La ministre israélienne de l’Intégration Sofa Landver a présenté mardi, lors d’une réunion au Parlement, un plan pour encourager l’immigration des Juifs de France, avec comme objectif de faire venir 15 000 personnes dans les trois ans à venir.

« C’est la première fois que le gouvernement israélien présente un projet spécifique pour l’immigration des Juifs de France », a précisé la ministre, qui a affirmé que « l’Etat d’Israël allait s’engager pour augmenter les chiffres de l »alyah’ (immigration) et aider à une meilleure intégration ».

Ce programme, doté d’un budget de 17,5 millions de shekels (3,8 millions d’euros), prévoit d’encourager les Juifs de France à s’installer en Israël, à lever les obstacles administratifs pour faciliter leur intégration et permettre la reconnaissance en Israël de davantage de diplômes professionnels français.

Partenaire de ce plan, l’Agence juive, un organisme para-gouvernemental chargé de l’immigration, s’est engagée à dépêcher des délégués supplémentaires en France pour répondre aux demandes croissantes d’informations sur les possibilités de s’installer en Israël.

Selon les chiffres du ministère de l’Intégration, 3 348 Juifs de France ont immigré en Israël en 2013, une augmentation de 70 % par rapport à 2012 avec 1 972 personnes.

« Nous avons déjà accueilli depuis le début de l’année 717 personnes de France, soit deux fois plus qu’en 2013 à la même date », a déclaré le directeur général du ministère Oded Forer.

Interrogé par l’AFP, Forer a expliqué vouloir faire venir 4 000 personnes en 2014, 5 000 en 2015 et 6 000 en 2016.

Selon lui, « la mauvaise situation économique en France, la montée de l’antisémitisme » et le fait qu’Israël soit « un pays attractif » sont les raisons pour lesquelles ce pays peut miser sur une augmentation du nombre d’immigrants juifs de France.

« Parmi les Juifs qui ont un lien avec la communauté en France, un tiers a exprimé l’envie de s’installer en Israël à court ou moyen terme, soit près de 80 000 personnes, mais nous voulons toucher également l’ensemble des personnes susceptibles de recevoir la nationalité israélienne par la Loi du retour, soit 1,2 million de personnes », explique Forer.

Il faisait ainsi allusion non seulement aux personnes de confession juive, mais aussi à celles qui ont un parent ou un conjoint juif, ce qui permet d’obtenir la nationalité israélienne.

« Il y a une opportunité qu’on ne peut pas manquer et le ministère (de l’Intégration) a décidé de s’investir pour ramener les Juifs de France à la maison », a affirmé Sofa Landver.