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Zeev Raz s’excuse pour son commentaire justifiant l’assassinat d’un Premier ministre

L'ex-pilote, qui a dirigé la célèbre mission de 1981 contre le réacteur nucléaire irakien, s'est dit en désaccord avec la publication menaçante qu'il a partagée en ligne

L'activiste anti-gouvernement, Zeev Raz, s'adressant aux journalistes de la Douzième chaîne, le 6 février 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)
L'activiste anti-gouvernement, Zeev Raz, s'adressant aux journalistes de la Douzième chaîne, le 6 février 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)

Lundi, un célèbre militant anti-gouvernement est revenu sur un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel il semblait justifier l’assassinat potentiel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et a présenté ses excuses au mouvement de protestation pour les dommages causés par ce message.

Zeev Raz, un ancien pilote de l’armée de l’Air qui a participé à la célèbre mission de 1981 visant à bombarder un réacteur nucléaire irakien, a partagé une publication sur Facebook vendredi qui disait « si un Premier ministre se lève et s’arroge des pouvoirs dictatoriaux, c’est un homme mort, c’est aussi simple que cela ».

Si un dirigeant se comporte d’une manière dictatoriale, il y a une obligation de le tuer », indiquait le post, sans mentionner le nom de Netanyahu. Les manifestants anti-gouvernement accusent le gouvernement Netanyahu de subvertir le système démocratique israélien en remaniant le système judiciaire.

Les commentaires de Raz ont suscité une vive condamnation de la part du gouvernement et une enquête de police à son encontre pour incitation et menaces présumées. Samedi, Raz a également tenté de se rétracter.

Raz, qui était une figure de proue du mouvement de protestation anti-Netanyahu rue Balfour en 2020 et 2021, a déclaré à la Douzième chaîne dans une interview lundi qu’il n’avait pas écrit le message « extrémiste » lui-même et qu’il n’était pas d’accord avec lui, bien qu’il l’ait partagé.

« Je mets en ligne beaucoup, beaucoup de messages. Je suis parfois en désaccord avec certains d’entre eux qui expriment une opinion différente de la mienne, mais je les partage parce qu’ils sont intéressants, parce qu’ils sont provocateurs, parce qu’ils sont importants », a-t-il déclaré.

« Si la publication avait dit qu’il faut aller assassiner le Premier ministre maintenant ou quelque chose comme ça, bien sûr que je ne l’aurais pas publiée », a-t-il dit. « Ça aurait clairement été de l’incitation et je ne l’aurais pas partagée. »

« Il parlait d’une situation future, dans laquelle nous irions vers une dictature, et qu’alors il faudrait agir », a déclaré Raz. « Le Premier ministre en Israël ne mérite évidemment pas la mort, et pas seulement lui. Aucun Israélien ne mérite la mort. Nous n’appliquons pas la peine de mort. »

Des étudiants et des enseignants manifestant contre le projet de remaniement judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 5 février 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Raz a présenté ses excuses au mouvement de protestation pour avoir partagé la publication et a déclaré que la déclaration ne devrait pas nuire aux efforts d’opposition au gouvernement dirigé par Netanyahu. Des dizaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue ces dernières semaines pour protester contre les politiques de la coalition, ainsi que des manifestations plus modestes, notamment des grèves limitées et surtout symboliques.

« Je suis désolé pour cela. Je pense que c’était une erreur, et je l’ai écrit explicitement, peu de temps après avoir mis cette publication en ligne », a-t-il déclaré à propos des dommages causés au mouvement de protestation. « Cela ne peut pas se mettre en travers de nos préoccupations et c’est pourquoi quelqu’un a rédigé cette publication – mais pas moi – sur la direction que prend le pays. C’est très dangereux. »

« J’ai retiré la publication et écrit que je me rétracte et que je suis contre ces mots », a-t-il ajouté.

La publication Facebook avait insinué aux abonnés de Raz que le principe religieux juif du din rodef, autorisant l’exécution extra-judiciaire d’un individu qui a l’intention de tuer ou de nuire à autrui, pourrait s’appliquer à un Premier ministre dans ce cas, ainsi qu’à ses ministres et à ses partisans.

Pour justifier cette affirmation, la publication semble soutenir que permettre à la très controversée réforme judiciaire d’aller de l’avant entraînerait « la mort de nombreux innocents, et qu’il vaut mieux tuer les criminels d’abord ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirigeant une réunion du Likud à la Knesset, à Jérusalem, le 6 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a rendu les partis d’opposition responsables de l’incident, affirmant qu’ils soutenaient une « incitation irresponsable » contre lui qui, a-t-il averti, menaçait la démocratie.

Dans des déclarations publiques au début de la réunion hebdomadaire du cabinet de dimanche, Netanyahu a dit aux ministres que l’incident était « une menace explicite d’assassiner un Premier ministre en Israël ».

Le ministre des Communications, Shlomo Karhi (Likud), a déposé une plainte contre Raz auprès de la police dimanche matin. Raz a été arrêté pour être interrogé plus tard dans la journée.

Il a déclaré à la Douzième chaîne que la rencontre s’était déroulée dans « une bonne ambiance » et qu’il avait expliqué qu’il n’avait pas écrit le message lui-même et qu’il n’était pas d’accord avec celui-ci.

Pendant ce temps, la personne que Raz dit avoir citée dans la publication, le professeur Avshalom Elitzur, a publié une longue explication sur Facebook à la suite de ses remarques.

« Un Premier ministre n’est remplacé que lors d’élections, ou de motions de censure, entre autres ; en d’autres termes, uniquement de manière démocratique », a-t-il écrit. « Par conséquent, si un Premier ministre décide, à Dieu ne plaise, d’abolir la démocratie… alors soit ce Premier ministre ne sera pas remplacé par le gouvernement, soit, en l’absence de démocratie, il sera remplacé d’une manière non-démocratique. »

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, et le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, ont critiqué la publication de Raz.

« Je condamne fermement et de toutes les manières l’incitation et les appels au meurtre de Netanyahu. Cette bataille concerne l’âme de l’État. L’incitation et la violence ne font que nuire à la lutte pour sauver le pays », a écrit Lapid sur Twitter. « J’appelle tous ceux qui aiment ce pays à protester, à sortir dans la rue, mais à respecter l’État de droit – n’ayez pas recours à la violence. »

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, participant à un rassemblement contre le nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et son projet de refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, le 21 janvier 2023. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Gantz a partagé un sentiment similaire, ajoutant « qu’il est absolument interdit de se laisser entraîner dans ces lieux, et personne n’a le droit d’inciter, quelle que soit la contribution qu’il a pu apporter au pays ».

La coalition Netanyahu a proposé une réforme radicale qui augmenterait le contrôle du gouvernement sur le système judiciaire. Les critiques affirment que ces changements, entre autres, videront les tribunaux de leur substance, laisseront les droits des minorités sans protection et concentreront un pouvoir presque illimité entre les mains de la coalition au pouvoir.

Ce plan a suscité de vives critiques et des mises en garde de la part d’éminents experts financiers et juridiques, ainsi que des manifestations de masse hebdomadaires et des pétitions publiques de la part de divers fonctionnaires, professionnels et entreprises privées.

Netanyahu s’est défendu contre les critiques, affirmant que la réforme renforcerait la démocratie plutôt que d’en accélérer la fin, et que son gouvernement appliquait la volonté du peuple.

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