Une éducatrice de crèche ayant asphyxié un bébé condamnée à 17 ans de prison
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Une éducatrice de crèche ayant asphyxié un bébé condamnée à 17 ans de prison

Ina Skivenko devra également verser 120 000 shekels de dommages et intérêts aux parents de Yasmine Vinta

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Ina Skivenko, enseignante dans un jardin d'enfants, soupçonnés d'être à l'origine de la mort de Yasmin Vinta, 14 mois, dans une crèche de Petah Tikva, lors d'une audience de la cour de Petah Tikva, le 3 juin 2018 (Crédit Roy Alima/Flahs90)
Ina Skivenko, enseignante dans un jardin d'enfants, soupçonnés d'être à l'origine de la mort de Yasmin Vinta, 14 mois, dans une crèche de Petah Tikva, lors d'une audience de la cour de Petah Tikva, le 3 juin 2018 (Crédit Roy Alima/Flahs90)

Une auxiliaire de puériculture a été condamnée dimanche à 17 ans de prison pour avoir mortellement asphyxié Yasmin Vinta, une fillette d’un an et demi qui se trouvait sous sa surveillance, l’année dernière.

Outre la peine de prison, la cour de district de Lod a également condamné Ina Skivenko, 24 ans, à 18 mois avec sursis et à verser 120 000 shekels (30 000 euros environ) aux parents de la victime. Dans le cadre de cet accord de peine, elle a reconnu avoir maltraité neuf autres enfants.

Les parents de Yasmine Vinta, Dorina et Vladimir, étaient présents au tribunal.

« Rien ne pourra guérir nos blessures », a déclaré la mère.

« Dix-sept ans, ce n’est pas assez pour moi, pour mon mari, pour ma famille, mais mon cœur est un peu apaisé, car je sais qu’elle est en prison et qu’elle y sera toute sa vie et qu’elle souffrira », a fait savoir Dorina, originaire de Moldavie, en anglais aux journalistes.

« Dix-sept ans, ce n’est pas une bonne décision, elle aurait dû avoir plus, car elle nous a brisé le cœur », a regretté Vladimir.

Les parents de la petite Yasmin Vinta, Dorina et Vladimir, montrent sa photo devant le jardin d’enfants où elle a été retrouvée morte à Petah Tikva, le 7 juin 2018. (Crédit :Roy Alima/Flash90)

En juin 2018, Ina Skivenko avait été mise en examen pour homicide dans la mort de l’enfant dans une crèche de Petah Tikva. D’après les documents du tribunal, elle s’était assise sur la fillette, l’étouffant et la tuant le mois précédent. Elle avait également été accusée d’avoir maltraité d’autres bébés en les jetant par terre, sur des chaises, en les secouant ou en leur assénant des coups de pied.

Les procureurs d’État ont indiqué dans un communiqué que « les nombreuses années infligées à l’accusée traduisent la gravité avec laquelle le système judiciaire considère la violence d’éducateurs à l’égard de mineurs sans défense dont ils ont la responsabilité ».

« Nos lois ne prévoient pas de sanction assez graves pour le meurtre d’un bébé par son encadrant, qui est sensé veiller à son bien-être », a déploré le Conseil national de l’enfance dans un communiqué.

Avant le verdict, l’avocat de la famille de Yasmine, Me Jacob Shklar, a indiqué qu’il avait demandé que les images de vidéosurveillance ayant filmé l’incident soient rendues publiques.

Cependant, la Douzième chaîne a rapporté que l’avocat de la défense avait demandé la prolongation de la confidentialité des images pour garantir la sécurité de la famille de l’accusée. Il a en effet évoqué l’incendie criminel la semaine dernière du domicile de Carmel Mauda, une autre éducatrice de crèche ayant maltraité de jeunes enfants.

Dimanche, trois employés de crèche de l’implantation de Tekoa en Cisjordanie ont été interrogés, soupçonnés d’avoir également infligé des mauvais traitements dans leur crèche.

Les pompiers tentent d’éteindre l’incendie ayant éclaté chez Carmel Mauda dans la ville de Rosh Ha’ayin, le 6 juillet 2019. (Crédit : Police israélienne)

L’appartement de Carmel Mauda, situé à Rosh Haayin, a été presque entièrement détruit par les flammes en juin. La police a récemment publié des images des maltraitances présumées, ce qui a suscité la colère dans le pays et provoqué des manifestations devant son domicile. Les images choquantes divulguées montraient Carmel Mauda attacher des enfants, les nourrir de force, étouffer avec des couvertures des nourrissons refusant d’aller dormir et les maltraiter physiquement.

Des milliers de personnes ont manifesté dans le pays appelant les autorités à une plus grande surveillance des crèches, dont la vaste majorité sont privées et exercent sans autorisation.

Le lendemain de ces rassemblements, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé que le ministère de l’Éducation assumerait la responsabilité de toutes les crèches publiques. Cette décision ne concernait que celles destinées aux enfants de trois ans et plus, âge auquel les enfants sont habilités à intégrer des centres d’accueil publics. Elle ne s’appliquera donc pas aux crèches privées, y compris celles réservées aux enfants de moins de trois ans, comme l’exigeaient les manifestants.

Une loi exigeant la présence de caméras de surveillance dans les crèches avait été débattue et retardée pendant des années avant d’être finalement adoptée en décembre dernier par la Knesset. À partir de septembre 2020, toutes les garderies et crèches devront installer des caméras, sauf si 70 % des parents s’y opposent.

Toutes les activités à l’intérieur et à l’extérieur seront enregistrées, sans son. Les images ne seront accessibles que par les autorités en cas de soupçon de maltraitance.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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