Une deuxième synagogue vandalisée dans le sud de l’Iran
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Une deuxième synagogue vandalisée dans le sud de l’Iran

Les vandales ont déchiré des rouleaux de la Torah, volé leurs ornements en argent, jeté des livres de prières dans les toilettes, et sali des châles de prière et des phylactères

Un Juif iranien prie à la synagogue de Shiraz, Iran (Crédit : domaine publique)
Un Juif iranien prie à la synagogue de Shiraz, Iran (Crédit : domaine publique)

Une deuxième synagogue a été vandalisée dans la ville de Shiraz, dans le sud de l’Iran. Les vandales ont abîmé des rouleaux de la Torah, des livres de prières et des objets rituels.

La synagogue Kashi de la ville a été vandalisée dimanche soir et la synagogue Hadash a été vandalisée lundi après-midi, selon Sam Kermanian, conseiller de la Fédération juive irano-américaine, qui est entré en contact avec des Juifs de Shiraz.

La communauté juive locale est persuadée que les attaques ont été commises par plusieurs personnes, mais ne sait pas qui les a perpétrées.

Un reportage tourné par un membre de la communauté juive de Shiraz sur le vandalisme de la synagogue Hadash a été diffusé mercredi par la Dixième chaîne. Un membre de la communauté juive de Shiraz a déclaré à la Dixième chaîne de télévision israélienne que les dégâts ont été rapportés par deux journalistes et trois Juifs locaux.

Une vidéo floue diffusée par la chaîne de télévision a montré les dégâts dans la synagogue.

« De toute évidence, ils ont peur », a déclaré Kermanian au JTA. « Ils ne se sentent pas à l’aise pour en parler librement, mais dans l’ensemble, la vie continue. »

Les vandales ont déchiré des rouleaux de la Torah, qui sont en parchemins, ainsi qu’une centaine de livres de prières, dont certains ont été jetés dans les toilettes.

Ils ont endommagé et « souillé » les châles de prière, les “tefillins”, les phylactères en cuir traditionnellement portés par les hommes pendant la prière du matin. Les vandales ont également brisé des vitres et volé des ornements en argent qui décoraient les rouleaux de la Torah des synagogues.

« A la lumière de ces incidents clairement antisémites, nous appelons les autorités de la République islamique d’Iran à assurer la protection de tous les lieux de culte ainsi que tous les membres de notre communauté, et à traduire en justice les auteurs de ces actes criminels », ont demandé les dirigeants de la Fédération juive irano-américaine dans la un communiqué.

La Conférence des présidents des principales organisations juives américaines a également condamné cet acte de vandalisme.

« Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état du vandalisme de la synagogue Hadash dans le quartier Maaleh de Shiraz, où plusieurs rouleaux de la Torah ont été profanés et de nombreux livres de prières détruits », a déclaré le groupe juif dans un communiqué.

Nous appelons les autorités de Shiraz et le gouvernement central de Téhéran à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la communauté juive et traduire rapidement les auteurs devant la justice », a-t-il ajouté.

Un membre de la communauté juive a déclaré à la Dixième chaîne de télévision israélienne que l’attaque était liée à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre.

La déclaration de Trump a été condamnée par la République islamique, qui s’est engagée à détruire Israël.

Il y a deux ans, un ancien rouleau de la Torah volé à une synagogue – dont le nom n’a pas été communiqué – dans la même ville a été restitué à la communauté juive locale après avoir été trouvé par l’unité paramilitaire Basij du Corps des Gardiens de la Révolution.

La communauté juive de Shiraz, qui compte aujourd’hui environ 2 000 membres, selon Kermanian, a déjà fait face à l’adversité.

En 2000, 10 membres de la communauté ont été condamnés à des peines d’emprisonnement pour espionnage pour le compte d’Israël. Le gouvernement américain et les organisations juives ont dénoncé les accusations et le verdict.

L’Iran comptait entre 80 000 et 100 000 Juifs avant la Révolution islamique de 1979, mais la plupart ont fui depuis, principalement aux Etats-Unis, en Israël et en Europe. Ils ne sont plus aujourd’hui qu’environ 8 500, principalement à Téhéran, mais aussi à Ispahan et Shiraz, les grandes villes au sud de la capitale.

Avec un député désigné au Parlement, la communauté juive iranienne est l’une des quatre minorités religieuses officiellement reconnues. Les chrétiens arméniens ont deux députés désignés, et les Assyro-Chaldéens et les Zoroastriens en ont chacun un.

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