Qualita, une organisation qui fédère des associations et des communautés francophones en Israël, a dénoncé vendredi les propos de la présidente du Front national Marine Le Pen, prônant l’interdiction de la double nationalité franco-israélienne si elle était élue à la présidentielle.

« Moi, je suis contre la double nationalité extra-européenne », a déclaré la dirigeante du FN jeudi soir sur France 2. « Israël n’est pas un pays européen, et je crois d’ailleurs qu’Israël accepte de le dire et de le penser », a-t-elle ajouté.

« Cela ne veut pas dire d’ailleurs que s’ils (les binationaux, NDLR) ne choisissent pas la nationalité française, ils devront partir de France, la France a parfaitement la possibilité d’accueillir sur son sol, y compris pour un temps long, des gens qui sont étrangers, qui gardent la nationalité étrangère », a dit également Mme Le Pen.

« Ce sont des propos inacceptables pour les juifs de France. Ils marquent une étape supplémentaire dans la volonté de Marine Le Pen de détruire l’identité des juifs de France qui est liée à la fois au judaïsme et à leurs relations avec Israël », a déclaré à l’AFP, Ariel Kandel, dirigeant de Qualita qui chapeaute une vingtaine d’organisations francophones en Israël.

« La perspective que les juifs ne puissent plus à l’avenir jouir de manière apaisée de leur identité à la fois juive et sioniste est de plus inquiétante », a-t-il déploré.

Contactés par l’AFP, les porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères et de l’Agence juive (organisme paragouvernemental chargé de l’immigration en Israël) n’avaient pas réagi vendredi après-midi aux déclarations de Mme Le Pen.

La politique officielle israélienne, « strictement observée depuis de longues années », a réaffirmé le mois dernier un responsable, est de n’avoir aucun contact avec le FN accusé d’antisémitisme en raison de « son passé, son idéologie ».

Cette mise au point avait été faite à la fin janvier, à la suite de la visite privée en Israël du numéro trois frontiste, Nicolas Bay.

Nicolas Bay, secrétaire général du Front National (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)

Nicolas Bay, secrétaire général du Front National (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)