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Une alliance judéo-noire pour les droits civiques évoquée à la Cour suprême US

La candidate du président Biden, Ketanji Brown Jackson, affirme que « l’idée d’égalité – la justice – est au cœur » de l’école de ses enfants, fondée par des familles juives

La juge nommée à la Cour suprême des États-Unis, Ketanji Brown Jackson, témoigne lors de son audience de confirmation devant le Comité judiciaire du Sénat dans l'aile Hart du Sénat, sur Capitol Hill, le 22 mars 2022. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images)
La juge nommée à la Cour suprême des États-Unis, Ketanji Brown Jackson, témoigne lors de son audience de confirmation devant le Comité judiciaire du Sénat dans l'aile Hart du Sénat, sur Capitol Hill, le 22 mars 2022. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images)

WASHINGTON (JTA) – Qu’il le veuille ou non, le sénateur républicain Ted Cruz a donné à Ketanji Brown Jackson, la candidate du président Joe Biden à la Cour Suprême, l’occasion de souffler au milieu de la délicate journée d’audiences de confirmation, mardi.

Cruz, qui a passé la majeure partie de sa séance de questions de 30 minutes à essayer de coincer Jackson sur des questions telles que la théorie critique de la race, a demandé ce que Jackson entendait lorsqu’elle disait faire l’éloge des valeurs de « justice sociale » illustrées par l’école privée que ses enfants fréquentent.

Dans sa réponse, Jackson s’est dite fière de siéger au conseil d’administration [de l’établissement] et s’est ouverte sur les origines de l’école, une alliance pour les droits civiques des Juifs et des Noirs.

« L’école de jour de Georgetown a une histoire particulière qu’il est important de comprendre lorsque vous examinez ma présence au sein du conseil d’administration », a déclaré Jackson à Cruz.

« L’école a été fondée en 1945 à Washington DC à une époque où, en vertu de la loi, existait une ségrégation raciale dans cette communauté. Les élèves noirs n’étaient pas autorisés à fréquenter l’école publique avec des élèves blancs. Georgetown Day School est une école privée, créée par trois familles blanches – des familles juives – unies à trois familles noires autour du postulat qu’en dépit de la loi imposant un traitement différent pour les enfants noirs, elles formeraient une école privée afin que leurs enfants puissent aller à l’école ensemble. L’idée d’égalité – la justice – est au cœur de la mission de l’école de jour de Georgetown. », a-t-elle poursuivi.

La page « histoire de l’école de Georgetown » sur son site Web indique qu’elle a été fondée en 1945 par sept – et non six – familles, et qu’elle a été la première école intégrée dans la capitale nationale, sans plus de détails.

Il semble y avoir au moins trois familles juives, ou partiellement juives, impliquées dans sa fondation : Edith Nash (née Rosenfels), poétesse juive mariée à Philleo Nash, anthropologue et haut fonctionnaire des administrations démocrates, dont les filles ont fréquenté l’école ; les parents d’Arthur Goldschmidt, depuis devenu un érudit réputé de l’histoire du Moyen-Orient; et les parents de Judith Martin (née Perlman) qui a lancé la célèbre chronique de savoir-vivre « Miss Manners ».

L’école avait un parfum juif. Nash, qui est devenu le deuxième directeur de l’école, a rappelé un jour que, dans les années 1950, l’école organisait un Seder annuel, un événement parents-élèves pour marquer la fête de Pessah. Le mois prochain, le calendrier de l’école propose d’ailleurs des assemblées de la liberté à l’occasion de Pessah pour les élèves de primaire et du collège.

La plus influente directrice de l’école à ce jour, Gladys Stern, qui a dirigé l’établissement entre 1975 et 1996, était également juive.

L’école, actuellement en vacances de printemps, n’a pas répondu à la demande de commentaires.

Lundi, au premier jour de son audition, Jackson a remercié son professeur de débat juif au lycée, la regrettée Fran Berger, pour lui avoir inculqué la confiance en soi et permis de croire qu’elle pourrait être une bonne avocate. Jackson a également remercié le juge de la Cour suprême Stephen Breyer, qui est Juif, dont elle a été la greffière et auquel elle est supposée succéder.

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