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Washington versera 99 millions de dollars à l’UNRWA

L'annonce fait suite à un précédent don de 150 millions de dollars en avril, Biden cherchant à rétablir l'aide à l'organisme criblé de dettes

Un Palestinien se trouve sur un pickup transportant un sac d'aide alimentaire fourni par l'UNRWA au sud de Gaza ville à Rafah, le 25 juin 2019. (Said Khatib/AFP)
Un Palestinien se trouve sur un pickup transportant un sac d'aide alimentaire fourni par l'UNRWA au sud de Gaza ville à Rafah, le 25 juin 2019. (Said Khatib/AFP)

Jeudi, les États-Unis ont annoncé qu’ils verseront 99 millions de dollars à l’organisme des Nations unies chargé d’aider les réfugiés palestiniens, renforçant ainsi l’agence à court d’argent dans le cadre d’une série de mesures visant à sortir les Palestiniens d’un marasme économique endémique.

Le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations du département d’État a déclaré sur Twitter que cet argent « permettra de fournir une éducation, des soins de santé et une aide d’urgence à des centaines de milliers d’enfants et de familles palestiniennes dans le besoin ».

En avril, l’administration du président américain Joe Biden a annoncé qu’elle commencerait à rétablir le financement des Palestiniens via l’UNRWA, qui aide les réfugiés palestiniens et leurs descendants, Washington cherchant à rétablir les liens avec Ramallah après le gel de leurs relations sous le mandat de l’ancien président américain, Donald Trump.

Il n’y a pas eu de commentaire immédiat sur l’annonce du financement de la part des responsables israéliens. Le précédent gouvernement israélien a critiqué l’annonce d’avril, mais la coalition actuelle s’est pour le moment abstenue de s’opposer publiquement à l’administration Biden.

Jérusalem a longtemps fait pression pour la fermeture de l’UNRWA, arguant qu’elle contribuait à perpétuer le conflit avec les Palestiniens puisqu’elle confère le statut de réfugié aux descendants des personnes déplacées à l’époque de la guerre d’indépendance d’Israël en 1948. Cette affirmation a été reprise par Donald Trump dans sa décision de 2018 de cesser de financer l’agence.

Les défenseurs d’Israël critiquent également depuis longtemps l’UNRWA pour ses manuels scolaires, qui, selon eux, encouragent l’incitation à la violence. Les groupes de surveillance israéliens ont accusé les programmes de l’UNRWA de promouvoir la violence et de nier le droit d’Israël à exister.

Un élève palestinien passe devant l’aide humanitaire de l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) et de l’USAID, le 6 juin 2010, dans le camp de réfugiés de Shatie, dans la ville de Gaza. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)

La déclaration du département d’État de jeudi fait écho aux précédentes promesses de Washington de demander des comptes à l’agence.

« Les États-Unis restent attentifs à la responsabilité, à la transparence, à la neutralité et à la stabilité de l’agence », indique le communiqué.

Dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, le directeur de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a déclaré que les pénuries budgétaires constantes avaient contraint l’agence à prendre des mesures d’austérité, limitant au maximum l’aide qu’elle pouvait offrir aux Palestiniens.

« Depuis près d’une décennie, le financement de l’Agence par les donateurs stagne et reste inférieur au montant nécessaire pour assurer la poursuite de services de qualité. Dans le même temps, la population de réfugiés a continué de croître alors que la pauvreté et les vulnérabilités sont montées en flèche. La crise financière est de nature existentielle », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que la reprise du financement américain était insuffisante pour combler le déficit, d’autres donateurs se retirant.

Le Commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, prend la parole lors d’une conférence de presse au siège de l’UNRWA à Gaza, le 26 novembre 2020. (Crédit : AP Photo / Adel Hana)

En 2021, l’agence disposait d’un budget de 806 millions de dollars, dont plus de la moitié était destinée à l’éducation.

L’annonce des États-Unis intervient deux semaines après que des responsables américains et palestiniens se sont virtuellement rencontrés pour relancer le « dialogue économique américano-palestinien », après une interruption de cinq ans.

Lors de cette réunion, les participants se sont engagés à « élargir et approfondir la coopération et la coordination [américano-palestinienne] dans toute une série de secteurs », a déclaré le département d’État.

Le financement de l’UNRWA a été discuté lors d’une réunion au début du mois entre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan et le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors des élections du Fatah à la Muqataa, le siège de l’Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, le 3 décembre 2016. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Bien que le Premier ministre Naftali Bennett soit opposé à une reprise des négociations de paix avec les Palestiniens, son gouvernement s’est engagé à renforcer l’Autorité palestinienne et son économie en difficulté. Mardi, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a accueilli Mahmoud Abbas chez lui pour une rencontre extraordinairement rare.

Le bureau de Gantz a annoncé plusieurs « mesures de confiance » à la suite de la réunion.

Il s’agit notamment d’approuver l’inclusion de 6 000 résidents de Cisjordanie et de 3 500 résidents de Gaza sur une base humanitaire dans le registre des résidents de l’Autorité palestinienne, d’avancer le transfert de 100 millions de shekels (32,2 millions de dollars) de paiements d’impôts, et d’ajouter 600 agréments BMC (carte d’homme d’affaires) pour les hommes d’affaires palestiniens de haut rang, ainsi que 500 permis pour les hommes d’affaires ayant ces agréments d’entrer en Israël avec leurs véhicules, et des dizaines de permis VIP pour les hauts responsables de l’Autorité palestinienne.

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