Israël a décidé d’annuler la libération du dernier groupe de prisonniers palestiniens prévu dans le cadre des pourparlers de paix, a-t-on appris jeudi d’une source proche des négociations.

La négociatrice en chef israélienne Tzipi Livni a fait part à son homologue palestinien du refus d’Israël d’honorer la promesse de relâcher 26 détenus, en raison de la décision de la direction palestinienne de demander l’adhésion à 15 accords et traités internationaux, a précisé cette source.

Lors d’une réunion mercredi, avec le négociateur palestinien Saeb Erekat et l’envoyé Martin Indyk, Tzipi Livni, ministre de la Justice, a souligné que les pourparlers de paix ne pouvaient avancer en raison des mesures unilatérales prises par les Palestiniens et les avait appelés à revenir à la table des négociations.

Le jeudi, de nouveaux détails ont filtré des discussions qui se sont déroulées toute la nuit entre Livni et Erekat qui n’ont donné aucun résultat dans la restauration des pourparlers de paix, qui piétinent toujours.

Avant la réunion, Erekat a présenté aux fonctionnaires du Fatah une liste révisée des conditions préalables à l’extension des pourparlers de paix, y compris l’accord officiel israélien à l’établissement d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, a déclaré l’agence de presse palestinienne Maan, jeudi.

En outre, la liste exigeait la libération de 1 200 prisonniers palestiniens, dont Marwan Barghouti, Ahmad Saadat, et Fouad Shobacki ; un gel des constructions à Jérusalem Est ; l’octroi de la citoyenneté israélienne aux 15 000 Palestiniens dans le cadre d’un programme de regroupement familial ; la permission d’interdire l’accès à l’armée israélienne de la zone A pour arrêter ou éliminer des terroristes; et accroître le contrôle accru des Palestiniens dans la zone C.

Les nouvelles conditions ont été présentées à la réunion de marathon, et ont été fort probablement rejetées par les négociateurs israéliens.

Israël a demandé l’annulation des demandes d’adhésion à l’ONU. Erekat a cependant souligné que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré qu’il ne prévoyait pas de se rétracter, même si sa vie en dépendait.

Il a déclaré que les Palestiniens étaient censés être acceptés en tant que membres de ces organismes dans les prochains jours, et qu’une attention particulière avait été accordée à cette démarche – dont l’aide de 27 experts en droit international servant à évaluer les conséquences.

Lassitude de la Maison Blanche

La Maison Blanche a affirmé jeudi que l’annulation de la libération de prisonniers palestiniens par Israël créait des « difficultés » pour le processus de paix.

« La décision par les Israéliens de retarder la libération d’un quatrième groupe de prisonniers crée des difficultés », a souligné le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.

Carney, qui s’exprimait lors de son point de presse quotidien, a assuré que ce revers ne dissuaderait pas le secrétaire d’Etat John Kerry de continuer à exhorter les deux parties à trouver un terrain d’entente.

« Aucune des deux parties n’a affirmé qu’elle voulait rompre les discussions », a observé le porte-parole.