Univ. San Francisco: Le conseil étudiant adopte une motion anti-implantations
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Univ. San Francisco: Le conseil étudiant adopte une motion anti-implantations

La motion demande à l'université d'État de San Francisco de retirer ses investissements dans des entreprises qui font des affaires dans les villes israéliennes de Cisjordanie

L'université d'État de San Francisco. (Autorisation/J. the Jewish News of Northern California via JTA)
L'université d'État de San Francisco. (Autorisation/J. the Jewish News of Northern California via JTA)

J. the Jewish News of Northern California via JTA – Le conseil étudiant de l’université d’État de San Francisco a approuvé une motion de boycott à l’encontre d’Israël qui obligerait l’établissement à cesser ses investissements dans les entreprises qui font des affaires dans les implantations israéliennes.

Après une longue et animée période de commentaires publics, les étudiants associés ont adopté la mesure par un vote de 17 contre 1 et deux abstentions. Près d’une vingtaine d’intervenants ont apporté des témoignages des deux côtés de la résolution.

L’adoption du texte devrait accroître les tensions entre les étudiants pro-Israël et pro-Palestiniens sur le campus, qui se sont déjà querellés ce semestre. Un certain nombre de groupes juifs ont condamné son adoption, notamment le Conseil des relations de la communauté juive et le Hillel de San Francisco.

Les motions du conseil étudiant ne sont pas contraignantes pour l’établissement.

La résolution ne nomme pas d’entreprises spécifiques, mais fait référence à une liste de l’ONU de plus de 100 entreprises qui exercent leurs activités en Cisjordanie. Parmi elles figurent des sociétés américaines telles que Airbnb, General Mills et Expedia, ainsi que certaines sociétés étrangères. La liste a été créée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme en février.

L’implantation de Har Gilo en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, le 12 octobre 2020 (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Lors d’une réunion le 28 octobre, le représentant du conseil étudiant James Aguilar a indiqué qu’il avait examiné les investissements de l’université et n’avait trouvé aucun lien entre elle et une quelconque société figurant sur la liste de l’ONU. Au cours de la réunion, d’autres représentants ont suggéré d’ajouter à la résolution BDS un libellé qui empêcherait les investissements futurs. Le texte modifié a été approuvé lors du vote de mercredi.

La résolution a été initiée par l’Union générale des étudiants palestiniens de l’université, une organisation dirigée par des étudiants qui œuvrent pour « accroître la sensibilisation à la lutte palestinienne », selon sa page Facebook.

Le groupe n’a pas répondu aux demandes de commentaires, tout comme le porte-parole de l’université, Kent Bravo.

Mercredi, les intervenants qui se sont identifiés comme membres d’organisations étudiantes, notamment le Syndicat des étudiants noirs, la Ligue des étudiants philippins et l’International Business Society, se sont prononcés en faveur de la résolution, tout comme une poignée de représentants du conseil étudiant.

L’université d’État de San Francisco en 2012. (Crédit : CC BY-SA Webbi1987/Wikimedia Commons)

« Je pense que ce document reflète très bien la culture que nous devrions nous efforcer de développer à l’université d’État de San Francisco en termes de soutien à nos étudiants », a commenté le représentant des étudiants, Ja’Corey Bowens.

Condamnant la résolution, le porte-parole du Conseil des relations de la communauté juive, Jeremy Russell, a déclaré dans un communiqué : « Cela va encore exacerber les tensions au sein de l’université, et nous appelons les dirigeants universitaires à s’assurer que les étudiants juifs sont accueillis et protégés. Au JCRC, nous soutenons les progrès de la coexistence, y compris la coopération mutuelle pour promouvoir le bien-être économique et social de la région et une solution à deux États pour mettre fin au conflit ».

La directrice exécutive de San Francisco Hillel, Rachel Nilson Ralston, dans sa condamnation du vote, a affirmé que la résolution avait suscité un « discours hideux » sur le campus.

« Cette résolution a malheureusement eu un impact réel et négatif sur le bien-être de nos étudiants et sur leur vie sur le campus », a-t-elle dénoncé. « Mais le vrai danger du BDS est qu’il cherche à influencer les cœurs et les esprits ouverts des dirigeants de demain à partir d’un discours unilatéral et profondément biaisé contre Israël ».

Elle a également laissé entendre que les représentants des étudiants avaient fait l’objet « de pressions extrêmes et de tactiques d’intimidation de la part de militants de tout le pays » qui les ont poussées à voter oui à la résolution.

En septembre, le programme d’études des ethnies et des diasporas arabes et musulmanes de l’université avait invité la terroriste palestinienne Leila Khaled, qui a détourné deux avions en 1969 et 1970, à un événement virtuel sur le campus. Après les protestations de groupes pro-israéliens, Zoom, Facebook et YouTube avaient tous considéré que la participation de Leila Khaled violait la politique de leur entreprise et qu’ils ne permettraient pas que leurs plateformes soient utilisées pour diffuser l’événement.

L’un des groupes pro-Israël, le Lawfare Project, a envoyé une lettre le 1er octobre au ministère de l’Éducation de l’État de Californie, affirmant que l’université avait violé la loi fédérale. Le ministère a répondu une semaine plus tard, disant qu’il avait transmis les allégations à plusieurs agences fédérales.

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