Selon le journaliste interrogé par Actualité Juive, l’évolution est lente mais constante. « Chaque année qui passe, le point de vue sur Israël est un peu moins neutre et un peu plus engagé », note le journaliste français.

Il pointe du doigt l’absence de mise en parallèle entre les affaires qui ont mis en cause des conducteurs jetant leur véhicule sur la foule tant en Israël qu’en France.

« La France a préféré parler de ‘déséquilibrés’ pour évoquer cette technique qui avait été utilisée quelques semaines plus tôt en Israël, notamment sur des quais de tramway. Que nous soyons victimes du même terrorisme, là-bas et ici, c’est une réalité qui n’a pas droit de cité… »

Brice Couturier analyse les raisons d’un traitement partial de l’information. « Pour l’extrême gauche, la figure du prolétaire, à laquelle elle ne croit plus, a été remplacée par celle du Palestinien. Celui-ci est devenu l’incarnation de toutes les souffrances, de toutes les humiliations », indique-t-il à Actualité Juive.

Autre raison évoquée : la perte d’influence sur le plan médiatique des intellectuels juifs – « à part Alain Finkielkraut, et dans une moindre mesure Bernard-Henri Lévy », Brice Couturier « n’en voit plus guère ».

Cela expliquerait un recentrage de l’intérêt des médias pour le conflit israélo-palestinien, conflit dont il ne comprend d’ailleurs pas « pourquoi ses copains algériens s’y identifient via une cause palestinienne avec laquelle ils n’ont rien à voir ».

D’un point de vue de bienséance, il note également l’inégalité de traitement que vont connaître les différentes communautés dans l’exposé de leurs idées politiques.

« Il y a une autre chose qui m’énerve, c’est de voir certains se croire obligés de dire ‘Je suis juif, mais je ne soutiens pas le gouvernement israélien.’ On ne demande pas aux Algériens de dire « Je suis d’origine algérienne, mais je ne soutiens pas Bouteflika », s’indigne-t-il.

Dans le contexte des attentats de janvier, le chroniqueur souligne le fait que « les musulmans de mon pays ne sauraient être tenus pour co-responsables ; contrairement aux commanditaires de ces meurtres qui se cachent, dans quelque pays lointains ».

Pourtant la réciproque n’est pas vraie quand des terroristes « tuent des Juifs français pour, prétendent-ils, ‘venger les enfants palestiniens’ ».

« Quel rapport entre un Juif qui fait ses courses pour Shabbat dans une épicerie un vendredi après-midi et un soldat de Tsahal ?  » s’interroge Couturier.