Un soldat éthiopien battu par un policier à présent cyber-officier de l’armée
Rechercher

Un soldat éthiopien battu par un policier à présent cyber-officier de l’armée

Damas Pakada, 24 ans, est devenu un symbole de la brutalité policière, de la discrimination et de la négligence à l'égard de sa communauté

Damas Pakada, le soldat d'origine éthiopienne qui a déclenché des émeutes nationales  en 2015, dans une interview à la télévision Hadashot diffusée samedi 21 avril 2018. (Capture d'écran)
Damas Pakada, le soldat d'origine éthiopienne qui a déclenché des émeutes nationales en 2015, dans une interview à la télévision Hadashot diffusée samedi 21 avril 2018. (Capture d'écran)

Damas Pakada, un soldat de Tsahal né en Ethiopie qui avait déclenché des protestations de juifs éthiopiens après avoir été filmé battu par un policier, est maintenant décoré dans l’unité cyber de la branche technologique de l’armée.

Padaka, 24 ans, premier lieutenant de l’unité topaze de la Direction de la technologie et de la logistique, est arrivé en Israël avec sept frères et soeurs après avoir perdu son père à l’âge de 9 ans.

En Israël, à l’âge de 13 ans, il a perdu sa mère également, succombée par une maladie. Lui et ses frères et sœurs ont grandi dans l’un des quartiers les plus difficiles de Holon, une banlieue sud de Tel Aviv.

En avril 2015, le jour de son anniversaire, Pakada a été libéré de l’armée pour la journée et était sur le chemin du retour pour fêter l’évènement avec son frère.

Un policier l’a arrêté sur le trottoir alors qu’il bouclait la zone parce qu’un objet suspect avait été repéré. L’agent a alors poussé Pakada, jeté sa bicyclette de côté et lui a donné des coups de pied alors que le soldat, prostré sur le sol, essayait de se défendre.

Une caméra vidéo a surpris l’officier en train de battre Pakada, âgé alors de 21 ans.

À un moment, l’officier est vu en train de sortir son pistolet. « Le flic m’a dit : ‘Je fais mon travail et si j’ai besoin de te mettre une balle dans la tête, je le ferais. Je suis fier de mon travail’ », a déclaré M. Pakada au site d’information Ynet à l’époque.

Dans les heures qui ont suivi la diffusion de l’enregistrement de la caméra à la télévision nationale, Pakada était sorti de prison et l’officier de police renvoyé.

« S’il n’y avait pas cette caméra, je serais derrière les barreaux », a-t-il déclaré à Hadashot TV la semaine dernière. La découverte, peu de temps après l’attaque, de la présence d’images de l’incident, a-t-il dit, était « comme un miracle, une merveille des merveilles ».

Après l’incident, Pakada a dit qu’il était déprimé et en colère et qu’il envisageait même de se faire du mal. « Ce n’est pas un bon sentiment. Cela vous brise. »

Outre l’humiliation de l’attaque, il a dû subir des interrogatoires au poste de police, au cours desquels l’enquêteur, a-t-il dit, a refusé d’entendre sa version, lui disant de « se taire pendant que j’écris le rapport ».

Mais Pakada n’a pas abandonné. « Ma victoire est que je n’ai pas perdu mon optimisme », a-t-il déclaré à Hadashot. « Je suis la preuve que vous pouvez surmonter l’épreuve. »

Pakada est connu dans son quartier depus cet incident. Il avait un long passé de bénévole dans la communauté, notamment en créant un club de mathématiques parascolaire et une section locale du mouvement de jeunesse Bnei Akiva afin de donner aux écoliers locaux une meilleure perspective que celle de traîner dans la rue.

L’expérience de Pakada est devenue un symbole de ce que beaucoup d’Israéliens éthiopiens disent être un ciblage systématique de la police à l’encontre de leur communauté.

L’incident a déclenché une série de rassemblements à Tel Aviv et à Jérusalem contre la brutalité policière. Beaucoup ont utilisé les rassemblements pour soulever des préoccupations plus larges au sujet de la discrimination institutionnalisée, du racisme et de la négligence envers la communauté juive éthiopienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre Damas Pakada, un soldat israélien d’origine éthiopienne qui aurait été agressé par des policiers, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 4 mai 2015. (Photo: Haim Zach / GPO)

Une des manifestations avait mal tourné l’année dernière à Tel Aviv en mai 2015 sur la place Rabin, et avait dégénéré lorsque les manifestants avaient lancé des pierres sur la police. Les policiers ont riposté par des grenades assourdissantes et des canons à eau. L’incident avait fait 65 blessés parmi la police et les manifestants et il y a eu 43 arrestations.

Le lendemain, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a invité Pakada à une réunion et a promis d’éradiquer le racisme et la violence policière.

Plus de 135 000 Juifs éthiopiens vivent en Israël, ayant immigré en deux vagues en 1984 et 1991. Mais beaucoup ont lutté pour s’intégrer dans la société israélienne accusée de discrimination.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...