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USA : L’antisémitisme, un nouveau facteur dans les recherches d’université des ados juifs

Alors que la haine des juifs augmente à travers le monde depuis le 7 octobre, une enquête révèle que 64 % des étudiants juifs prennent en compte le climat dans les universités

Ethan Smith participe à une émission en direct avec d'autres adolescents lors de la convention BBYO à Orlando, en Floride, le 16 février 2024. (Crédit : Jacob Gurvis/JTA)
Ethan Smith participe à une émission en direct avec d'autres adolescents lors de la convention BBYO à Orlando, en Floride, le 16 février 2024. (Crédit : Jacob Gurvis/JTA)

ORLANDO (JTA) – Ethan Smith est cinquième de sa classe au lycée du New Jersey. Il a obtenu de très bons résultats au SAT et a passé avec succès les cinq tests d’Advanced Placement de l’année dernière. Le 1er octobre, il a posé sa candidature à l’université de Pennsylvanie, une école de l’Ivy League toute proche.

Six jours plus tard, des milliers de terroristes du Hamas ont sauvagement assassiné 1 200 personnes dans le sud d’Israël et en ont enlevé 253 autres pour les emmener en otages dans la bande de Gaza, déclenchant une guerre qui a vu resurgir l’antisémitisme aux États-Unis, y compris dans les universités. À peu près deux mois plus tard, la présidente de la Penn, Liz Magill, déclarait au Congrès qu’appeler au génocide des Juifs ne constituait pas obligatoirement une violation des règles de son institution.

Magill a depuis démissionné, mais pour Smith, le mal était fait. Il a retiré sa candidature de l’université de Pennsylvanie et envisage désormais de s’inscrire à l’université Rutgers, un établissement de l’État dont il est originaire.

« Personnellement, je me suis senti plus à l’aise là-bas, ou je pouvais être moi-même », a expliqué Smith en parlant de l’université Rutgers, qui compte de nombreux juifs. Il craignait qu’à Penn, il doive « constamment regarder par-dessus mon épaule, et se méfier de ce que quelqu’un allait faire une fois que je serais entré à Hillel ».

La décision de Smith est emblématique d’un sentiment partagé par de nombreux adolescents actifs au sein de la BBYO : lors du choix d’une université, outre les aspects académiques, géographiques et sociaux, nombreux sont ceux qui ont dû prendre en compte un nouveau facteur : l’antisémitisme.

Une nouvelle enquête menée ces dernières semaines auprès de près de 2 000 membres du BBYO en Amérique du Nord a révélé que pour 64 % d’entre eux, l’antisémitisme dans les universités a constitué un facteur important dans le choix de l’établissement d’enseignement supérieur qu’ils allaient fréquenter. Plus de 60 % d’entre eux ont déclaré avoir été confrontés à l’antisémitisme en personne.

« À cause de cela, j’ai renoncé à postuler dans certaines institutions », a déclaré Bianca De Almeida, une étudiante de Miami, à la JTA après l’audience du Congrès en décembre, au cours de laquelle les présidentes de l’université de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MITT) ont elles aussi refusé de dire si la politique du campus interdisait les appels au génocide des juifs.

Claudine Gay, présidente de l’Université de Harvard, Liz Magill, présidente de l’Université de Pennsylvanie, Pamela Nadell, professeure d’histoire et d’études juives à l’American University, et Sally Kornbluth, présidente du Massachusetts Institute of Technology, témoignant devant la commission de l’Éducation et de la main-d’œuvre de la Chambre des représentants au Rayburn House Office Building, à Washington, le 5 décembre 2023. La commission a tenu une audience pour enquêter sur l’antisémitisme sur les campus universitaires. (Crédit : Kevin Dietsch/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP)

« De nombreux élèves n’ont pas postulé à ces écoles », a expliqué De Almeida. « Il s’agit désormais d’une question de sécurité. »

La réflexion des adolescents s’inscrit dans le cadre d’une prise de conscience plus large des Juifs américains à la suite du massacre du 7 octobre et de la guerre qui s’en est suivie. Les critiques acerbes et généralisées à l’encontre d’Israël, la recrudescence des incidents antisémites signalés et ce que certains considèrent comme un manque d’intérêt pour le traumatisme juif ont conduit de nombreux juifs américains à remettre en question leur intégration dans des institutions et des environnements où ils se sentaient auparavant en sécurité.

Les universités sont devenues des lieux particulièrement anxiogènes. De nombreuses plaintes officielles pour antisémitisme ont été déposées par des avocats, une série d’auditions sur l’antisémitisme dans les universités a été organisée par le Congrès et des parents se sont regroupés pour faire part d’incidents inquiétants survenus dans les écoles de leurs enfants. Plusieurs écoles juives ont menacé de ne pas envoyer leurs élèves dans des établissements s’ils ne s’engageaient pas à assurer la sécurité des étudiants.

De nombreux étudiants semblent avoir renoncé à s’inscrire à Harvard. L’université a enregistré cette année une baisse de 17 % des demandes d’admission anticipée. Bien que la date butoir pour les candidatures anticipées ait été fixée au 1er novembre, soit un mois avant l’audience explosive du Congrès, Harvard a fait l’objet d’un examen minutieux depuis le début du conflit, lorsqu’une coalition de groupes d’étudiants a fait circuler une lettre accusant Israël d’être responsable de l’assaut lancé par le Hamas le 7 octobre.

Des partisans anti-Israël rassemblés à l’Université de Harvard, à Cambridge, dans le Massachusetts, le 14 octobre 2023. (Crédit : Joseph Prezioso/AFP)

De Almeida a indiqué qu’elle avait été admise à Penn State, mais qu’elle envisageait surtout des universités en Floride, notamment l’Université de Floride (UF), qui est la seule université du pays à compter plus de juifs que Rutgers. Elle a déclaré que l’importante communauté juive de l’UF et son grand centre Hillel l’attiraient, tout en reconnaissant que l’université n’était pas à l’abri du sectarisme : Le Habad du campus a été vandalisé avec des graffitis antisémites en novembre.

Gabriel Golubitsky, un senior de Cleveland, a déclaré que la montée de l’antisémitisme n’a fait que renforcer son désir d’être actif au sein de la communauté juive à l’université et de défendre Israël, où il prévoit de passer une année sabbatique avec Young Judaea après l’obtention de son diplôme.

« Je voulais aller dans des écoles où l’antisémitisme était plus marqué afin de pouvoir le combattre », a indiqué Golubitsky à la JTA. Il a dit qu’il envisageait principalement les établissements publics de l’Ohio.

Golubitsky, qui était à Washington pour le grand rassemblement pro-israélien de novembre, a ajouté qu’il était surtout connu comme quelqu’un de « pro-israélien parce que je publie beaucoup sur le sujet ». Selon lui, de nombreux adolescents ne comprennent pas les deux aspects du conflit israélo-palestinien, ce qu’il impute au système éducatif.

Noa Tishby prend la parole lors de la convention du BBYO à Orlando, en Floride, le 15 février 2024. (Crédit : BBYO/JTA)

L’antisémitisme au sein des universités a également occupé le devant de la scène lors de la session plénière d’ouverture du BBYO jeudi. L’influenceuse, actrice et productrice israélienne Noa Tishby a averti les adolescents que les militants anti-Israël « vont vous dire qu’ils ne détestent pas les Juifs, ils détestent juste Israël. Ou mieux encore, ils détestent les sionistes ».

L’ami de Golubitsky, Emir, qui est originaire de Boca Raton et qui a refusé de donner son nom de famille, a déclaré qu’il avait été accepté à l’Université de Miami, en partie parce qu’il préférait étudier dans la région.

« Le fait qu’il n’y ait pas trop de problèmes d’antisémitisme à l’école et qu’il y ait une grande communauté juive m’a encouragé à rester en Floride », a déclaré Emir à la JTA. Il a ajouté que son lycée comptait de nombreux Juifs et partisans d’Israël, ce qu’il a trouvé réconfortant. Lorsque les gens « ont réalisé ce qui se passait réellement », a-t-il dit, « ils se sont rangés du côté d’Israël ou de leurs amis juifs ».

C’est le genre de soutien que M. Smith espère trouver à Rutgers à la rentrée prochaine. Il sait qu’en retirant sa candidature de Penn, il renonce à une chance d’entrer dans l’une des écoles les plus prestigieuses du pays. Mais lorsqu’il regarde l’état des universités aujourd’hui, il est persuadé d’avoir fait le bon choix.

« J’ai dû renoncé à la chance d’aller dans une Ivy », a expliqué Smith. « Ces établissements sont très différents, mais j’ai choisi d’aller là où je me sentirais le plus à l’aise. »

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