Victime des effets du coronavirus, la Galilée mobilise des étudiants en médecine
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Victime des effets du coronavirus, la Galilée mobilise des étudiants en médecine

Beaucoup d'habitants de cette région à forte population arabe ont rencontré des difficultés pour avoir accès à la télé-médecine pendant le confinement

Des étudiants de la faculté de médecine Azrieli et du Technion qui ont participé à une initiative de bénévolat international organisée par la Fédération des Etudiants de Médecine Israël. (Omri Cohen)
Des étudiants de la faculté de médecine Azrieli et du Technion qui ont participé à une initiative de bénévolat international organisée par la Fédération des Etudiants de Médecine Israël. (Omri Cohen)

Tandis que la région de la Galilée a été moins affectée par le Covid-19 que le centre d’Israël, la région a été durement touchée par les répercussions de la pandémie, ont déclaré mercredi des professionnels de santé.

La région a fait face à un important afflux de patients ayant développé une pathologie sans lien avec le coronavirus. Dans ce contexte, des étudiants en médecine ont été déployés dans les cliniques locales pour tenter d’apaiser la situation.

« Il y a beaucoup de pression maintenant, alors que nous tentons de revenir à la normale », a déclaré Youssef Awni de Clalit services de santé, l’un des plus importants services de soin de la région.

Youssef Awni, le directeur adjoint de la région nord pour Clalit, a expliqué que la situation s’était aggravée du fait que la forte population arabe de la région avait rencontré des difficultés pour avoir accès à la télé-médecine pendant l’épidémie. En outre, beaucoup de patients souffrent de maladies chroniques.

Youssef Awni (Autorisation)

« La demande est particulièrement forte en Galilée, car il y a beaucoup de maladies chroniques, un nombre disproportionné de fumeurs, et beaucoup de diabétiques », explique le responsable.

Il a noté que les communautés arabes avaient des difficultés à avoir accès aux services numériques de santé, la véritable pierre angulaire du système israélien de santé pendant le confinement. Cela s’explique par un accès plus faible que la normale à des ordinateurs, à un manque de connaissance de la technologie et par des difficultés à consulter des sites en ligne qui sont en hébreu.

Préoccupés par une possible surcharge des cliniques, les directeurs d’une faculté de médecine basée à Safed ont décidé de déployer 80 étudiants pour soulager le personnel soignant. Les étudiants seront déployés dans des cliniques et réaliseront des visites à domicile à partir de dimanche.

« La réalité sur le terrain, avec un afflux de patients dans les cliniques et les hôpitaux, est très importante pour nous. En tant que faculté responsable socialement, [nous devions] intervenir », a déclaré
Sivan Spitzer-Shohat, responsable de l’éducation sanitaire de la population à la faculté de médecine Azrieli de l’Université Bar-Ilan.

Sivan Spitzer-Shohat responsable de l’éducation sanitaire de la population à la faculté de médecine Azrieli de l’Université Bar-Ilan. (Autorisation : faculté de médecine Azrieli)

Elle a noté que quand le Covid-19 était à son pic, il y avait bien eu quelques foyers en Galilée, comme Deir al-Asad et Biina, qui ont été placés sous cordon sanitaire à la fin avril. Mais elle a souligné que la région s’en était relativement bien sortie.

Ses étudiants, qui sont en troisième et quatrième année d’étude, ont déjà une expérience clinique, a expliqué Silvan Spitzer-Shohat. Elle a précisé que certains étudiants parlent hébreu, arabe, russe et anglais, ce qui signifie qu’ils peuvent assister une grande diversité de population en Galilée.

Ils vont passer dix heures par semaine à aider les hôpitaux. Ils assisteront les activités de dépistage du coronavirus et les mesures de prévention, mais s’occuperont aussi de patients avec des maladies chroniques. La Russell Berrie Foundation, une organisation philanthropique américaine, finance l’initiative afin que les étudiants puissent recevoir un salaire.

Silvan Spitzer-Shohat décrit la situation sanitaire de la région : « La Galilée est entrée dans la crise avec plus de malades chroniques et moins d’accès aux services, dans certaines spécialités médicales, que dans d’autres régions. Mon espoir immédiat est que nous puissions limiter les inégalités auxquelles sont confrontés ces patients après la crise. Nous sommes également inquiets des éventuelles répercussions que le confinement dû au coronavirus pourrait avoir à long-terme ».

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