LOS ANGELES (JTA) — Kirk Douglas — acteur, réalisateur, producteur, auteur, philanthrope et étudiant la Torah – fêtera son 100e anniversaire vendredi, et il y aura un cadeau particulier mis de côté pour le nouveau centenaire.

Douglas a suivi des ordonnances médicales strictes pour s’abstenir de consommer de l’alcool mais son cardiologue, le Dr. P.K. Shah, a promis à l’acteur que s’il atteignait l’âge de 100 ans, il pourrait déguster un verre de vodka. Alors, lors d’un thé organisé dans un salon de réception de Beverly Hills, Shah sera personnellement présent pour lui administrer le précieux médicament.

Environ 150 autres invités fêteront Douglas : sa famille, dont ses trois fils et ses sept petits-enfants, de vieux amis, comme le réalisateur Steven Spielberg, Jeffrey Katzenberg, Don Rickles ainsi que d’autres sommités d’Hollywood.

Le rabbin David Wolpe du Sinai Temple, situé à l’ouest de Los Angeles, qui a dirigé les études hebdomadaires de Douglas pendant de nombreuses années, sera aussi là. Wolpe avait également officié lors de la seconde bar mitzvah de l’acteur, lorsque Douglas – alors âgé seulement de 83 ans – avait déclaré : « Aujourd’hui, je suis un homme ».

Le réalisateur de films américain Steven Spielberg arrive à un meeting sur les survivants de l'Holocauste, à Cracovie, en Pologne, en janvier dernier. (Crédit photo : AP/Czarek Sokolowski)

Le réalisateur de films américain Steven Spielberg arrive à un meeting sur les survivants de l’Holocauste, à Cracovie, en Pologne, en janvier dernier. (Crédit photo : AP/Czarek Sokolowski)

C’est le fils de Kirk, l’acteur oscarisé Michael Douglas, et son épouse, la comédienne Catherine Zeta-Jones, qui ont organisé l’événement. Ils accueilleront aussi les dirigeants de nombreux organismes caritatifs et institutions des Etats Unis et d’Israël qui ont reçu approximativement 118 millions de dollars au cours des années de la part de Douglas et de Anne, son épouse.

“Il faut apprendre à rendre”, avait expliqué Douglas. « Je viens d’un milieu d’une abjecte pauvreté. Je n’aurais jamais rêvé de devenir un millionnaire. Alors il faut savoir rendre ».

Le 9 décembre 1916, celui qui allait devenir Kirk Douglas était né dans la ville d’Amsterdam, au nord de l’état de New York, sous le nom d’Issur Danielovitch, fils d’un immigrant juif russe qui avait assuré les besoins de sa famille de six filles et d’un fils en tant que chiffonnier et brocanteur.

Son ascension qui lui a permis de devenir l’un des plus grandes stars masculines de Hollywood dans les années 1950 et 1960 est de cette matière qui crée les légendes américaines.

Dans la majorité de ses 87 films, l’homme blond aux yeux bleus qui portait chaque matin des phylactères avait été choisi comme incarnant l’homme le plus dur, le plus rude du cinéma.

Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones (Crédit : David Shankbone/Wikimedia Commons/File)

Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones (Crédit : David Shankbone/Wikimedia Commons/File)

Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Douglas est aussi l’auteur de 11 livres, dont des mémoires consacrées à son enfance sévère, un ouvrage expliquant l’Holocauste aux enfants et des versets d’amour à son épouse.

Il a aussi fait le récit de sa guérison suite à un crash d’hélicoptère, une crise cardiaque et une tentative de suicide.

Douglas est actuellement sur le point de terminer son douzième livre écrit avec son épouse et intitulé : “Kirk and Anne: Letters of Love, Laughter and a Lifetime in Hollywood.”

Avec tous ces accomplissements, demandez toutefois à Douglas quel est le souvenir dont il est le plus fier et il évoquera sans nul doute son action morale de courage lorsqu’il avait rompu le silence autour de la liste noire de Hollywood consacrée aux communistes présumés au temps de Mc Carthy.

Il l’avait fait en demandant que le nom du scénariste Dalton Trumbo, qui figurait sur cette liste noire depuis une décennie, serait publiquement crédité de l’écriture du script de “Spartacus”, malgré les mises en garde affirmant qu’une telle provocation pourrait mettre un terme à la propre carrière de Douglas à Hollywood.

« La Torah est le plus merveilleux scénario qui n’ait jamais été écrit. Il y a dedans de la passion, de l’inceste, des meurtres, de l’adultère, vraiment tout »

Kirk Douglas

La majorité de ses vieux amis qui seront réunis lors de la réception sont familiers d’un autre talent de l’acteur – ses observations concises sur l’existence, l’amour et ses conseils aux générations futures.

Sur la pratique religieuse : “Je ne crois pas que Dieu veuille des compliments. Dieu veut que vous fassiez des choses de votre vie et que vous aidiez les autres ».

Sur l’appel à l’étude de la Torah : « La Torah est le plus merveilleux scénario qui n’ait jamais été écrit. Il y a dedans de la passion, de l’inceste, des meurtres, de l’adultère, vraiment tout ».

A son apogée, lorsque Douglas était aussi connu pour son égocentrisme et pour son pouvoir de séduction sur les femmes que pour ses rôles à l’écran, il ne consacrait que peu de temps et peu d’intérêt à son héritage juif. Toutefois, avait-il observé : « J’ai toujours jeûné lors de Yom Kippour. J’ai toujours travaillé sur un tournage mais je jeûnais. Et laissez-moi vous le dire, c’est difficile de faire l’amour à Lana Turner avec l’estomac vide”.

Kirk s’était fait éclipser par son épouse actuelle – la seconde – lors de la célébration de leur 50ème anniversaire de mariage en 2004. Anne Buydens avait suscité la surprise des invités en leur annonçant son propre judaïsme.

“Kirk a été marié à deux shiksas,” avait-elle déclaré. « Il était temps qu’il épouse une gentille femme juive. »

Kirk Douglas (à droite), avec son fils Michael et son petit-fils Dylan à la bar-mitsvah de Dylan, en mai 2014. (Crédit : Infinity Kornfeld Studios / JTA)

Kirk Douglas (à droite), avec son fils Michael et son petit-fils Dylan à la bar-mitsvah de Dylan, en mai 2014. (Crédit : Infinity Kornfeld Studios / JTA)

Douglas a toujours conserve dans son coeur une place particulière pour Israël.

Dans « Le Jongleur », il a participé au tout premier film d’Hollywood qui ait été tourné au sein de l’état juif, y retournant ultérieurement pour “Remembrance of Love” et l’Ombre d’un géant”.

Peu avant son centième anniversaire, Douglas a rappelé un souhait qu’il avait pour la première fois prononcé lors de son 90e anniversaire.

« Dans la tradition juive, un anniversaire donne à une personne des pouvoirs spéciaux et si elle formule un souhait, ce dernier se réalise », avait-il dit.

“Je souhaite à tous ceux qui vivent sur la terre d’Israël que les conflits actuels puissent se résoudre, que plus personne ne meure ou soit blessé et que vous puissiez continuer à vivre vos vies en paix”.