Zohar reproche à Gamzu son opposition aux voyages en Ukraine
Rechercher

Zohar reproche à Gamzu son opposition aux voyages en Ukraine

Le responsable chargé de la lutte contre le virus "craint les médias", selon le chef de la coalition qui prévient que le pèlerinage à Ouman "aura lieu qu’il le veuille ou non"

Le député Likoud Miki Zohar à la Knesset à Jérusalem, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)
Le député Likoud Miki Zohar à la Knesset à Jérusalem, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)

Un allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, membre du Likud, a fustigé mercredi le responsable national du coronavirus pour empêcher les Israéliens de se rendre en Ukraine à l’occasion du pèlerinage à Rosh HaShana, et l’a accusé de ne pas chercher à empêcher les manifestations de masse contre le Premier ministre car il craint les médias.

Les déclarations de Miki Zohar, le chef de la coalition, ont immédiatement suscité les reproches d’autres politiciens.

Ronni Gamzu, nommé par le gouvernement en juillet pour diriger la gestion de la pandémie, a récemment été critiqué par les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition de Netanyahu pour tenter d’empêcher des dizaines de milliers de juifs hassidiques de s’envoler vers la ville ukrainienne d’Ouman pour célébrer le nouvel an juif. Mardi, l’Ukraine a déclaré qu’elle limiterait le nombre de pèlerins autorisés dans la ville suite à un appel de Netanyahu, mais le Premier ministre a nié avoir fait une telle demande.

« Le professeur Gamzu est sûr d’avoir la capacité d’empêcher les Israéliens de se rendre à Ouman, mais le professeur Gamzu était sûr d’avoir la capacité d’arrêter les manifestations. Il n’a pas réussi à mettre fin aux manifestations », a déclaré Miki Zohar, le chef de la coalition, à la chaîne publique Kan.

Gamzu a exprimé son inquiétude concernant les manifestations contre Netanyahu, focalisées sur l’inculpation du Premier ministre pour corruption, mais il n’a jamais promis d’y mettre un terme et le gouvernement a toujours maintenu le droit de se réunir pour manifester, malgré la pandémie.

« Il est clair que Gamzu n’a pas été actif dans ce domaine car il craint les médias et a peur que ceux-ci le critiquent », a déclaré Zohar. « Il travaille très bien avec les médias et coopère avec eux, mais dans l’intervalle, il n’a pas arrêté les manifestations bien qu’il les trouve déraisonnables.”

Zohar n’a pas précisé comment Gamzu pouvait empêcher les manifestations, ce que Netanyahu lui-même a maintes fois nié avoir tenté de limiter. Si la taille de la plupart des rassemblements a été plafonnée pour empêcher le virus de se propager, aucune restriction de ce type n’a été imposée aux manifestations.

Des milliers de personnes manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence officielle à Jérusalem, le 8 août 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Il n’y a eu aucune contamination de COVID-19 liée aux manifestations, dont certaines ont rassemblé quelque 10 000 personnes devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, bien que certains alliés politiques de Netanyahu les aient considérées comme un vecteur du virus.

« S’il sait qu’il ne sait pas comment arrêter les manifestations… il doit savoir qu’il ne peut pas non plus arrêter les voyages à Ouman », a déclaré Zohar, qualifiant les manifestations de danger pour la santé publique.

Zohar a blâmé Gamzu pour avoir envoyé une lettre au président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui demandant de bloquer les vols vers Ouman. Selon Zohar, Gamzu devrait s’efforcer de réduire le nombre de voyageurs plutôt que de les empêcher de prendre l’avion.

« Au lieu de craindre les médias et de s’occuper de choses comme l’envoi d’une lettre au président ukrainien… [il] devrait commencer à résoudre cette question, celle du voyage à Ouman, qui aura lieu qu’il le veuille ou non », a déclaré Zohar.

Le député Likud a affirmé développer un plan qui permettrait à 6 000 Israéliens de se rendre en Ukraine pour Rosh HaShana, au lieu des 30 000 qui font normalement le voyage. Son plan inclurait des tests pour les pèlerins, ainsi que la quarantaine requise à leur retour en Israël.

Ronni Gamzu lors d’une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Leon, à la mairie de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Zohar a été rapidement réprimé par les députés de l’opposition pour ses critiques à l’égard de Gamzu.

« Lorsque le président de la coalition affronte le professeur Gamzu… cela ne contribue pas à la confiance du public dans le gouvernement », a tweeté le chef de l’opposition Yaïr Lapid. « Arrêtez de vous battre et commencez à travailler. »

Le député Yamina Bezalel Smotrich a déclaré que même s’il n’était pas d’accord avec toutes les décisions de Gamzu, celui-ci devrait avoir le soutien du gouvernement pour combattre le virus.

« Cessez de l’attaquer de toutes parts, de l’appeler à démissionner, de lui mettre des bâtons dans les roues et de lui reporter ensuite vos échecs », a écrit Smotrich, qui a été ministre des Transports jusqu’en mai, sur Twitter.

Il a ajouté : « C’est Netanyahu qui s’est opposé à la limitation des manifestations à Balfour [la résidence du Premier ministre] sur toute la ligne ! J’étais présent lors des réunions du cabinet et il y était opposé. Peut-être est-ce lui qui craint les médias ?! »

Smotrich était au cabinet au printemps, lorsque la plupart des manifestations se tenaient à Tel-Aviv et à Jérusalem. Les manifestations devant la résidence de Netanyahu n’ont pris de l’ampleur qu’au cours des deux derniers mois, après que Smotrich a rejoint l’opposition.

Le ministre des Finances du Likud, Israël Katz, a également soutenu Gamzu. « Je suis favorable à ce que l’on donne la préférence aux considérations de santé sur ce genre de choses. Il faut laisser travailler le superviseur du coronavirus », a déclaré Katz à la radio de l’armée.

La critique de Zohar à l’égard de Gamzu est intervenue le lendemain du jour où ce dernier a juré de « tout faire » pour empêcher un grand nombre de Juifs hassidiques de s’envoler pour Ouman et a menacé de démissionner à ce sujet.

Un groupe de Juifs orthodoxes prient autour des lieux saints juifs à Ouman, en Ukraine, le 21 septembre 2006. (AP/Efrem Lukatsky)

L’opposition de Gamzu au pèlerinage, qui attire surtout des Juifs ultra-orthodoxes, a soulevé des tensions parmi les partenaires Haredi de Netanyahu, dont certains auraient cherché à l’évincer de son poste.

Le ministre du Logement Yaakov Litzman, (Yahadout HaTorah), a déclaré que la réglementation des vols serait « une gifle aux dizaines de milliers d’adeptes de Breslev », selon la Douzième chaîne.

Mardi, Zelensky a déclaré que l’Ukraine « limiterait de manière significative » l’entrée des pèlerins juifs pour Rosh HaShana le mois prochain, à la demande de Netanyahu. Le bureau de Netanyahu a rapidement nié que le Premier ministre ait fait une telle demande, dans ce qui semblerait une tentative d’apaiser ses alliés ultra-orthodoxes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...