Israël en guerre - Jour 145

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Veuf, père en deuil, Leo Dee fustige les comparaisons entre terroristes et victimes

S'exprimant après le décès de son épouse qui a succombé à ses blessures après un attentat, l'homme s'en est pris aux médias internationaux pour leur couverture du conflit israélo-palestinien

Lֿe rabbin Leo Dee lors d'une conférence de presse, à Efrat, le 10 avril 2023. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)
Lֿe rabbin Leo Dee lors d'une conférence de presse, à Efrat, le 10 avril 2023. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Le rabbin Leo Dee, qui a perdu vendredi son épouse et ses deux filles dans un attentat terroriste en Cisjordanie, a critiqué « l’équivalence morale intolérable » qui est faite entre les terroristes et les victimes dans les médias internationaux.

« Est-ce que ce n’est pas ainsi que les médias internationaux traitent Israël ? Nous construisons, ils nous assassinent. Ils détruisent mais c’est votre faute, c’est parce que c’est vous qui aviez commencé à construire quelque chose », a dit Dee dans une déclaration à la presse, s’exprimant depuis l’implantation d’Efrat. Une prise de parole qui a eu lieu quelques heures après que son épouse, Lucy, a succombé aux blessures par balle contractées pendant un attentat terroriste alors qu’elle circulait en voiture avec ses deux filles au niveau du carrefour de Hamara, dans le nord de la Cisjordanie, vendredi.

Deux des filles du couple, Maia, 20 ans et Rina, 15 ans, ont été tuées et leur mort a été prononcée sur les lieux de l’attaque.

Dans sa déclaration, Dee a évoqué le jour de l’attentat et il a déclaré que cette journée du 10 avril serait le « Dee Day », encourageant les Israéliens et les amis d’Israël dans le monde entier à poster la photo d’un drapeau bleu et blanc sur les réseaux sociaux – « un message d’humanité qui est celui que nous n’accepterons jamais l’idée que le terrorisme puisse être légitime, que nous n’attribuerons pas la responsabilité d’un meurtre à sa victime qui a perdu la vie et que nous considérons qu’il n’y a aucune équivalence morale entre terroristes et victimes ».

Il a paru repousser ceux qui critiquent les constructions israéliennes en Cisjordanie – que la plus grande partie de la communauté internationale considère comme illégales – ainsi que ceux qui s’opposent purement et simplement à l’existence d’Israël.

Dee a raconté que lui et son épouse avaient pris deux voitures distinctes, vendredi, pour se rendre à Tibériade pour des vacances en famille. Sur la route, il avait reçu un appel téléphonique de sa sœur qui l’avait averti qu’il y avait eu un attentat à l’arme à feu sur l’itinéraire qu’il avait emprunté. Dee avait tenté, en vain, de téléphoner à son épouse et à sa fille. Il avait alors remarqué que Maia avait essayé de le contacter.

« J’ai appelé Lucy. Pas de réponse. J’ai appelé Maia. Pas de réponse. J’ai appelé Rina. Pas de réponse. Puis j’ai vu qu’il y avait un appel manqué de Maia à 10 heures 52 », a-t-il raconté.

« Je n’avais pas entendu sonner. Je n’avais pas répondu. Ce sentiment de ne pas avoir pu répondre alors qu’elle m’appelait, pendant l’attaque, va me hanter pendant longtemps ».

Il avait localisé son épouse et ses filles sur son téléphone, voyant qu’elles se trouvaient au carrefour de Hamra. L’une de ses filles, qui se trouvait alors avec lui dans la voiture, avait ensuite vu une photo sur Instagram de ce qui lui avait paru être le véhicule familial avec des impacts de balle et du sang sur les bagages. Dee avait rapidement reconnu la voiture conduite par son épouse.

Il a raconté avoir fait immédiatement demi-tour et avoir conduit « comme un fou » jusqu’au carrefour. A son arrivée, la police lui avait interdit de s’approcher du véhicule et il avait été informé que Maia et Rina avaient été tuées par un terroriste qui avait tiré 20 balles à la Kalashnikov et que Lucy avait été héliportée à l’hôpital Hadassah de Jérusalem dans un état critique.

Après avoir convaincu les agents de lui montrer une preuve d’identification, Dee avait enfin eu entre les mains la carte d’identité de Maia. « J’étais dans un état second. Je ne pleurais pas encore. J’étais très rationnel. Je suis retourné à la voiture et j’ai conduit pendant une heure et demie jusqu’à l’hôpital » où son épouse était prise en charge après avoir été blessée par balle au tronc cérébral et dans la partie supérieure de la colonne vertébrale, a-t-il expliqué.

« Il y a eu une intervention chirurgicale et il y avait des raisons d’espérer. Mais hélas, notre famille de sept personnes est dorénavant une famille de quatre personnes », a déploré Dee.

Le père a noté que, cette année, Pessah, Pâques et le ramadan se passaient à la même période – ce qui est rare – les deux premiers marquant la rédemption et le message du dernier prônant l’empathie pour ceux qui sont dans le besoin et réclamant la nécessité de mettre en place un monde meilleur.

« Les religions pensent que nous avons le pouvoir de faire la différence entre le bien et le mal… J’ai la tristesse de constater que récemment, peut-être au cours des 20 dernières années de ma vie, cette capacité innée à faire la différence entre le bien et le mal a graduellement disparu dans l’humanité », a-t-il expliqué. « C’est pourquoi je voudrais que cette journée du 10 avril devienne le ‘Dee Day’. Aujourd’hui, nous faisons la différence entre le bien et le mal, entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ».

De gauche à droite : Lucy Dee, est vue avec ses filles Rina et Maia. Elles sont mortes toutes les trois après une fusillade terroriste en Cisjordanie le 7 avril 2023. (Autorisation)

« Comment je voudrais que vous, vous célébriez le ‘Dee-Day’ cette année ? », a-t-il répondu à une question posée par un journaliste. « Si vous pensez que c’était mal d’ouvrir le feu à courte portée sur trois jeunes femmes belles, innocentes, à la fleur de l’âge, postez une photo de vous ou de votre conjoint ou conjointe avec un drapeau israélien – ou seulement la photo d’un drapeau israélien – et partagez la photo sur Facebook, Instagram ou sur l’application de réseau social que vous utilisez », a-t-il dit avant de dessiner lui-même un drapeau bleu et blanc sur un tableau effaçable qui se trouvait derrière lui.

« Nous avons laissé depuis trop longtemps une petite minorité essayer de nous convaincre que le bien et le mal n’existent pas. Tout est relatif, et c’est cathartique de le dire parce que parfois, quand nous faisons le mal, nous savons que nous devrons en assumer la responsabilité. Tandis que si nous prétendrons qu’il n’y a pas de bien et de mal, peut-être que nous pourrons nous en sortir à bon compte », a-t-il poursuivi.

Dee a vivement critiqué le terroriste, qui est encore en fuite, en disant qu’il était « le produit d’une culture brisée qui ne fait pas la différence entre le bien et le mal ».

« Un terroriste justifie le meurtre de civils innocents par la justesse de sa cause, » a-t-il noté.

Plusieurs heures après l’attentat meurtrier, un Arabe israélien avait projeté sa voiture dans un groupe de touristes aux abords d’une promenade populaire de Tel Aviv, faisant un mort, Alessandro Parini, de nationalité italienne, et sept blessés. Une enquête a depuis été ouverte pour terrorisme.

Les tensions ont grimpé en flèche dans la région, ces derniers jours. Il y a eu une attaque à la roquette depuis la Syrie, samedi soir ; un barrage de roquettes en provenance du Liban, jeudi ; des tirs de roquettes émanant de la bande de Gaza qui ont entraîné des frappes israéliennes ainsi que des affrontements à la Mosquée al-Aqsa, sur le Mont du Temple, et des attentats terroristes en Israël et en Cisjordanie. De plus, un drone iranien présumé, parti de Syrie, a été abattu la semaine dernière.

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