Bernard-Henri Lévy était samedi soir dernier l’invité du talkshow On n’est pas couché. A l’occasion de cette émission, le philosophe est revenu sur son ouvrage « L’esprit du Judaïsme ».

Ce nouvel opus questionne sur l’identité juive, sur la définition du mot « juif » et sur la notion de « peuple élu ». Il évoque d’autres thèmes concernant la recrudescence de l’antisémitisme en France et la question de l’immigration juive en Israël.

Ces différents thèmes ont été abordés lors de l’émission avec les chroniqueurs Léa Salamé, Yann Moix et le présentateur, Laurent Ruquier.

Un passage de l’ouvrage de Bernard Henri Lévy a fait polémique sur le plateau de l’émission. Dans cet extrait en question, BHL explique que « Cette France ou je suis né, qui ne sacre un juif roi de l’époque ou roi du système que pour mieux le honnir et, quand elle peut, l’abattre ».

BHL se justifie en expliquant que la France « antisémite, cette France qui a été majoritaire il y a un siècle, qui a été majoritaire il y a soixante-dix ans, et qui est en train de se réveiller aujourd’hui, elle sacre un juif que pour mieux l’abattre ».

Pour illustrer son propos, Bernard-Henri Lévy aborde l’affaire du sang contaminé dans laquelle Laurent Fabius avait été tenu comme responsable du fait de sa fonction politique.

Laurent Fabius était Premier ministre quand a éclaté en France dans les années 1980 l’affaire du sang contaminé. Le Centre national de transfusion sanguine avait distribué des produits sanguins contaminés par le VIH, provoquant la mort de centaines de personnes en France où ces produits avaient ensuite été interdits. Mais des lots de sang contaminé avaient continué à être exportés à l’étranger, notamment en Iran, entraînant ainsi l’infection et la mort de plusieurs centaines de personnes.

En 1999, Laurent Fabius avait été innocenté par la justice française.

« La manière dont on a ressorti, à l’époque, pour l’ancien Premier ministre français une histoire de sang contaminé, c’est-à-dire de crime rituel, disait quelque chose, hélas, d’une tendance (antisémite) dans ce pays », a déclaré Bernard-Henri Lévy sur le plateau de l’émission.

Concernant l’affaire du sang contaminé, « on n’est pas obligé d’y voir de l’antisémitisme, » a souligné Laurent Ruquier.

« Vous êtes quand même contredit par les faits et l’histoire, ce scandale lui a certes peut-être collé à la peau mais ça ne l’a pas empêché de continuer une carrière politique brillante au point même que cette semaine il est même maintenant président du Conseil Constitutionnel, après avoir été président de l’Assemblée nationale et ministre des Affaires étrangères, » a souligné Laurent Ruquier.

Après avoir abordé Laurent Fabius, Léa Salamé questionne BHL en lui demandant si, selon lui, l’affaire Dominique Strauss Kahn est « un complot antisémite ».

« On peut se poser la question, » répond Bernard-Henri Lévy.

« Il y a eu à certains moments, dans certains portraits que j’ai lus dans la presse française, pardonnez-moi, il y avait quelque chose qui ne sentait pas bon. »

Pour le philosophe, il ne s’agit pas d’un complot, mais il souligne la partialité d’une partie de la presse française.

« La presse s’est emparée de cette histoire, en a fait une espèce de monstre où toutes les frustrations et les désirs inavoués ressortaient », explique BHL.

L’ambiance autour du scandale Sofitel n’était pas « saine », ce qui, pour le philosophe est caractéristique d’un antisémitisme sous-jacent.

« Je ne me suis jamais posé la question de savoir si, il sentait ou non dans l’antisémitisme, mais si vous me le demandez, il y entrait probablement. »

« On ne peut pas voir de l’antisémitisme partout, » conclut Laurent Ruquier.

« Bernard-Henri Lévy, je pense que c’est ça la faiblesse de votre texte, c’est qu’il faut dénoncer la montée de l’antisémitisme, et elle est réelle, mais vous l’affaiblissez en voyant de l’antisémitisme partout, » conclut à son tour Léa Salamé.

« Je pense être en dessous de la réalité, » conclut, quant à lui, Bernard-Henri Lévy.