Une bande dessinée consacrée à Émilie Schindler
Longtemps éclipsée par la figure de son époux Oskar Schindler, Émilie retrouve aujourd’hui la place qui lui revient grâce à Christelle Galland et Jean-Yves Le Naour
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Rendue mondialement célèbre grâce au film La Liste de Schindler, réalisé par Steven Spielberg en 1993, la figure d’Oskar Schindler s’est imposée comme un symbole de courage durant la Seconde Guerre mondiale. Mais qu’aurait été Oskar sans Émilie ? « Derrière chaque grand homme se cache une femme », rappelle la dessinatrice Christelle Galland, citée par La Voix du Nord, soulignant combien Émilie Schindler est restée trop longtemps dans l’ombre.
« Émilie Schindler a longtemps été cachée, comme si elle n’avait servi à rien… », regrette-t-elle. À travers ses dessins, elle redonne toute sa place à cette Juste parmi les nations, dont la détermination a aussi contribué à sauver plus d’un millier de Juifs des camps de concentration. « La femme est l’égal de l’homme », insiste-t-elle.
La bande dessinée Les Justes : Émilie et Oskar Schindler – Histoire complète, parue à la fin de l’été et cosignée avec le scénariste Jean-Yves Le Naour, inaugure la nouvelle collection historique de Grand Angle.
Racontée du point de vue d’Émilie, l’histoire met en lumière cette héroïne longtemps oubliée, à l’occasion des 80 ans de la libération d’Auschwitz-Birkenau. On y découvre une Émilie âgée, au visage marqué par le temps, loin de l’image plus douce incarnée à l’écran par Caroline Goodall dans le film de 1993.
Pour lui redonner toute son épaisseur, Christelle Galland a étudié les archives, les photos, les documents historiques ainsi qu’un documentaire de la chaîné Arte. Une liste, une héroïne. Un travail intense, d’autant plus surprenant que, confie-t-elle, « jeune, je détestais l’Histoire. Aujourd’hui, je suis curieuse… », rapporte La Voix du Nord.
Pour cette commande de Bamboo Édition, la dessinatrice a dû se plonger dans un important travail de recherche, indispensable pour aborder un sujet aussi sensible que la Shoah. « Ce n’est pas toujours facile, d’autant qu’il y avait ici des scènes pas évidentes, troublantes… On peut totalement se rater ! Mais le plus important reste, même dans une BD, l’histoire en elle-même. »
Le scénario de Jean-Yves Le Naour débute par la rencontre, en 1980, entre l’écrivain Thomas Keneally et un Juif sauvé par Schindler, avant de ramener le lecteur dix-neuf ans plus tard auprès d’Émilie, qui retrace la vie du couple et la sienne jusqu’à la mort d’Oskar, le 5 octobre 2001.
Pour marquer les différentes époques, Christelle Galland a choisi d’utiliser des palettes distinctes : la couleur pour le présent, le monochrome pour le passé. Elle a aussi dû reconstituer fidèlement les nombreux lieux traversés par le couple Schindler, en Pologne notamment, grâce à une documentation abondante. Elle s’est écartée de son style semi-réaliste habituel pour adopter un dessin plus proche de la réalité : « Je devais dessiner des personnages ayant existé et je voulais qu’on les reconnaisse facilement. »
Christelle Galland conserve aujourd’hui les planches originales de cet album dans son atelier de Mauvaisin, heureuse d’avoir contribué à remettre en lumière une femme dont le rôle dans l’Histoire mérite enfin d’être reconnu.
la Communauté du Times of Israël !







