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Varsovie reproche à Vienne “d’empêcher” la préservation des vestiges de l’ex-camp de Gusen

Le complexe des camps Mauthausen en Haute-Autriche, dont Gusen faisait partie, était destiné aux “ennemis politiques” les plus irréductibles de l'ordre nazi

Le "Jourhaus", l'entrée principale du camp Gusen I, aux environs de 1941. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 192-171/ CC-BY-SA 3.0/WikiCommons)
Le "Jourhaus", l'entrée principale du camp Gusen I, aux environs de 1941. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 192-171/ CC-BY-SA 3.0/WikiCommons)

Les autorités de Varsovie reprochent à l’Autriche « d’empêcher » les efforts visant à préserver la mémoire de l’ancien camp de concentration nazi de Gusen, lieu de massacre de nombreux intellectuels polonais, a déclaré samedi une vice-ministre polonaise de la Culture.

Entre 27 000 et 35 000 citoyens polonais ont péri à Gusen, un camp annexe du site de Mauthausen, pendant la Seconde Guerre mondiale, selon les données polonaises.

Les actions entreprises par la Pologne et des habitants de Gusen en vue de préserver les vestiges de ce camp « sont empêchées et se heurtent à un manque de bonne volonté de la part des autorités autrichiennes », a affirmé Magdalena Gawin, membre de la délégation officielle aux cérémonies anniversaires de la libération de camps nazis en Autriche, prévues ce week-end.

Selon Gawin, la Pologne compte notamment sur la création sur le site d’un Centre européen d’éducation, avec le concours de la Fondation pour la réconciliation polono-allemande.

« La Fondation et les institutions culturelles polonaises veulent y organiser des conférences et en faire un lieu vivant de rencontre de jeunes européens », a souligné Gawin, citée par l’agence PAP.

Himmler devant le "Jourhaus" du camp de concentration de Gusen. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 192-247 / CC-BY-SA 3.0/WikiCommons)
Himmler devant le « Jourhaus » du camp de concentration de Gusen. (Crédit : Bundesarchiv, Bild 192-247 / CC-BY-SA 3.0/WikiCommons)

Selon la vice-ministre, les autorités autrichiennes ont « pendant des décennies » expliqué leur inertie par le fait que le site est une propriété privée.

« Nous avons vérifié cette thèse. Nous avons contacté le propriétaire qui nous a aussitôt déclaré être prêt à revendre ce terrain », a indiqué Gawin.

La vice-ministre polonaise a accusé l’Autriche de divulguer seulement des « généralités » sur la préservation des anciens camps de concentration.

« Les effets de cette responsabilité se voient dans le fait que l’entrée du camp [de Gusen] a été transformée en maison d’habitation », a déploré Gawin.

Elle a regretté qu’on « prive les Polonais » de la possibilité de se recueillir sur le site du camp dont ils constituaient « plus de 90 % des prisonniers » en 1940.

Le complexe des camps Mauthausen en Haute-Autriche, près de Linz, dont Gusen faisait partie, était destiné aux « ennemis politiques » les plus irréductibles de l’ordre nazi.

Selon les historiens, près de la moitié de ses quelque 200 000 prisonniers de différentes nationalités ont trouvé la mort entre 1938 et 1945.

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