Israël a l’intention d’accueillir une centaine d’orphelins syriens et aider à leur adoption, a indiqué jeudi le ministère de l’Intérieur, malgré l’état de guerre persistant entre les deux pays voisins.

Cette centaine d’enfants de Syrie, pays en guerre depuis 2011, deviendront résidents permanents après une période de résidence temporaire de quatre ans, et pourront rester en Israël sans limitation de durée, a dit un porte-parole du ministère, confirmant des informations de la Dixième chaîne.

Les autorités chercheront des familles d’adoption dans la population arabe israélienne, qui représente 17,5 % de la population israélienne totale, majoritairement juive. Les parents proches des orphelins, comme les frères et sœurs, pourront obtenir le statut de réfugiés.

Israël doit à présent coordonner l’arrivée des enfants avec les organismes internationaux présents en Syrie, où la guerre civile a fait depuis près de six ans plus de 310 000 morts.

Israël est officiellement en état de guerre depuis des dizaines d’années avec la Syrie. Les relations sont d’autant plus tendues que le régime syrien est soutenu par le mouvement terroriste chiite libanais Hezbollah, qui a juré de détruire Israël, dans ses combats contre les rebelles.

Le gouvernement israélien s’est déclaré neutre dans ce complexe conflit, mais n’a pas pu éviter la catastrophe humanitaire massive qui se déroule chez son voisin.

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, Israël a soigné sur son sol des blessés de ce pays, y compris des combattants rebelles. Plus de 2 000 Syriens ont été traités depuis 2013 dans des hôpitaux israéliens, selon l’armée, dont 600 au centre médical Ziv de Safed. Beaucoup d’entre eux sont des femmes et des enfants.

La position officielle de l’armée israélienne est de soigner tout Syrien qui a besoin d’une aide médicale importante, peu importe qui il est. L’aide médicale apportée aux victimes de la guerre civile syrienne est une initiative humanitaire, selon Tsahal.

De plus, de nombreuses associations continuent d’aider les Syriens.

Manifestation contre l'échec de la communauté internationale à intervenir à Alep, entre les ambassades russe et américaine de Tel Aviv, le 18 décembre 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Manifestation contre l’échec de la communauté internationale à intervenir à Alep, entre les ambassades russe et américaine de Tel Aviv, le 18 décembre 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’organisation Amaliah, « le travail de Dieu » en hébreu, propose plusieurs services humanitaires aux Syriens, notamment en fournissant de la nourriture, de l’aide médicale, de l’eau potable et des documents pédagogiques. Elle coordonne également les visites dans les hôpitaux israéliens, organise des ateliers pour aider les femmes, et demande une zone sûre soutenue par la communauté internationale dans le sud de la Syrie.

En septembre, même quand les Nations unies n’avaient pas réussi à transférer de l’aide aux Syriens pendant la fête musulmane de l’Aïd al-Adha car la situation était trop dangereuse, l’armée israélienne avait transféré une tonne de viande fournie par Amaliah.

Depuis août, là encore en coopération avec Tsahal, Amaliah a fait venir 120 enfants syriens dans les hôpitaux israéliens.

Une autre initiative, une campagne de financement participatif, « Juste de l’autre côté de la frontière », a récolté plus de 350 000 dollars en un mois pour apporter une aide d’urgence plus que nécessaire aux enfants de Syrie. La campagne a rapporté plus du double de son objectif initial.

Le nom de la campagne reflète son idéologie : les Israéliens ne peuvent tout simplement pas ignorer les horreurs qui se déroulent en Syrie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé en décembre sa volonté d’étendre l’aide médicale israélienne à la population civile syrienne.

Dov Lieber a contribué à cet article.