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Une Palestinienne tuée par des soldats israéliens près de Bethléem

Selon l'armée, Ghada Ibrahim Ali al-Sabiteen, 47 ans, a été abattue lorsqu'elle « s’est approchée de manière suspecte de soldats de Tsahal » à Husan

Les troupes israéliennes filmées à la suite d'une fusillade à Husan au cours de laquelle une Palestinienne a été tuée le dimanche 10 avril 2022. (Crédit: capture d'écran : Palestine TV)
Les troupes israéliennes filmées à la suite d'une fusillade à Husan au cours de laquelle une Palestinienne a été tuée le dimanche 10 avril 2022. (Crédit: capture d'écran : Palestine TV)

Une femme palestinienne a été abattue par des soldats israéliens dans la ville cisjordanienne de Husan dimanche matin, selon des responsables de la santé palestiniens.

L’armée israélienne a déclaré que la femme s’était approchée des soldats israéliens « de manière suspecte », et a refusé de dire si elle était armée ou non. Cependant, un responsable a confirmé au Times of Israel que rien n’avait été trouvé sur elle pour indiquer qu’elle cherchait à commettre une attaque.

« Les soldats ont ouvert le feu sur elle dans le cadre d’une procédure d’arrestation de suspects qui comprenait des coups de semonce. Ne s’étant pas arrêtée, les soldats ont tiré sur la partie inférieure de son corps », a déclaré Tsahal dans un communiqué.

Les soldats israéliens ont administré les premiers soins à la personne, identifiée comme étant Ghada Ibrahim Ali al-Sabiteen, 47 ans, après quoi elle a été transportée d’urgence par des médecins palestiniens à l’hôpital de Beit Jala, où elle est décédée des suites de ses blessures.

Les tensions sont montées en flèche entre Israël et les Palestiniens ces dernières semaines sur fond d’attentats terroristes à répétition dans des villes israéliennes qui ont fait 14 morts. L’armée a intensifié ses activités en Cisjordanie pour tenter de réprimer la spirale de la violence.

Taha Hamamra, membre du conseil local de Husan, a déclaré au Times of Israel que Sabiteen avait été abattu à un poste de contrôle installé par l’armée israélienne à l’intérieur du village.

« [Les soldats] lui ont dit de s’arrêter, elle a continué et ils ont tiré », a déclaré Hamamra, confirmant le récit israélien.

Des soldats de Tsahal sont vus opérant dans le camp de réfugiés palestiniens de Nur Shams le 10 avril 2022, lors d’un raid à la recherche de suspects terroristes (Crédit: Jaafar Ashtiyeh / AFP)

Hamamra a déclaré que Sabiteen était une veuve et une mère de six enfants qui vivait avec ses enfants et ses parents dans le petit village. Elle avait vécu en Jordanie pendant des années avant de retourner en Cisjordanie après la mort de son mari, selon Hamamra.

Les forces de sécurité israéliennes ont par le passé relevé qu’à de nombreuses reprises, des Palestiniens – souvent des femmes – tentaient de « se faire suicider» par des soldats en agissant de manière suspecte ou menaçante dans l’espoir d’être abattus par les troupes israéliennes.

Dimanche, au milieu des tensions croissantes, des soldats ont mené des raids dans des villes palestiniennes à travers la Cisjordanie pour tenter de réprimer la violence, et ont arrêté vingt personnes. Des Palestiniens ont affrontés des troupes israéliennes lors des raids à Tulkarem, Jénine et Jéricho, faisant plusieurs blessés.

Selon l’armée israélienne, des hommes armés palestiniens ont ouvert le feu sur des soldats à Jénine, tandis qu’à Jéricho, des Palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur des soldats.

Quatre Palestiniens ont été blessés par des balles réelles israéliennes lors des affrontements de dimanche, selon des responsables de la santé de l’Autorité Palestinienne. Sept autres ont été légèrement blessés.

Dimanche matin, des Palestiniens ont vandalisé un sanctuaire à Naplouse qui, selon la tradition juive, est la dernière demeure du patriarche biblique Joseph.

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