Washington va réexaminer le montant total de l’aide américaine aux Palestiniens
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Washington va réexaminer le montant total de l’aide américaine aux Palestiniens

Certains responsables américains – en particulier l’ambassadrice Nikki Haley – ne se contenteraient pas des coupes de l'UNRWA, mais veulent que l'AP paie pour son boycott

Le président américain Donald Trump et l'ambassadrice américaine aux Nations Unies Nikki Haley lors d'une réunion sur la réforme des Nations Unies au siège des Nations Unies le 18 septembre 2017 à New York. (Crédit : AFP / TIMOTHY A. CLARY)
Le président américain Donald Trump et l'ambassadrice américaine aux Nations Unies Nikki Haley lors d'une réunion sur la réforme des Nations Unies au siège des Nations Unies le 18 septembre 2017 à New York. (Crédit : AFP / TIMOTHY A. CLARY)

Outre ses récentes coupes de financements à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, le département d’Etat s’interroge sur le montant total de son budget d’aide alloué à l’Autorité palestinienne, a rapporté mercredi la chaîne Hadashot.

Selon la chaîne, qui a indiqué que son reportage se fondait sur des sources américaines, la coupe de 100 millions de dollars à l’UNRWA au début de ce mois pourrait être la première des coupes budgétaires, alors que la crise entre Washington et Ramallah s’intensifie.

Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, serait la principale responsable à réclamer de nouvelles coupes. Elle prétend que les dirigeants palestiniens devraient payer pour leur attitude envers le gouvernement américain et le président Donald Trump. D’autres fonctionnaires s’opposeraient à de nouvelles réductions.

Trump a également menacé de couper le financement aux Palestiniens.

Plus tôt ce mois-ci, Trump a demandé pourquoi Washington devrait effectuer le moindre « paiement massif » alors que les Palestiniens « ne sont plus disposés à parler de paix ».

Dans un tweet, le président a rejeté la colère palestinienne suite à sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, affirmant qu’il avait prévu qu’Israël devrait en payer le prix dans les négociations futures. Néanmoins, l’intransigeance palestinienne empêche désormais tout progrès concernant les pourparlers de paix, a-t-il dit.

Washington aurait jusqu’alors payé chaque année à l’Autorité palestinienne des centaines de millions de dollars « pour rien », a-t-il écrit, se plaignant que les Etats-Unis ne reçoivent « aucune reconnaissance ou respect » en retour.

« Ils ne veulent même pas négocier un traité de paix attendu depuis longtemps avec Israël », a-t-il dit. « Nous avons enlevé Jérusalem du problème, la partie la plus difficile de la négociation, mais pour cette raison, Israël devrait en payer le prix. »

« Mais alors que les Palestiniens ne veulent plus parler de paix, pourquoi devrions-nous continuer à leur verser ces énormes paiements dans le futur ? », a-t-il poursuivi.

Hadashot a indiqué qu’on lui avait dit que l’examen de nouvelles réductions ne visait pas à sanctionner les Palestiniens. Cependant, il a également été dit que si les Palestiniens mettaient fin à leur boycott de l’administration Trump, les coupes budgétaires seraient retirées de l’ordre du jour.

La chaîne de télévision a noté que les dirigeants israéliens ne souhaitaient pas des coupes sombres dans les financements palestiniens, les responsables craignant que les restrictions financières imposées aux Palestiniens ne conduise à une escalade dans les Territoires.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’exprime lors d’une conférence de presse avant d’assister à un Conseil des affaires étrangères de l’UE lors du Conseil européen de Bruxelles du 22 janvier 2018. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Le Département d’Etat américain a mis en attente la semaine dernière deux paiements prévus de plus de 100 millions de dollars à l’UNRWA.

Le Département d’Etat a nié que le gel visait à punir l’Autorité palestinienne, qui a coupé les liens avec l’administration de Trump, suite à sa reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Une porte-parole a déclaré que le gel était lié à la nécessaire « réforme » de l’UNRWA.

Pierre Krahenbuhl, le commissaire général de l’agence, a déclaré qu’il n’avait pas été informé par les Etats-Unis d’une quelconque nouvelle demande de réforme et qu’il avait simplement été « pris dans un conflit politique ».

Les États-Unis ont donné environ 700 millions de dollars en soutien aux Palestiniens l’année dernière, dont la moitié environ à l’UNRWA, qui a un mandat non politique pour fournir des services de scolarité, de soins de santé et d’autres services à plus de trois millions de Palestiniens à travers le Moyen-Orient.

Bien accueillie en Israël, la reconnaissance de Trump, le 6 décembre, de Jérusalem comme la capitale d’Israël a irrité les Palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur état.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a déclaré que les Etats-Unis sous Trump ne peuvent plus être un médiateur dans les négociations de paix avec Israël, même si Trump a souligné que la reconnaissance ne présageait pas des limites finales de la ville.

Fin décembre, l’Assemblée générale des Nations unies a voté pour condamner la décision américaine dans une résolution non contraignante, suite au véto des États-Unis sur une mesure similaire du Conseil de sécurité.

Mahmoud al-Aloul en janvier 2010. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Par ailleurs, le chef adjoint du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré cette semaine que les Etats-Unis n’ont jamais rien donné de « substanciel » aux Palestiniens.

« Récemment, nous avons été contraints de revoir toutes nos relations avec les administrations américaines ces dernières années, et pas seulement l’administration Trump », a déclaré Mahmoud al-Aloul au quotidien panarabe Al Quds Al Arabi basé à Londres. « Nous avons estimé que rien de bon ne viendrait d’eux pour le peuple palestinien et la nation, et c’est tout à fait clair.

« De toutes leurs forces, ils soutiennent l’ennemi [des Palestiniens] qui occupe leurs terres », a-t-il dit.

Dov Lieber et l’AFP ont contribué à cet article.

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