Un site israélien supprime une tribune appelant au meurtre des homosexuels
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Un site israélien supprime une tribune appelant au meurtre des homosexuels

Israel National News a présenté ses excuses après avoir comparé la communauté LGBT, l'extrême-gauche et les féministes radicales à Amalek, l'ennemi biblique des Juifs

Les participants à la gay pride de Jérusalem, sous haute sécurité, le 3 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les participants à la gay pride de Jérusalem, sous haute sécurité, le 3 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une militante LGBT a porté plainte dans un commissariat après la publication par le site d’information de droite Israel National News d’une tribune en hébreu qui appelait à s’attaquer à la communauté gay, à l’extrême-gauche et aux féministes radicales.

La chronique a été supprimée du site après le dépôt de cette plainte, mardi. Le site Israel National news a par ailleurs présenté des excuses.

« Les militants LGBT et l’extrême-gauche laïque – qui comprend le féminisme radical qui pénètre l’armée et les postes de pouvoir – font le jeu de l’ennemi arabe, qui les considèrent comme un moyen d’affaiblir les militaires et le nationalisme juif », a ainsi écrit Moshe Hasdai dans sa tribune.

« Il ne s’agit pas seulement de cela : Dorénavant, ils se livrent à des incitations auprès de la communauté druze, des Bédouins et des infiltrés d’Afrique, au détriment du peuple et de l’Etat juif, ainsi que contre son gouvernement. Il y a ici même un ennemi nazi arabe intérieur, qui est bien plus dangereux que l’Iran », a ajouté Hasdaï, qui se présente sur le site comme un ‘militant communiste’ et sur son propre site de thérapeute spécialisé dans les thérapies du mariage et de l’addiction.

Moshe Hasdai (Autorisation/ http://moshehasdai.co.il/)

« Depuis la Shoah, un grand nombre de Juifs disent ‘Plus jamais’. Ne plus jamais permettre à la violence et à la haine de la Shoah de se répéter », a-t-il écrit. « Et afin de garantir cela, nous sommes obligés de frapper nos ennemis qui se livrent à des incitations à notre encontre et qui nous assassinent ».

« Nous sommes forcés d’éliminer et d’éradiquer ceux d’entre nous qui souhaitent effacer et nier notre histoire à nous, en tant que Juifs, et le judaïsme. C’est Amalek, dont la loi est connue – et le moment est venu de mener cette mission à bien ».

Dans la tradition biblique juive, la tribu amalekite nomade est devenue l’essence même du mal, la Bible recommandant : « Ne les épargnez pas, mettez à mort les hommes et les femmes, les enfants et les nouveaux-nés, leur bétail et leurs moutons, leurs chameaux et leurs ânes ».

Chen Arieli, à droite, présidente de l’Association LGBT, le 25 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’article a été supprimé du site après le dépôt de plainte de Chen Arieli, présidente de l’Association pour les LGBT en Israël, qui a évoqué « des incitations au meurtre sauvages à notre égard ».

« Demain, neuf ans se seront écoulés depuis les meurtres de Bar Noar », un club gay où deux personnes avaient été assassinées et au moins 15 autres blessées, « et dans deux jours, cela fera trois ans que Shira Banki a été tuée ». Cette jeune adolescente de 16 ans avait été mortellement poignardée durant une gay pride à Jérusalem.

Shira Banki (Crédit : autorisation de la famille)

« Les incitations continuent », a-t-elle ajouté.

Le site d’information a présenté ses excuses pour la tribune, affirmant l’avoir mise en ligne par erreur.

« En raison d’une erreur technique, un article qui pouvait donner l’impression de soutenir la violence a été publié », a fait savoir le site d’information.

« Israel National News condamne toute incitation à la violence et insiste sur la nécessité de discussions ouvertes et décentes. Nous espérons que tous les médias commenceront à appliquer des normes similaires en ce qui concerne les incitations contre d’autres groupes de la société israélienne ».

La police de Jérusalem a fait savoir qu’elle se préparait à des violences lors de la gay pride qui aura lieu jeudi au sein de la municipalité, des extrémistes ayant appelé à perturber ce qui devrait être le plus important défilé LGBT jamais organisé dans la ville.

Environ 2 500 agents de police, de la police des frontières et autres forces de sécurité encadreront cet événement annuel qui devrait attirer le chiffre record de 30 000 participants. La gay pride se déroulera dans un contexte de colère entraînée par une loi récente qui a exclu les homosexuels du droit au recours à la gestation pour autrui (GPA).

L’année dernière, environ 22 000 personnes avaient pris part à la parade, selon les estimations de la police, sous l’oeil attentif d’environ 1 000 agents.

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