Une subvention du Consulat français pour les femmes victimes de violences
Rechercher

Une subvention du Consulat français pour les femmes victimes de violences

La subvention vise à financer un programme d’accompagnement et de soutien aux femmes françaises vivant en Israël victimes de violences conjugales

Signature de la nouvelle convention entre le Consulat général de France à Tel Aviv et le FSJUI pour la lutte contre les violences conjugales, le 2 septembre à la Résidence de France, à Tel Aviv. (Crédit : Ambassade de France en Israël)
Signature de la nouvelle convention entre le Consulat général de France à Tel Aviv et le FSJUI pour la lutte contre les violences conjugales, le 2 septembre à la Résidence de France, à Tel Aviv. (Crédit : Ambassade de France en Israël)

Le Consulat général de France à Tel Aviv a annoncé au début du mois une subvention en faveur du FSJU Israël pour le soutien aux femmes françaises vivant en Israël victimes de violences conjugales.

La convention de subvention de 25 000 € a été signée le 2 septembre à la Résidence de France par Myriam Fedida, directrice du Fonds social juif unifié Israël (FSJU Israël) et la Consule générale, Florence Mayol-Dupont, en présence de l’Ambassadeur de France en Israël, Eric Danon, du président du FSJU, Ariel Goldmann, et de la présidente du Conseil consulaire, Daphna Poznanski-Benhamou.

La subvention vise à financer un programme d’accompagnement et de soutien à ces femmes françaises.

« La pandémie de COVID-19 et de ses graves conséquences économiques et sociales ont entrainé une escalade de violence conjugale et parfois infantile », a rappelé l’ambassade de France dans un communiqué. « Dans ce contexte, le projet a pour objectif d’identifier, de prendre en charge et suivre la victime de la rupture du silence à l’autonomisation. Le FSJU Israël assure ainsi le soutien psychologique et thérapeutique par un psychologue victimologue, la prise en charge de frais médicaux, une aide au logement d’urgence et une aide juridique en cas de besoin. »

« Le FSJU Israël dispose d’une couverture sur l’ensemble du territoire et s’appuie sur un réseau d’associations partenaires directement confrontés aux familles francophones les plus démunies. Il travaille directement avec les départements alyah et intégration, département français des mairies et leurs services sociaux », a-t-elle ajouté.
 
Actuellement, 13 victimes bénéficient ainsi d’une prise en charge par le FSJU Israël.
 
« Cette subvention s’inscrit dans une coopération plus globale entre le consulat et le FSJUI afin d’aider les Français d’Israël dans le contexte de la COVID-19. Depuis le printemps 2020, le FSJUI a ainsi déjà bénéficié de 165 000 € de subvention du consulat pour verser des aides financières aux Français d’Israël touchés par les conséquences économiques de la COVID-19 », explique l’ambassade. « Cette coopération s’inscrit dans un plan global d’action du consulat en faveur des Français d’Israël. Depuis le début de la pandémie, le Consulat général de France à Tel Aviv a ainsi dépensé 760 000 € (près de 3 000 000 ILS) afin d’aider les Français d’Israël à faire face aux conséquences économiques et sociales liées à la COVID-19, soit par des aides directes soit par des subventions à des associations françaises en Israël. »

Une série de statistiques montre que la violence domestique en Israël est en hausse depuis le début de la pandémie. Les appels sur le numéro d’urgence géré par l’organisation No2Violence Against Women ont augmenté de plus de 300 % pendant cette période, et les appels sur la ligne d’urgence gouvernementale en matière de violence domestique ont plus que doublé. La police affirme avoir également ouvert davantage d’affaires de cas de violence domestique que les années précédentes.

Les militants contre la violence conjugale affirment que l’État ne protège pas suffisamment les victimes. Selon les données gouvernementales, un tiers des femmes tuées par leur partenaire en 2018 et 2019 avaient auparavant déposé des plaintes à la police contre les hommes accusés de les avoir assassinées. Six des suspects de ces meurtres entre 2018 et 2020 avaient déjà été condamnés pour violence domestique.

Les données gouvernementales montrent également que sur les 30 000 affaires de violence domestique ouvertes par la police de 2018 à 2019, 75 % ont été classées sans suite, faute de preuves. Seules 10 % ont été jugées et 89 % des procès se sont soldés par des condamnations.

Un plan gouvernemental de lutte contre la violence domestique avait été approuvé en 2017 avec un budget d’environ 75 millions de dollars. Mais en juin 2020, la grande majorité de cet argent n’avait pas encore été transféré aux agences gouvernementales compétentes.

Le ministère des Affaires sociales a ouvert deux nouveaux foyers d’accueil pour les femmes depuis le début de la crise de la COVID, ce qui porte le total à 16 en Israël. Selon un certain nombre de militants, ce nombre n’est toujours pas suffisant. Chaque foyer peut héberger jusqu’à 12 femmes avec leurs enfants.

Le ministère a également ouvert 60 nouveaux départements de lutte contre la violence domestique dans des centres communautaires dans tout Israël, ce qui porte à 170 le total de ces centres gérés par le ministère des Affaires sociales.

Pendant la pandémie, le ministère des Affaires sociales a également permis aux femmes de contacter la ligne d’urgence pour les violences domestiques par SMS plutôt que par appel, car dans de nombreux cas, elles sont à portée de voix de leur agresseur. Le ministère a également lancé « i-Risk », un questionnaire numérique destiné à aider les personnes vivant dans des relations abusives à évaluer leurs risques et à recevoir des conseils.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...