Washington veut redynamiser les infrastructures et l’éducation des Palestiniens
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Washington veut redynamiser les infrastructures et l’éducation des Palestiniens

Le volet économique du plan américain pour le conflit israélo-palestinien a pour objectif affiché de récolter plus de 50 milliards de dollars et de créer un million d'emplois

Des femmes arabes israéliennes dans la ville du nord de Nazareth le 9 décembre 2017. (Nati Shohat/Flash90)
Des femmes arabes israéliennes dans la ville du nord de Nazareth le 9 décembre 2017. (Nati Shohat/Flash90)

Le volet économique, dévoilé samedi, du futur plan américain pour résoudre le conflit israélo-palestinien promet de relancer l’économie palestinienne avec pour objectif affiché de récolter plus de 50 milliards de dollars et de créer un million d’emplois sur dix ans.

Cette initiative sera discutée lors d’une conférence mardi et mercredi à Bahreïn, boycottée par les Palestiniens qui estiment que l’administration pro-israélienne du président Donald Trump cherche à les acheter et à enterrer leur objectif d’un État indépendant.

Voici les principaux points de ce volet économique publié par la Maison Blanche :

Infrastructures

Le plan appelle à d’importants investissements pour améliorer la production d’électricité, la fourniture d’eau potable et le traitement des eaux usées dans les Territoires palestiniens, où les services de bases sont en piteux état.

Dans la bande de Gaza contrôlée par le groupe terroriste du Hamas, l’une des zones les plus densément peuplées de la planète et objet de restrictions terrestres, maritimes et aériennes par Israël, le plan prévoit 590 millions de dollars de donations et de prêts à faible taux intérêt pour moderniser la principale centrale électrique et créer des dizaines de milliers d’emplois.

Le plan prévoit aussi des efforts importants pour intégrer l’économie palestinienne à celle de ses voisins arabes, mais pas à celle d’Israël.

Des camions au point de passage de Kerem Shalom, important des denrées alimentaires dans la bande de Gaza, le 17 juillet 2018. (Crédit : AFP / SAID KHATIB)

Jusqu’à 900 millions de dollars de dons serviront à améliorer les terminaux de marchandises et à construire des routes d’accès spéciales pour réduire les délais et les coûts du commerce transfrontalier.

Le plan préconise aussi la construction de routes modernes et éventuellement une ligne ferroviaire pour relier la Cisjordanie et la bande de Gaza, répondant ainsi aux inquiétudes des Palestiniens sur la non connexion de ces deux territoires.

Éducation

La plan prévoit 500 millions de dons pour créer une nouvelle université de niveau international, en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza.

Trente millions de dollars sont également prévus pour former les femmes avec le but d’augmenter leur part dans la population active de 20 à 35 %.

Le plan a aussi pour but plus général d’augmenter l’espérance de vie de 74 à 80 ans.

Tourisme

Le plan parie sur le tourisme, avec 1,5 milliard de dollars de prêts à taux d’intérêt réduits et 500 millions de dons pour développer des sites et promouvoir les Territoires palestiniens, qui abritent certains des lieux les plus saints de la religion chrétienne.

Ces atouts pourraient attirer des dizaines de milliers de touristes supplémentaires chaque année, notamment en encourageant des touristes déjà dans la région à ajouter une étape à leur parcours.

Gouvernance

Dans une critique implicite de l’Autorité palestinienne, le plan prévoit que les fonds seront gérés par une banque de développement multilatérale pour éviter la corruption et assurer la transparence.

Il promeut une économie de marché avec une meilleure protection des droits de propriété et « une législation fiscale favorisant la croissance ».

Avec 30 millions de dollars de dons, le plan appelle à la création d’une base de données moderne pour enregistrer les titres de propriété foncière.

Politique

Le plan évite délibérément d’aborder un accord politique entre Israël et les Palestiniens.

L’administration Trump affirme que ce volet politique sera dévoilé plus tard cette année, éventuellement en novembre après les élections israéliennes et la formation d’un gouvernement.

Les Palestiniens sont profondément méfiants vis-à-vis de Donald Trump, qui a pris une série de décisions pro-israéliennes dont la reconnaissance controversée de Jérusalem comme capitale d’Israël.

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