Une candidate Travailliste s’excuse de ne pas avoir respecté Yom HaShoah
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Une candidate Travailliste s’excuse de ne pas avoir respecté Yom HaShoah

La productrice arabe israélienne Ibtisam Maraana, qui s'est excusée d'avoir ignoré la sirène lors de Yom HaShoah, dit dorénavant respecter la coutume

La réalisatrice Ibtisam Maraana-Menuhin lors de la projection d'un film documentaire qu'elle a produit, en 2017. (Autorisation)
La réalisatrice Ibtisam Maraana-Menuhin lors de la projection d'un film documentaire qu'elle a produit, en 2017. (Autorisation)

Une candidate du parti Travailliste israélien s’est excusée, samedi, pour avoir déclaré dans le passé qu’elle avait délibérément ignoré les deux minutes de silence observées, chaque année, pour rendre hommage aux victimes de la Shoah.

Une pétition en faveur du retrait de la candidature d’Ibtisam Maraana, une Arabe israélienne qui figure à la septième place du parti de gauche, a circulé parmi les membres du parti Travailliste en raison de ces propos – ainsi que pour d’autres qu’elle a pu tenir et qui ont été considérés par certains comme anti-sionistes ou comme soutenant le terrorisme.

La controverse sur le respect de Yom HaShoah est née d’un post écrit sur les réseaux sociaux par Maraana en 2012.

« Je ne me suis pas arrêtée et je ne me suis pas levée pendant la sirène – je conduisais alors que le pays était presque silencieux. J’ai décidé de continuer ma route et il y a eu deux minutes merveilleuses qui se sont écoulées. La route était vide, j’ai pu réfléchir à ce qui m’intéressait véritablement en cet instant précis », avait-elle écrit.

La très grande majorité des Israéliens s’arrêtent lorsque la sirène résonne et restent, immobiles, à côté de leur véhicule.

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne, samedi, Maraana a déclaré que le post avait été publié il y a longtemps. Elle a affirmé qu’elle respectait dorénavant l’appel de la sirène et les deux minutes de silence. Elle a dit avec force qu’elle ne saurait réécrire la même publication aujourd’hui.

« Je reste debout et immobile pendant l’activation de la sirène quand je me trouve à l’extérieur », a-t-elle noté. Faisant apparemment référence aussi à une sirène actionnée lors de la Journée de commémoration des soldats israéliens tombés au combat et aux victimes du terrorisme, Yom HaZikaron, elle a présenté ses excuses pour avoir blessé « une mère, un père, un frère ou une sœur qui ont perdu une fille ou un fils – indépendamment des raisons ayant entraîné cette perte ».

Maraana a toutefois estimé que l’indignation entraînée par ses écrits correspondait à la réalité d’une règle de deux poids, deux mesures lorsqu’il s’agissait de la population arabe du pays.

« Si je n’étais pas arabe, est-ce que je serais en train d’affronter ce que je dois affronter ? », a-t-elle interrogé. « Est-ce qu’on dirait que je suis une terroriste ? »

Des Israéliens à côté de leur voiture à l’entrée de la ville de Jérusalem, alors que la sirène marquant la Journée de commémoration de la Shoah résonne dans tout Israël, le 28 avril 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La pétition réclamant l’annulation de la candidature de la jeune femme sera examinée par la commission centrale électorale la semaine prochaine.

Cette pétition affirme que Maarana, à travers d’autres posts parus sur les réseaux sociaux, a rejeté Israël en tant qu’Etat juif et qu’elle a apporté son soutien à des actes terroristes.

Elle a été lancée par Maozia Segal, membre du parti Travailliste et ancien soldat grièvement blessé pendant son service au sein de l’armée. Elle est appuyée par d’autres membres de la formation ainsi que par le Likud et Tikva Hadasha de droite.

Répondant à ses excuses présentées samedi soir, Segal a expliqué rejeter les « tentatives cyniques » de Maarana « de prendre ses distances face aux propos racistes et antisionistes qu’elle a pourtant tenus », a fait savoir le site d’information Walla.

Maraana, réalisatrice de documentaire, est originaire d’une ville arabe israélienne du nord du pays mais elle s’identifie comme Palestinienne. Elle a épousé un Juif israélien.

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