Une historienne allemande avait inventé son histoire familiale pendant la Shoah
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Une historienne allemande avait inventé son histoire familiale pendant la Shoah

"Der Spiegel" a découvert que Marie-Sophie Hingst avait soumis un faux témoignage présumé à Yad Vashem sur l'histoire de proches qui n'avaient jamais existé pendant la Shoah

L'historienne allemande Marie-Sophie Hingst. (Capture d'écran : YouTube/via JTA)
L'historienne allemande Marie-Sophie Hingst. (Capture d'écran : YouTube/via JTA)

BERLIN (JTA) — Le prix « Golden Blogger » qui avait été remis à l’historienne allemande Marie-Sophie Hingst lui a été retiré suite aux révélations selon lesquelles l’histoire des souffrances de sa famille durant la Shoah avait été totalement inventée.

Selon le journal Der Spiegel, qui a cette semaine le premier rapporté ce récit (en allemand), Hingst — une femme d’une trentaine d’années qui vit à Dublin – avait envoyé en 2013 22 pages de témoignage sur des personnes qui n’ont finalement jamais existé à Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah en charge des archives sur le génocide. Elle avait évoqué sa « famille » sur son blog : « Lis, ma chère – Lis. »

Le blog n’est plus en ligne.

Son mensonge a été découvert après que des archivistes de la ville allemande de Stralsund ont lu le blog et se sont intéressés à la biographie de Hingst. Ils ont contacté Der Spiegel en faisant part au journal de leurs conclusions : celles que Hingst est issue d’une famille de religion protestante et que seul un petit nombre de proches qu’elle a cité ont réellement existé.

Le rédacteur en chef du Spiegel, Martin Doerry, a finalement rencontré Hingst à Dublin, la semaine dernière, indiquant que la trentenaire avait d’abord nié ses accusations. Elle avait alors insisté sur le fait que son blog était principalement consacré à la littérature. Mais Doerry a finalement conclu qu’elle semblait, par moments, croire à l’existence de la même famille qu’elle a inventée.

Dans un courriel envoyé au University Times, un journal irlandais, Hingst a affirmé : « Je démens avec force toutes les accusations lancées par Der Spiegel. Je n’ai jamais rien falsifié. »

Photo d’illustration : La salle des noms du musée de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem. (Crédit : Mendy Hechtman/Flash90)

Après la révélation de ce mensonge présumé, les créateurs du « Golden Blogger » ont annoncé qu’ils retiraient le prix qui avait été remis à la jeune femme en 2017.

Yad Vashem a déclaré à l’agence de presse allemande DPA que le musée avait ouvert une enquête sur les témoignages soumis par Hingst, notant que « nos processus ne sont pas infaillibles à 100 % ».

Hingst aurait inventé d’autres détails de sa vie. Mardi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a annoncé avoir retiré de son site internet une interview anonyme et datant d’il y a deux ans de Hingst.

Dans cette conversation, elle avait évoqué un projet d’éducation sexuelle qu’elle avait mené avec des réfugiés. L’interview avait eu suite à un essai publié par Hingst sous pseudonyme sur « Zeit Online ».

Après que « Zeit Online » a été informé de l’infox possible par le Spiegel, il s’était avéré que certains témoins nommés par la jeune femme dans son essai n’avaient pas existé.

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