres personnes ne faisant pas partie de son foyer dans la soucca d’autrui – une structure temporaire utilisée par de nombreux Juifs pendant la semaine de fête de Souccot qui a commencé vendredi soir. Il est également interdit aux Israéliens d’accueillir des membres de leur famille non nucléaire chez eux pendant les fêtes, et de voyager à plus d’un kilomètre de leur domicile.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...