Israël en guerre - Jour 147

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Une exposition de réfugiés africains à l’Institut français de Tel Aviv

Cette exposition est le fruit d’un atelier au cours duquel quatre artistes, réfugiés en Israël, ont exprimé grâce à leur art leur vécu et leurs émotions face à leur exil

L’Institut français de Tel Aviv accueillera, à partir du mercredi 12 juillet et jusqu’au 31 août, l’exposition « I will be your mirror », dirigée par Karen Akoka et Hamutal Sadan, avec les œuvres de Tesfalem Fissaha, Naka Pitia, Selam Mamush et Tsegey Berhe.

Cette exposition est le fruit d’un atelier de cinq mois au cours duquel ces quatre artistes, réfugiés en Israël, ont exprimé, grâce à leur art, leur vécu et leurs émotions personnelles face à cet exil qui les place dans un entre-deux singulier.

Arrivés en Israël depuis la Corne de l’Afrique lorsqu’ils étaient enfants ou déjà adultes, leurs œuvres disent en effet leurs perspectives sur la vie, le genre, la religion, la race, la famille et la perception de soi. Tous sont sans réponse à leur demande d’asile depuis plus d’une décennie. Ils vivent dans une temporalité qui questionne les projections vers l’avenir. La peinture est alors leur terre ferme et leur refuge.

« La double position d’altérité dans laquelle ils se trouvent, par rapport à la société israélienne et au monde de l’art, se dégage de leur travail. Leurs œuvres irriguent une force et une étrangeté singulière qui déplace les manières de regarder et de concevoir l’art », écrit l’Institut. « Cette exposition est plus que la somme d’œuvres individuelles. Les peintures présentées ici ont été réalisées au terme d’un cycle de rencontre de cinq mois. Cette exposition est le témoignage d’un cheminement collectif, de temps de travail communs et de discussions, parfois difficiles et souvent soutenantes. »

« De ces discussions et de ces positions a émergé le miroir. Pensé comme un espace tendu pour qu’une société se regarde, le miroir trouble les espaces et les identités et offre un point d’appui pour travailler l’altérité sans être assigné à la différence. Où nous renvoient alors les miroirs ici posés ? Ni à notre reflet, ni à celui des artistes sans doute, mais à cet espace de rencontre où se brouillent l’altérité et le même pour qu’une société puisse dès lors mieux s’observer. »

Ce projet novateur qui ouvre un dialogue original entre art et sciences sociales sur les questions d’immigration a été coordonné et dirigé par Karen Akoka, sociologue et enseignante à l’Université Paris Nanterre, en délégation au Centre de recherche français à Jérusalem, et Hamutal Sadan, doctorante en histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique à l’Université de Tel Aviv. Il a été co-animé avec Inbal Egoz, artiste, militante et enseignante qui vit et crée à Tel Aviv. Le projet a été soutenu par l’Institut français en Israël, le Centre de recherche français à Jérusalem et l’association Hotline for Refugees and Migrants.

Karen Akoka et Hamutal Sadan donneront une conférence « Café des Sciences » à l’Institut le mercredi 12 juillet à 18h pour expliquer le projet d’atelier qui a servi de préambule à cette exposition. La rencontre sera suivie du vernissage de l’exposition, à 19h30 (entrée libre).

Les quatre artistes exposés sont :

Naka Pitia, 26 ans, née en Égypte de parents originaires du Sud Soudan. Elle est arrivée en Israël avec sa famille, en 2006, à l’âge de neuf ans. Elle a grandi à Nahariya près de la mer. C’est là qu’elle a commencé à peindre.

Selam Mamush, 23 ans, née au Soudan de parents Ethiopiens et Erythréens. Elle est arrivée en Israël en 2008 avec sa famille à l’âge de huit ans. Elle n’aime pas être définie comme une artiste-demandeuse d’asile et traite peu de la question dans son art. Elle travaille sur l’image féminine, sa propre image corporelle, et ce qu’elle traverse comme défis en tant que femme noire et chrétienne.

Tsegay Berhe, 43 ans, est né en Érythrée et est arrivé en Israël en 2010, à l’âge de 30 ans. Il a longtemps peint des paysages et se tourne aujourd’hui vers une peinture plus politique sur la répression en Érythrée et le sort des demandeurs d’asile en Israël. Il aime voir les Israéliens, surpris par la beauté de son travail, comprendre que les demandeurs d’asile peuvent être des artistes à part entière et ne sont destinés ni à la vaisselle ni aux ménages.

Tesfalem Fissaha, 40 ans, est né en Érythrée. Il a fui son pays d’origine pour Israël à l’âge de 27 ans. Il aime peindre dans des cafés, s’inspirer des gens qui l’entoure, gouter aux regards curieux et aux discussions que son travail provoque.

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