Vote du projet de dissolution de la Knesset, les élections fixées au 16 mars
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Vote du projet de dissolution de la Knesset, les élections fixées au 16 mars

La motion a été adoptée à 10-7, avec le vote favorable de Kakhol lavan et des partis d'opposition ; le texte doit passer 3 autres votes en plénum, dont le premier aura lieu lundi

La Knesset vote une première lecture d'un projet de loi visant à dissoudre le gouvernement, le 2 décembre 2020. (Crédit : Porte-parole de la Knesset)
La Knesset vote une première lecture d'un projet de loi visant à dissoudre le gouvernement, le 2 décembre 2020. (Crédit : Porte-parole de la Knesset)

Une commission israélienne a recommandé mercredi la tenue d’élections nationales le 16 mars, au moment où un ténor du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu a claqué la porte pour créer sa propre formation.

Les députés israéliens ont adopté la semaine dernière – lors d’un vote préliminaire – une motion appelant à la dissolution du Parlement et à la convocation de nouvelles élections.

Ce vote a eu pour effet de mandater une commission devant formuler un projet de loi visant à une dissolution de la chambre, le tout sur fond de tensions dans le gouvernement d’union nationale de M. Netanyahu et de son ex-rival Benny Gantz. Cette commission a donc finalisé mercredi ce texte qui prévoit des élections nationales le 16 mars – autrement dit le quatrième scrutin en deux ans.

Le vote sur la motion est passé à 10-7, le parti Kakhol lavan ayant voté en faveur du texte aux côtés des partis d’opposition. Les députés du Likud, le parti de Netanyahu, ainsi que les partis de la coalition Shas et Yahadout HaTorah, ont voté contre.

Le texte comprenait également une proposition de Kakhol lavan visant à réduire le financement des élections d’environ 10 % et à accroître la transparence pour savoir qui paie pour les campagnes.

Le texte va maintenant faire l’objet de trois autres votes en plénière avant d’être adopté – le premier aura lieu lundi.

Des gens marchent à côté de panneaux d’affichage de campagne électorale montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), et Benny Gantz, (à gauche), à Bnei Brak, Israël, le 1er mars 2020. (AP Photo/Oded Balilty, File)

La commission parlementaire de la Knesset, où le bloc de Kakhol lavan dispose d’une majorité sur le bloc de Netanyahu, avait auparavant voté pour garder les discussions sur le texte entre ses mains plutôt que de le transmettre à la commission de la Constitution, du droit et de la justice. Le bloc du Likud y a une majorité et aurait pu retarder le projet de loi pendant des semaines.

Le député Eitan Ginzburg (Kakhol lavan), président de la commission parlementaire, a déclaré mardi que même si les élections anticipées n’ont pas encore été approuvées, les dirigeants devraient commencer à les planifier comme si elles l’avaient été.

Le vote de la commission est intervenu dans un nouveau bouleversement du paysage politique israélien après que le député du Likud et rival de Netanyahu, Gideon Saar, a annoncé mardi qu’il quittait le parti pour former son propre mouvement.

Plusieurs députés, dont le ministre de la Communication Yoaz Hendel et le député Gideon Hauser, les deux députés de la faction Derech Eretz à la Knesset, devraient bientôt déclarer qu’ils le rejoindront.

Un sondage a déjà montré que le parti Tikva Hadasha (Nouvel espoir) créé par Saar serait le troisième plus grand parti de la Knesset et pourrait priver Netanyahu et ses alliés d’une majorité si des élections avaient lieu dans les prochains mois.

« Le Likud aujourd’hui ce n’est plus un parti politique, c’est une opération personnelle de Netanyahu », a déclaré mercredi à l’AFP Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques ayant quitté le Likud pour rejoindre Gideon Saar.

« Le Likud est devenu un parti nord-coréen et, ça, nous n’en pouvions plus. C’est un parti dans lequel seuls les courtisans avancent et où les gens de talent sont écartés. Il n’y a plus aucune démocratie dans ce parti et la corruption y est de plus en plus grave », a-t-il accusé.

La motion de dissolution de la Knesset a été adoptée lors d’un vote préliminaire en plénière la semaine dernière, annonçant la fin de l’éphémère coalition de partage du pouvoir entre Netanyahu et son Premier ministre d’alternance, le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Benny Gantz assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Cependant, même sans cette motion, la Knesset était déjà sur le point de se dissoudre dans le courant du mois en raison d’une impasse concernant le budget de l’État, bloqué depuis longtemps par le Likud. On suppose généralement que Netanyahu prévoit de toute façon de dissoudre le gouvernement avant que le budget 2021 ne soit adopté en mars, afin d’éviter un scénario où, comme le stipule leur accord de partage du pouvoir, Gantz lui succéderait au poste de Premier ministre.

Kakhol lavan a exigé qu’un budget de l’Etat soit adopté pour 2020 et 2021 ensemble – comme le stipule également l’accord de coalition – afin de forcer Netanyahu à honorer la clause de rotation du poste de Premier ministre. Si le Likud continue de résister à ces demandes, des élections seront déclenchées le 23 décembre au plus tard et se tiendront trois mois plus tard.

Le Likud préfère que les élections soient reportées à l’été, alors qu’une grande partie de la population devrait déjà être vaccinée contre le coronavirus et que les critiques sur la façon dont Netanyahu a géré la pandémie pourraient s’atténuer.

Un bureau de vote spécial pour les électeurs mis en quarantaine en raison d’une éventuelle exposition au nouveau coronavirus, à Tel Aviv le 1er mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni / Flash90)

Le chef de la commission centrale électorale a averti mardi qu’étant donné qu’Israël semble se diriger vers de nouvelles élections avant que les vaccins puissent atténuer de manière significative les effets de la pandémie, des mesures de protection devront être mises en place pour s’assurer que le vote ne provoque pas d’infections importantes par le coronavirus.

Lors d’une réunion de la Commission de contrôle de l’État à la Knesset, la directrice de la commission centrale électorale Orly Ades a déclaré qu’il faudrait peut-être prévoir plusieurs jours de vote, ainsi que des installations de vote en voiture où les citoyens malades du virus ou en quarantaine pourraient déposer leur bulletin de vote.

Israël n’a qu’un très petit nombre de votes par correspondance, limité aux diplomates à l’étranger, aux soldats stationnés loin de chez eux et à ceux qui sont hospitalisés, et tous les autres se voient attribuer un bureau de vote spécifique.

L’AFP a contribué à cet article.

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