Une chercheuse israélienne met en garde contre Zoom
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Une chercheuse israélienne met en garde contre Zoom

L'application détient notamment "les détails des cartes de crédit, les informations d'emploi et autres informations de même sensibilité", déplore Tehilla Shwartz Altshuler

Photo d'illustration - Capture d'éran partagée par le Premier ministre britannique Boris Johnson d'une réunion du cabinet via l'application Zoom. (Capture d'écran : Twitter)
Photo d'illustration - Capture d'éran partagée par le Premier ministre britannique Boris Johnson d'une réunion du cabinet via l'application Zoom. (Capture d'écran : Twitter)

La docteure Tehilla Shwartz Altshuler, du think-tank de l’Institut israélien de la Démocratie, a tiré la sonnette d’alarme, lundi, au sujet de l’application de vidéoconférence Zoom qui, selon elle, pose des problèmes de confidentialité.

Alors que l’application veut renforcer sa sécurité après avoir été vivement critiquée, Shwartz Altshuler a expliqué que les changements qui étaient mis en oeuvre étaient « appropriés » mais que le service continuait à collecter des informations sensibles sur ses usagers et à enregistrer la totalité des conversations.

« Contrairement à d’autres applications, Zoom exploite une politique de confidentialité scandaleuse grâce à laquelle elle collecte des informations sur tous ses usagers sans avoir au préalable leur consentement explicite. C’est le cas pour tous ceux qui ont téléchargé l’application et qui ont accepté la politique de confidentialité – et c’est également le cas pour ceux qui accèdent aux rencontres sans avoir téléchargé l’application ou apporté leur approbation à la politique sur la vie privée », a-t-elle expliqué dans une déclaration.

« Zoom considère ses usagers comme des ‘produits’ et, en conséquence, toutes les informations transmises – et notamment les détails des cartes de crédit, les informations d’emploi et autres informations toutes aussi sensibles – se trouvent en possession de la compagnie », a-t-elle ajouté.

Elle a poursuivi en clamant que « Zoom ne collecte pas seulement des données par les Cookies mais elle enregistre toutes les conversations qui ont lieu par le biais de l’application. Voilà quelques exemples de la manière dont l’entreprise peut utiliser ces données : Former les systèmes d’intelligence artificielle à convertir des vidéos ou des voix en textes ou à identifier les émotions, à rassembler des informations sur les utilisateurs en tant qu’individus – à quoi ressemblent leurs voix, comment ils organisent des rencontres, quels sont leurs intérêts personnels, et même à quoi ressemblent leurs habitations. Toutes ces informations ont une valeur inestimable pour les publicitaires ou autres intérêts commerciaux », s’est-elle insurgé.

Et elle a averti que tant que persisteront les restrictions sur les déplacements imposées dans le cadre de la pandémie, Zoom continuera à collecter des informations compromettantes supplémentaires.

« Plus les pratiques de distanciation sociale adoptées en raison du COVID-19 vont continuer – plus Zoom pourra collecter des données et plus le problème va s’aggraver. Ce n’est qu’une question de temps avant que n’apparaissent les conséquences plus graves de cet usage massif de ce programme. La facilité relative avec laquelle Zoom peut abuser des informations sensibles représente une grave menace pour les usagers », a-t-elle conclu.

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