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Vote de défiance à la Knesset : un élu Raam appelle le parti à quitter la coalition

Mazen Ghanaim affirme que la participation à la coalition n’a pas porté les fruits escomptés. Le chef du parti lie la question aux discussions sur le Mont du Temple

Les chefs des huit partis composant le nouveau gouvernement potentiel. De gauche à droite : Mansour Abbas, chef du parti Raam, Merav Michaeli, chef du parti travailliste, Benny Gantz, Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, Naftali Bennett, Gideon Sa'ar, chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman et Nitzan Horowitz, chef du parti Meretz, à la Knesset le 13 juin 2021 (Crédit : Ariel Zandberg).
Les chefs des huit partis composant le nouveau gouvernement potentiel. De gauche à droite : Mansour Abbas, chef du parti Raam, Merav Michaeli, chef du parti travailliste, Benny Gantz, Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, Naftali Bennett, Gideon Sa'ar, chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman et Nitzan Horowitz, chef du parti Meretz, à la Knesset le 13 juin 2021 (Crédit : Ariel Zandberg).

Le député Raam, Mazen Ghanaim, a indiqué avoir recommandé à sa famille politique de quitter une coalition toujours plus fragilisée, alors que la Knesset se prépare à reprendre ses travaux lundi, après ses vacances de printemps.

« La prise d’assaut quotidienne de la mosquée Al-Aqsa, la construction de nouvelles colonies. Ce gouvernement ne promeut pas la paix [avec les Palestiniens], et pas davantage l’égalité entre Arabes et Juifs en Israël », a déclaré Ghanaim lors d’un entretien téléphonique dimanche.

Raam a suspendu sa participation à la coalition il y a trois semaines à la suite de heurts violents entre Palestiniens et policiers sur le Mont du Temple pendant le mois du Ramadan.

La suspension ne devait initialement durer que deux semaines, en grande partie pendant les congés de la Knesset. Mais Raam n’a pas encore officiellement rejoint la coalition ce dimanche, a confirmé un autre membre de la Knesset, Walid Taha.

« Notre participation est toujours suspendue. Nous y mettrons fin si nous parvenons à trouver un accord sur les questions importantes », a déclaré Taha.

Selon Ghanaim, Raam se réunira vendredi pour prendre une décision définitive sur son avenir au sein de la coalition.

La coalition israélienne actuelle – qui rendit partis de gauche et de droite, islamistes et soutiens des implantations – ne détient plus que 60 des 120 sièges de la Knesset à la suite de la récente défection de la whip de la coalition, Idit Silman du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett. L’opposition souhaite un vote de défiance mercredi pour renverser le gouvernement, mais il n’est pas certain qu’elle puisse l’emporter.

Le député Raam Mazen Ghanaim, à la Knesset le 5 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ghanaim a déclaré qu’il s’abstiendrait probablement lors du vote à venir sur la dissolution de la Knesset. Il a ajouté que la théorie du changement de Raam – selon laquelle accepter de faire partie de la coalition lui permettrait d’améliorer la condition des Arabes israéliens – était un échec.

« Naftali Bennett et les membres de droite travaillent contre les [intérêts des] députés qui soutiennent la paix et l’égalité. Et ce sont eux qui encouragent les colons à envahir la mosquée Al-Aqsa », a déclaré Ghanaim. Bien qu’autorisés à se rendre sur le Mont du Temple en vertu du statu quo en vigueur, les visiteurs juifs sont souvent qualifiés par les dirigeants arabes de « colons », indépendamment de leur lieu de résidence.

Plus connu sous le terme de « complexe de la mosquée Al-Aqsa » par les musulmans, le Mont du Temple est le site le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire musulman. Les tensions qui s’y sont exacerbées ces dernières semaines ont conduit à de violents affrontements, à une pression croissante des alliés d’Israël et à des menaces terroristes du Hamas, ainsi qu’à une aggravation de la crise de la coalition.

[Ce qui se passe à] la mosquée Al-Aqsa est extrêmement important pour le parti islamiste Raam, bras politique de la branche sud du Mouvement islamique israélien. La présence régulière de groupes juifs de droite, ajoutée aux images de fidèles juifs en prière ou tentant d’y hisser des drapeaux israéliens, a suscité une vive colère au sein du parti.

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, a écrit samedi sur Facebook que les accords entre la Jordanie et Israël concernant le mont du Temple détermineraient la position de son parti vis-à-vis de la coalition.

« La situation de Raam vis-à-vis de la coalition, en ce qui concerne la mosquée bénie Al-Aqsa, se fondera sur les résultats des réunions conjointes israélo-jordaniennes avec la communauté internationale », a écrit Abbas.

« Les dirigeants de la coalition – le Premier ministre [Bennett] et le Premier ministre par alternance [Yair Lapid] – ont été informés de cette position claire et définitive », a ajouté Abbas.

Un responsable du Mouvement islamique a déclaré au Times of Israel que Raam avait fait pression pour que la nouvelle commission conjointe israélo-jordanienne résolve les questions brûlantes sur le Mont du Temple, telles que la réduction de la présence policière israélienne et l’expansion de l’autorité du Waqf.

Selon le responsable, la commission a été conçu par Raam après consultation du monarque jordanien à l’occasion des déplacements d’Abbas à Amman ces dernières semaines.

Le ministre des Communications, Yoaz Hendel, a rappelé, en réponse aux propos d’Abbas selon lesquels la souveraineté israélienne à Jérusalem restait absolue, qu’il « n’y avait pas d’autres acteurs à Jérusalem ».

« Il n’y a eu aucun changement dans la souveraineté israélienne, ni sur le Mont du Temple ni ailleurs, et il n’y en aura pas », a déclaré Hendel à la chaîne publique Kan samedi soir.

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, assiste à la conférence de l’INSS à Tel-Aviv, le 11 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La Knesset doit reprendre ses travaux ce lundi et les députés de l’opposition israélienne, menés par l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, prévoient de demander un vote pour renverser le gouvernement.

Il est toutefois peu probable que l’opposition réussisse à réunir les 61 voix nécessaires pour dissoudre la Knesset et amener de nouvelles élections. Ni la Liste arabe unie ni le Judaïsme unifié ultra-orthodoxe de la Torah n’ont pas exprimé le désir de nouvelles élections, et il n’est pas certain qu’ils voteraient pour renverser le gouvernement.

La police israélienne interpelle un Palestinien au cours des affrontements au mont du Temple, le 5 mai 2022, alors que le sanctuaire de Jérusalem a rouvert ses portes aux visiteurs non musulmans. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Bennett et Lapid devaient rencontrer ce dimanche les chefs des partis de la coalition en préparation de la prochaine session d’été, en l’absence d’Abbas, qui se trouve à l’étranger.

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