Un soldat frappé à Jaffa et une synagogue brûlée à Lod dans de nouveaux heurts
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Un soldat frappé à Jaffa et une synagogue brûlée à Lod dans de nouveaux heurts

Il y a eu des fusillades et d'autres actes de violences dans de nombreuses villes judéo-arabes ; Gantz prolonge l'état d'urgence à Lod, épicentre des émeutes

Des officiers de la police dans les rues de Lod après que des émeutiers arabes ont incendié des voitures et brûlé des synagogues, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Des officiers de la police dans les rues de Lod après que des émeutiers arabes ont incendié des voitures et brûlé des synagogues, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

De nouvelles violences ont éclaté jeudi soir dans plusieurs villes judéo-arabes, une nuit après des émeutes intérieures qui ont été parmi les pires depuis des années et alors que des combats intenses continuent également entre Israël et les groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza.

Deux civils et un policier auraient été la cible de tirs d’agresseurs arabes à Lod et à Ramlé.

A Jaffa, un soldat de 19 ans se trouve dans un état grave après une violente agression. Il souffre d’une fracture du crâne et d’une hémorragie cérébrale, a fait savoir l’hôpital Ichilov de Tel Aviv. Le blessé s’y était rendu lui-même.

A Lod, une ville mixte du centre du pays qui est devenue l’épicentre des violences ethniques qui s’abattent sur le pays, un secouriste juif a été légèrement blessé après avoir reçu une balle. Des informations ont ultérieurement indiqué qu’un deuxième homme juif avait, lui aussi, essuyé des tirs, après qu’un couvre-feu nocturne, qui a été mis en vigueur à 20 heures, a été appliqué pour la deuxième soirée d’affilée.

Les émeutiers arabes ont aussi mis le feu à une synagogue – c’est la cinquième dans la ville à être incendiée dans ces violences, selon la Douzième chaîne.

Kan a posté des vidéos de la municipalité montrant, a précisé le radiodiffuseur, des citoyens armés accompagnant les policiers sur les lieux des affrontements.

En plus du couvre-feu, les forces de l’ordre ont interdit aux non-résidents de Lod d’entrer dans la ville dès 17 heures.

Dans ce contexte de violences continues au sein de la localité, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a prolongé l’état d’urgence de 48 heures, une initiative qui, selon son bureau, a été prise suite à une demande de la police.

A Ramle, une ville voisine, un agent de police a été blessé par balle, a rapporté la Douzième chaîne. Aucun détail n’a été donné sur son état de santé. Il aurait été pris en charge sur place.

Par ailleurs, des images de Tel Aviv montrent des journalistes de Kan attaqués et frappés par plusieurs émeutiers d’extrême-droite. Un caméraman, Roland Novitzky, a été agressé et sa caméra volée. Il a été évacué vers l’hôpital. Le journaliste Yoav Zehavi, qui se trouvait à ses côtés, a indiqué qu’une plainte avait été déposée.

Deux suspects ont été arrêtés pour cette agression.

Des activistes d’extrême-droite s’organisent aussi sur les réseaux sociaux pour attaquer des Arabes à Jérusalem, a noté le quotidien Haaretz.

Dans d’autres actes de violences, une famille juive a été attaquée par des émeutiers à Umm al-Fahm après être entrée par accident dans la ville arabe, selon des informations parues dans la presse israélienne.

La police a secouru le couple et leurs trois jeunes enfants, avec l’aide de civils locaux. Tous les membres de la famille sont modérément blessés.

Les responsables municipaux ont émis une condamnation forte de cette agression. Le maire, Samir Mahamid, a ensuite appelé le père de famille et lui a fait part de « son choc et de sa révulsion » face à l’incident.

A Haïfa, huit Arabes ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir jeté des pierres à des Juifs.

Une manifestation pour la paix et pour dénoncer les violences a été organisée à Jérusalem, et un rassemblement similaire a eu lieu aux abords de la ville, après d’Abu Gosh.

Dans la journée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu à Lod, où il a annoncé qu’il allait adopter des mesures d’ampleur pour réprimer les violences en cours dans tout l’État juif, en déployant notamment l’armée.

Des propos qui sont entrés en contradiction avec ceux du ministère de la Défense, Benny Gantz, qui a déclaré ne pas être favorable à l’utilisation des militaires pour ce type d’opérations de maintien de l’ordre.

Rencontrant des garde-frontières envoyés dans la ville, Netanyahu a dit que « nous ne connaissons pas plus grande menace, actuellement, que ces pogroms et nous n’avons pas d’autre choix que de restaurer l’ordre et le droit par le biais d’un usage déterminé de la force ».

Malgré cet appel au déploiement des soldats israéliens, il est improbable que Netanyahu ait suffisamment d’autorité pour autoriser seul de telles actions.

Se rangeant apparemment du côté de Gantz, Shabtai aurait déclaré à ses associés qu’il s’opposait au déploiement de l’armée, selon les médias israéliens – car les troupes ont moins l’habitude de gérer les civils.

Netanyahu a également proposé de recourir à la détention administrative des émeutiers, une mesure controversée couramment utilisée contre les Palestiniens en Cisjordanie.

La détention administrative permet aux autorités de détenir des personnes pendant de longues périodes sans engager de poursuites formelles à leur encontre, une pratique décriée par les critiques comme étant antidémocratique et abusive, mais défendue par l’establishment de la sécurité comme une mesure nécessaire dans les cas où la révélation des preuves nuirait à la sécurité nationale.

Le Premier ministre en visite du siège de la police des frontières à Lod, le 13 mai 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Jeudi, Gantz a ordonné un rappel important des réservistes de la police des frontières afin de prêter main forte aux officiers qui s’efforcent de contenir les troubles, mais il a spécifiquement exclu de déployer des troupes pour le moment.

Plus tard dans la journée de jeudi, Gantz, qui est également ministre de la Justice, aurait convenu avec le procureur général Avichai Mandelblit et d’autres hauts responsables que la priorité absolue serait accordée à l’enquête sur les violences qui se déroulent actuellement dans le pays.

Malgré deux jours d’agitation croissante et l’appel à des renforts pour la police et la police des frontières, les forces de l’ordre ont une fois de plus semblé mal équipées pour faire face à l’ampleur du chaos, et de nombreuses scènes de violence ont eu lieu.

La violence s’est poursuivie jeudi matin lorsqu’un homme juif de 34 ans a été poignardé près d’un marché à Lod, une ville à population juive et arabe qui est devenue l’épicentre de la violence ethnique qui sévit dans le pays. L’homme, qui a été modérément blessé, se rendait à la prière et a été attaqué près d’une mosquée de la ville, selon les médias israéliens.

Une femme arabe de la ville a également été gravement blessée par une pierre lancée sur sa tête. Elle était enceinte et a donné naissance à un bébé en bonne santé à l’hôpital après l’attaque, d’après les médias.

Des incidents ont également été signalés dans le sud, dans la ville judéo-arabe d’Akko au nord et dans la ville arabe de Kfar Qasim, deux voitures de police ont été incendiées.

Des officiers de la police dans les rues de Lod après que des émeutiers arabes ont incendié des voitures et brûlé des synagogues, le 12 mai 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Cinq personnes ont été arrêtées à Jérusalem, soupçonnées d’avoir attaqué un homme juif près de la porte de Damas de la vieille ville, selon la police. Dans une vidéo de l’incident, on voit plusieurs jeunes courir derrière un homme ultra-orthodoxe, le renverser au sol et le piétiner avant de s’enfuir. L’homme a dû être pris en charge médicalement, a indiqué la police.

Commentant jeudi les violences de la nuit précédente, au cours desquelles plus de 400 personnes ont été arrêtées, le porte-parole de la police israélienne, Mickey Rosenfeld, a déclaré que la plupart des personnes arrêtées la nuit dernière étaient des Arabes israéliens, et non des Juifs israéliens.

« Nous avons arrêté des personnes juives, mais beaucoup moins, parce que la majorité des perturbations ont été commises par des Arabes israéliens », a déclaré Rosenfeld.

Rosenfeld a également affirmé qu’il y avait une différence entre les foules juives et les foules arabes.

« Il y a eu certains groupes juifs et des individus juifs qui ont dit ‘si nécessaire, nous nous protégerons’. Il y a eu un certain nombre de cas où ils ont fait justice eux-mêmes… mais c’est très différent de ces milliers de personnes qui ont cherché à tuer autant de gens que possible », a déclaré Rosenfeld.

La violence entre les communautés juive et arabe s’est intensifiée à partir des affrontements à Jérusalem pendant le mois musulman du Ramadan et des affrontements sur le Mont du Temple, et a atteint son paroxysme alors qu’Israël s’engageait dans un affrontement de plus en plus intense avec les groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Le président Reuven Rivlin, qui a célébré un repas d’iftar du Ramadan il y a quelques semaines à peine, a dénoncé mercredi ce qu’il a appelé un « pogrom » perpétré par une « foule arabe assoiffée de sang ». Alors que des foules juives se sont jointes à la mêlée, il a ensuite appelé toutes les parties à « arrêter cette folie ».

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