Virus: les Européens préparent des mesures concertées, le monde se recroqueville
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Virus: les Européens préparent des mesures concertées, le monde se recroqueville

Emmanuel Macron, qui doit s'exprimer lundi soir, a appelé à "intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées"

Le président français Emmanuel Macron (deuxième à droite) avec le ministre français de la Santé et de la Solidarité Olivier Veran (deuxième à gauche) et le directeur général de la Santé Jérôme Salomon (gauche) visitent le centre CORRUSS (Centre opérationnel de regulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales) dédié à la lutte contre l'épidémie du Coronavirus (Covid-19), le 3 mars 2020 à Paris. (Crédit : Bertrand GUAY / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (deuxième à droite) avec le ministre français de la Santé et de la Solidarité Olivier Veran (deuxième à gauche) et le directeur général de la Santé Jérôme Salomon (gauche) visitent le centre CORRUSS (Centre opérationnel de regulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales) dédié à la lutte contre l'épidémie du Coronavirus (Covid-19), le 3 mars 2020 à Paris. (Crédit : Bertrand GUAY / POOL / AFP)

Les Européens préparaient lundi des mesures concertées face à la pandémie de Covid-19 dont le bilan dépasse dorénavant les 6.500 morts dans le monde, notamment en Europe où l’explosion du nombre de malades pousse les Etats à confiner leurs populations et fermer leurs frontières.

Côté européen, Paris a annoncé que des mesures seraient « finalisées et annoncées dans les prochaines heures » sur les frontières extérieures de l’Union européenne, après des échanges entre le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et les présidents du Conseil européen Charles Michel et de la Commission Ursula von der Leyen.

M. Macron, qui doit s’exprimer lundi soir, a appelé à « intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées, notamment concernant les frontières de l’UE », tout en condamnant « les mesures unilatérales non concertées prises aux frontières par un certain nombre d’Etats membres de l’UE ».

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus sévèrement frappé en Europe, a appelé à « une coordination européenne » dans la santé et l’économie.

Un sommet extraordinaire du G7 regroupant sept pays industrialisés, actuellement présidé par les Etats-Unis et dont la France et l’Italie font partie, est prévu dans la journée par visioconférence pour coordonner la lutte contre le coronavirus dans les domaines sanitaire, économique, financier et de la recherche sur un vaccin et des traitements. Mardi se tiendra une réunion extraordinaire des 27 dirigeants de l’Union européenne.

Le Premier ministre Giuseppe Conte, au palais présidentiel à Rome, le 27 mai 2018,. (Crédit : AFP / Vincenzo PINTO)

A l’intérieur même de l’UE, de nombreux pays cherchent à se protéger en s’isolant toujours plus, mettant à mal le principe européen de libre circulation. Lundi matin, l’Allemagne a mis en oeuvre des contrôles à ses frontières avec cinq pays – France, Autriche, Suisse, Danemark, Luxembourg.

Des restrictions qui s’ajoutent à une cascade de mesures prises dans les différents pays. Ecoles et universités, restaurants, bars, discothèques, cinémas, sont désormais fermés un peu partout, y compris les pubs en Irlande ou les maisons closes aux Pays-Bas. Le monde du sport est à l’arrêt ou à huis clos, les musées restent clos et les annulations d’événements culturels se multiplient.

Les marchés boursiers reflétaient lundi cette humeur, avec un lundi noir malgré l’offensive des banques centrales.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a brutalement baissé dimanche ses taux d’intérêt à zéro et participé à coups de centaines de milliards de dollars à une action mondiale concertée avec d’autres banques centrales -Japon Royaume-Uni, Canada, Suisse – pour approvisionner le monde en liquidités.

Des annonces qui n’ont pas suffi à rassurer les marchés, tétanisés par les craintes d’une récession mondiale face à une pandémie qui semble ralentir dans son berceau asiatique mais se propage sur les autres continents.

L’UE anticipe une récession en 2020 « de 2 à 2,5 % », a annoncé lundi le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton. La Chine, elle, a fait état du premier recul de sa production industrielle en près de 30 ans et d’un effondrement des ventes de détail.

Plusieurs grandes compagnies ont réduit fortement la voilure.

La compagnie autrichienne Austrian Airlines va ainsi suspendre tous ses vols réguliers à partir de jeudi. Air France-KLM et British Airways prévoient des réductions d’activité en avril-mai supérieures à 70 % et Easyjet avertit qu’il risque de clouer au sol « la majorité de ses avions ». Le numéro un mondial du tourisme, l’Allemand TUI, a suspendu la majeure partie de ses activités comme les voyages à forfait et les croisières.

Un airbus de la compagnie EasyJet. Illustration. (Crédit : Biggerben/CC BY-SA 3.0/Wikimedia Commons)

Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler ferme jusqu’au 27 mars « la majorité » de ses usines européennes installées en Italie, Serbie et Pologne, soit 30 à 35% de sa capacité de production selon l’agence italienne Radiocor.

Dans le monde entier, le nombre de cas de Covid-19 recensés officiellement s’établissait lundi à 09H00 GMT à 168.250, selon un bilan établi par l’AFP.

La maladie a tué 6.501 personnes au total dont 2.335 en Europe, où les contaminations explosent, notamment en Italie, en Espagne et en France.

Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde (3.288) qu’en Chine continentale (3.213), point de départ en décembre de l’épidémie et pays le plus touché.

Depuis dimanche soir, Bahreïn, la Hongrie, le Guatemala et le Luxembourg ont annoncé leurs premiers décès et Trinité-et-Tobago ses premiers cas.

Un employé hospitalier portant un masque et un équipement de protection, accompagne un patient à l’unité de radiologie dans une structure temporaire d’urgence installée devant le service des urgences, où n’importe quel patient qui arrive en présentant les symptômes du coronavirus est testé, à l’hôpital de Brescia en Lombardie, le 13 mars 2020.
(Miguel Medina/AFP)

L’Italie (1.809 morts pour 24.747 cas) n’a pas « encore atteint le pic » de contagions, a averti son Premier ministre. Deuxième pays le plus touché d’Europe, l’Espagne (288 morts, 7.753 cas) a confiné sa population et décrété l’état d’alerte pour 15 jours.

En France (127 morts et 5.423 cas avec plus de 400 personnes hospitalisées en état grave), la situation « est très inquiétante » et « se détériore très vite », a averti lundi le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, « le nombre de cas double tous les jours ».

Comme l’Allemagne, la Russie, la République tchèque, l’Argentine, la Colombie ou encore le Guatemala ont annoncé dimanche la fermeture totale ou partielle de leurs frontières.

L’Iran, troisième pays le plus touché au monde, a annoncé lundi son bilan journalier le plus lourd avec 129 décès supplémentaires, portant le total à 853. « Nous supplions tout le monde de prendre le virus au sérieux et de voyager en aucun cas » dans le pays, a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour. Un haut responsable membre de l’Assemblée d’experts chargée de nommer et surveiller le guide suprême, est décédé.

Des pompiers iraniens désinfectent les rues dans la capitale Téhéran afin de tenter de ralentir la propagation rapide du coronavirus, le 13 mars 2020. (AFP)

La Chine semble avoir enrayé la propagation du virus avec seulement 16 nouveaux cas lundi, dont 12 importés de l’étranger.

En Corée du Sud, un nouveau foyer de contamination lié à une Eglise est apparu avec un tiers des 135 fidèles de l’Eglise de Grace River Church de Seongnam, près de Séoul, testé positif.

Le Maroc (29 cas, un décès) fermera à partir de lundi soir tous ses hammams, cafés, restaurants, théâtres, cinémas et salles de sport après avoir suspendu la veille tous les vols internationaux. Des avions spéciaux ont été autorisés pour rapatrier les touristes européens bloqués.

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