Winter : Pas de coalition sans loi sur la conscription des haredim
Le chef d’Amkha Yisrael aurait refusé cinq places garanties au Likud ; il soutient Netanyahu, mais exclut toute alliance avec des responsables liés au 7-Octobre
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Ofer Winter, ancien général de droite qui a fait son entrée en politique la semaine dernière, a promis mercredi que son nouveau parti ne participerait à aucun gouvernement de coalition tant qu’une loi instaurant la conscription universelle n’aurait pas été adoptée.
« Nous ne participerons à aucun gouvernement tant qu’une loi mettant fin au refus de servir et imposant à chacun de se présenter pour accomplir son devoir n’aura pas été adoptée », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Tel Aviv.
« Sans cela, nous ne ferons pas partie du gouvernement. C’est aussi simple que cela. Tout jeune en âge de servir devra répondre à ses obligations envers l’État. Aucun groupe n’est au-dessus des lois », a-t-il ajouté.
Il faisait référence aux revendications des ultra-orthodoxes, qui cherchent à inscrire dans la loi les exemptions généralisées de service militaire dont leur communauté bénéficie depuis longtemps.
Winter avait déclaré la semaine dernière qu’Amkha Yisrael ne recommanderait Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre qu’à cette condition, une position qu’il a réitérée mercredi.
Le Likud de Netanyahu a gouverné pendant l’essentiel des quatre dernières années avec deux partis ultra-orthodoxes farouchement opposés à la conscription universelle. Cette coalition a adopté des mesures visant à faciliter le maintien des exemptions de service militaire accordées aux ultra-orthodoxes et a cherché à faire adopter une loi les pérennisant explicitement.
Winter a réaffirmé dans son discours qu’une loi sur la conscription devait être adoptée avant la prestation de serment du gouvernement, et non se limiter à « une promesse [ou] à une clause dans les accords de coalition ».
Il a ajouté : « Personne ne nous mènera en bateau. »
Le discours de Winter est intervenu alors que Netanyahu multiplie les efforts pour convaincre le chef d’Amkha Yisrael de renoncer à se présenter sous sa propre bannière.
Selon la chaîne publique Kan, le Premier ministre serait prêt à mettre à la disposition de Winter les cinq places réservées dont il dispose encore sur la liste du Likud afin d’y intégrer des membres de son parti.
Winter n’aurait toutefois jamais reçu directement cette proposition ; lorsque des proches du Premier ministre l’ont contacté pour organiser un entretien avec Netanyahu, il aurait refusé de lui parler, a rapporté Kan.
« Il n’y a pas matière à discussion », aurait-il déclaré.
Selon d’autres informations, Netanyahu aurait proposé deux places sur la liste du Likud à des membres du parti de Winter, ainsi que deux autres sur la nouvelle liste commune formée par HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich et le parti Zehut de Moshe Feiglin.
Dans son discours de mercredi, Winter a rejeté toute tentative de démanteler son parti, assurant qu’il n’avait « aucune intention de de céder. Nous ne tomberons pas, nous ne nous disperserons pas et nous ne laisserons personne semer la division entre nous. »
« Nous n’allons pas placer deux personnes ici et deux autres là. Nous ne sommes pas à la recherche de postes. Il va falloir vous y habituer : aucun de ceux qui sont ici n’est venu pour décrocher un siège. Je le dis au peuple d’Israël, à tous mes amis de droite et également au Premier ministre : nous ne nous sommes pas lancés dans cette aventure pour notre intérêt personnel ou sur un coup de tête. Nous avons une ligne claire et nous nous y tiendrons », a-t-il ajouté.
Winter a déclaré qu’il ne fermait pas la porte à des alliances, « mais uniquement avec des personnes nouvelles et intègres », comprenez, des personnalités qui n’étaient pas aux responsabilités au moment du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et qui ne sont donc pas, à ses yeux, entachées par ces événements.
Dans son discours, il a précisé qu’Amkha Yisrael accueillerait volontiers « tous ceux qui veulent venir réparer les choses et placer l’intérêt du peuple d’Israël au-dessus de tout, ceux qui ne sont pas entachés par le 7-Octobre et qui veulent changer le discours clivant et violent qui nous a conduits à ce terrible massacre ».
Winter a déclaré que son soutien à Netanyahu avait été bien accueilli par ses partisans, qui ne souhaitaient pas que le prochain gouvernement compte parmi ses membres des dirigeants de la droite d’opposition ayant déjà formé une coalition avec des partis de gauche et le parti islamiste Raam, à savoir le chef de BeYachad, Naftali Bennett, et le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman.
Il a toutefois reconnu que certains de ses partisans avaient été déçus.
« Certains ont été déçus par mes propos. Ils m’ont dit : ‘Nous étions emballés par votre annonce ; nous étions tellement heureux de voir enfin émerger quelque chose de nouveau pour le peuple d’Israël. Vous promettiez du neuf, et maintenant, Netanyahu ?’ Je tiens tout d’abord à présenter mes excuses à ceux que j’ai déçus. Nous vous dirons toujours la vérité. Nous ne mentirons pas », a-t-il déclaré.
Winter a lancé la semaine dernière à Jérusalem son parti Amkha Yisrael, qu’il a présenté comme une nouvelle formation de droite prônant une ligne sécuritaire ferme, tout en cherchant à rassembler différents secteurs de la société israélienne.
Netanyahu fait pression sur les petits partis de droite pour qu’ils s’unissent, afin d’éviter que des voix ne soient perdues si l’un ou plusieurs d’entre eux ne franchissaient pas le seuil électoral de 3,25 %. Amkha Yisrael fait partie des formations susceptibles de rester sous ce seuil.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a refusé de renouveler l’alliance entre son parti Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit de Smotrich. Winter a lui aussi écarté, jusqu’à présent, toute alliance électorale de ce type.
Mardi, Smotrich a annoncé la formation d’un bloc technique avec le parti Zehut de Moshe Feiglin en vue des élections et a appelé les autres formations de droite à les rejoindre. Il a averti que les acquis du gouvernement sortant seraient remis en cause si la droite perdait les élections.
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