Une synagogue de Jérusalem, dédiée à Jonathan Sandler, vandalisée
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Une synagogue de Jérusalem, dédiée à Jonathan Sandler, vandalisée

Le ministre de l'Intérieur a déclaré que la profanation du lieu de prière à Kiryat Yovel était "un pogrom antisémite scandaleux"

Une synagogue vandalisée à Jérusalem, le 28 janvier 2019. (Crédit : unité du porte-parole de la police)
Une synagogue vandalisée à Jérusalem, le 28 janvier 2019. (Crédit : unité du porte-parole de la police)

Des vandales sont entrés par effraction dans une synagogue du quartier de Kiryat Yovel, à Jérusalem lundi et ont endommagé le lieu de prière, jeté au sol des rouleaux de Torah et autres artefacts juifs.

Ce lieu de culte a été fondé par Eva Sandler en mémoire de son époux Jonathan Sandler 30 ans, de ses enfants Arié 6 ans et Gabriel 3 ans ainsi que de Myriam Monsonégo 8 ans, assassinés à l’école Ozar Hatorah Toulouse (France) en mars 2012 par le terroriste islamiste, Mohamed Merah.

« Nous sommes arrivés ce matin pour la prière et nous avons découvert la synagogue sens dessus-dessous », a déclaré Yisrael Levy, un fidèle, au site Ynet. « Les vandales ont tenté d’ouvrir l’arche et n’ont pas réussi, alors ils l’ont cassée et ont jeté les rouleaux de la Torah au sol », a-t-il dit, en référence à l’armoire où sont entreposés les rouleaux.

Levy, qui est le dirigeant laïc de la communauté francophone Sia’h Israël, a déclaré qu’il n’y avait pas de tensions entre les fidèles et d’autres personnes et a ajouté qu’il n’y avait pas de caméras de vidéosurveillance aux abords de la synagogue.

La synagogue, fréquentée uniquement par des francophones, est située dans un abri antiaérien du quartier de Kyriat Yovel, dans le sud de Jérusalem.

Jonathan Sandler, 30 ans, a été assassiné avec ses deux fils Gabriel et Arié, âgés respectivement de 3 et 5 ans, devant l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse le 19 mars 2012 par Mohamed Merah, qui a également tué Myriam Monsonégo, 8 ans, et blessé grièvement un adolescent.

Depuis cet attentat, la synagogue abrite un lieu d’études dédié au souvenir de Jonathan Sandler, qui avait vécu dans ce quartier de Jérusalem, selon Shmouel Marciano, conseiller municipal à la mairie de la ville et l’un des fondateurs de la synagogue.

La police a déclaré qu’une équipe scientifique a été dépêchée sur les lieux et qu’une enquête avait été ouverte.

בוקר קשה בירושלים .מראות מזעזעים ומרעידים כל נפש יהודית !חיבים לעצור!יהודים אחים אנחנו !!!* אחד ממקימי בית הכנסת…

Posted by ‎מאור צמח‎ on Monday, 28 January 2019

Le BNVCA « demande aux autorités israéliennes de tout mettre en oeuvre pour identifier les lâches criminels anti-juifs, les pourchasser, les interpeller afin qu’une sanction sévère, dissuasive et exemplaire leur soit infligée, qu’ils soient citoyens israéliens, juif ou musulmans, laïcs ou pas ».

La classe politique s’est émue de cet incident et de nombreux politiciens se sont rendus sur les lieux durant la journée.

Le ministre de l’Intérieur et chef du parti ultra-orthodoxe Shas, Aryeh Deri, a déclaré que l’attaque était « un pogrom antisémite scandaleux, dans une synagogue, ici, sur la Terre d’Israël ».

« Aucun cœur juif ne reste de marbre face à ces scènes », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit sur Twitter « bouleversé » par cet acte de vandalisme, et appelé la police à trouver au plus vite « les responsables de cet acte afin de faire justice ».

L’ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, s’est affirmée « choquée » sur Twitter.

Le maire de Jérusalem Moshe Lion a condamné ces actes, qu’il a décrit comme « un évènement grave, qui nous rappelle des périodes sombres de l’histoire du peuple juif », et s’est dit confiant que la police retrouvera les auteurs.

Dan Illouz, qui siège au conseil municipal de Jérusalem, a déclaré dans une publication Facebook que l’attaque était d’autant plus triste que de nombreux fidèles de la communauté Sia’h Israël avaient quitté la France pour fuir les persécutions. Il a déclaré que la ville doit se rassembler « et combattre la haine de ceux qui tentent de nous diviser, avec plus d’amour et de meilleurs relations entre les différents secteurs de la ville ».

Une synagogue vandalisée à Jérusalem, le 28 janvier 2019. (Crédit : unité du porte-parole de la police)

Le président du parti Tekumah Bezalel Smotrich a également commenté cette attaque et déclaré que « ce sont des scènes difficiles qui évoquent les jours sombres de l’histoire de notre peuple ».

Cet incident survient quelques jours après que des vandales ont brûlé des livres de prière et tagué la phrase « Hail Satan » dans une synagogue de Netanya.

Un pentagramme a également été peint à la bombe sur le mur.

La police a déclaré avoir ouvert une enquête sur l’incident de samedi dans le lieu de prière orthodoxe de la rue McDonald, fréquenté par les résidents anglophones de la ville côtière.

Un livre de prière brûlé dans une synagogue vandalisée de Netanya, le 27 janvier 2019. (Crédit : unité du porte-parole de la police)

Dans un communiqué diffusé dimanche, la police a indiqué qu’un soutien-gorge avait été retrouvé sur place.

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