Trois Israéliens ont été assassinés et un quatrième grièvement blessé mardi matin dans une attaque terroriste présumée à l’extérieur de l’implantation de Har Adar située près de Jérusalem, a déclaré la police.

Selon la police, le terroriste présumé est arrivé par l’entrée arrière de l’implantation abritant environ 4 000 habitants, et a ouvert le feu sur un groupe d’agents de la sécurité qui étaient en train d’ouvrir cette entrée pour la journée.

L’assaillant, détenteur d’un permis de travail, père de 4 enfants, âgé de 37 ans et originaire du village Bayt Surik (un village tout proche de Har Adar), a été abattu par les forces de sécurité sur les lieux, alors qu’il entrait dans l’implantation parmi un groupe de travailleurs palestiniens.

Il « a suscité la suspicion » des officiers présents sur les lieux. Il a ensuite sorti un fusil et a tiré sur les Israéliens, dont des policiers des frontières, a déclaré la police.

Les ambulanciers du Magen David Adom ont indiqué que la quatrième victime, qui serait âgée de la trentaine, a été transportée à l’hôpital Hadassah Ein Kerem et est en train de subir une intervention chirurgicale.

« Quand je suis arrivé sur place, trois personnes étaient déjà mortes, et le terroriste était mort », a dit à l’AFP Moiti Fried, membre des secours. Steve Leibowitz, un résident de Har Adar âgé de 65 ans, a raconté à l’AFP avoir entendu les tirs et avoir d’abord cru à un mariage. « C’est un endroit calme, on a l’impression d’être en Israël même. Je n’ai pas fermé ma porte à clé depuis des années. Maintenant, je vais le faire ».

Les victimes sont un policier des frontières et deux agents privés de la sécurité qui sont tous âgés de la vingtaine. L’attaque présumée s’est produite peu après 7 heures du matin.

L'officier de police des frontières Salomon Gavriyah, 20 ans, de Be'er Yaakov, tué le 26 septembre 2017 dans une attaque terroriste perpétrée à l'extérieur de l'implantation de Har Adar (Crédit : police israélienne)

L’officier de police des frontières Salomon Gavriyah, 20 ans, de Be’er Yaakov, tué le 26 septembre 2017 dans une attaque terroriste perpétrée à l’extérieur de l’implantation de Har Adar (Crédit : police israélienne)

L’officier de police des frontières tué a été identifié comme Salomon Gavriyah, 20 ans, de Beer Yaakov. Il a été promu à titre posthume au sergent d’état-major.

L’un des gardiens de sécurité tués dans l’attaque, Yosef Ottman, était un résident de la communauté arabe israélienne d’Abu Ghosh. Le deuxième était un résident de Har Adar, selon l’organisation d’intervention d’urgence de Zaka. Il n’a pas été immédiatement identifié.

Le permis de travail du terroriste était uniquement valable pour le travail mené à l’intérieur des implantations israéliennes le long de la « ligne de couture » entre la Cisjordanie et Israël, selon le service de sécurité du Shin Bet. Har Adar est située en deçà de la barrière de sécurité dressée par Israël pour se protéger des attaques palestiniennes.

Il a été identifié par les médias palestiniens comme Nimer Mahmoud Ahmad Jamal. Le Shin Bet n’a pas encore confirmé son identité.

Dans les heures qui ont suivi l’attaque, des forces de sécurité ont mené un raid dans la maison de l’attaquant. Le Shin Bet a déclaré qu’il n’avait pas d’antécédents judiciaires.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré qu’Israël devait interdire l’entrée des implantations aux travailleurs palestiniens pendant la période en cours des fêtes juives. Il s’agit de maintenir « les frictions au plus bas », a-t-il expliqué.

M. Erdan et la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely ont montré du doigt les dirigeants palestiniens, coupables selon eux d’entretenir un climat de haine alors que l’administration Trump cherche les moyens de renouer les fils rompus du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.

« L’horrible attaque de Har Adar, c’est la manière qu’ont les Palestiniens d’accueillir l’émissaire américain Jason Greenblatt« , représentant spécial pour les négociations internationales actuellement en Israël, a dit Mme Hotovely.

Le chef de la police israélienne Roni Alsheich, présent à Har Adar, a dit soupçonner que l’assaillant cherchait à pénétrer à l’intérieur de la colonie pour y mener son attaque. « La réaction rapide des forces de sécurité (…) a empêché le terroriste d’entrer dans l’implantation », a-t-il dit.

Alsheich a déclaré que le terroriste « était connu de ceux qui saluent les travailleurs le matin ».

Il a salué la réponse du personnel de sécurité sur les lieux, affirmant qu’un policier de la frontière et une femme de police dans une jeep voisine ont ouvert le feu sur l’attaquant, « sinon il aurait pu entrer dans la localité et poursuivre sa course meurtrière ».

Répondant aux questions sur la rareté des attaques des Palestiniens avec permis de travail, Alsheich a déclaré : « À mon grand regret, il n’y a pas de profil pour un terroriste ».

« Ce pourrait être quelqu’un qui en a marre de tout et décide de faire sortir sa rage en perpétrant une attaque », a-t-il déclaré, ajoutant que « L’incitation [à l’encontre d’Israël] est constante ».

Roni Alsheich sur les lieux d'une attaque perpétrée dans l'implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Roni Alsheich sur les lieux d’une attaque perpétrée dans l’implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Dov Baksht, qui commande l’unité de Kiryat Yearim de l’association ZAKA, était présent sur la scène de l’attentat de Har Adar. « C’est une attaque très difficile, un terroriste a ouvert le feu sur quatre Israéliens. Les conséquences sont très mauvaises, avec trois Israéliens tués et le corps du terroriste. L’équipe ZAKA était présente sur place avec trois ambulances pour évacuer les personnes assassinées et des bénévoles de ZAKA vont collecter les dépouilles. »

« Les équipes scientifiques de la police israélienne sont actuellement sur place. Nous attendons qu’elles aient terminé leur travail puis nous entrerons sur la scène de l’attaque pour, une fois encore, terminer notre travail sacré », a-t-il ajouté.

Chen Filipovitz, la chef du conseil local, a salué les agents de sécurité de son implantation pour leur action rapide, lors d’une interview avec la Deuxième chaîne après l’attaque.

« Notre coordonnateur des travailleurs et de la sécurité ont fait le nécessaire. Ce n’était pas un événement facile, c’était un incident difficile. Mais nous nous en occupons », a déclaré Chen Filipovitz. « Ce n’était pas dans l’implantation, mais à la porte où les travailleurs entrent. Il y a des centaines de travailleurs qui entrent tous les jours pour travailler à Har Adar et dans les communautés environnantes, » a-t-elle conclu.

Le mouvement terroriste palestinien du Hamas a salué l’attaque comme un « acte de vengeance pour les crimes de l’occupant contre notre peuple et les violations israéliennes » au mont du Temple. « Jérusalem a encore une fois prouvé qu’elle est au cœur du conflit avec l’occupation, et qu’il n’y a aucun moyen de la sortir de l’équation du conflit, » a poursuivi le Hamas. Le Jihad islamique, autre grand mouvement terroriste palestinien de la bande de Gaza, a également loué un acte « héroïque » en invoquant la défense du mont du Temple.

« Dans des moments aussi difficiles, nos coeurs s’adressent aux familles des personnes assassinées, et nous prions pour le rétablissement de ceux qui ont été blessés. Une attaque terroriste brutale pareille montre une fois de plus la ligne de front quotidienne sur laquelle reposent nos forces de sécurité, chargées aujourd’hui de la mission la plus importante – la sauvegarde et la défense des citoyens d’Israël. Nous continuerons à faire face au terrorisme et nous atteindrons tous les auteurs et les partisans, » a déclaré de son côté le président israélien, Reuven Rivlin.

Ces faits constituent la dernière en date des attaques anti-israéliennes, souvent commises par des hommes seuls, généralement plus jeunes que le terroriste de Har Adar et surtout armés de couteaux.

Les forces de sécurité israéliennes soulignent que le calme apparent régnant en Cisjordanie est précaire.

La succession des grandes fêtes juives en septembre et octobre, avec Yom Kippour et Souccot à venir, fait chaque année redouter aux services israéliens un regain de tensions avec les Palestiniens.

L’AFP a contribué à cet article.