Cette initiative est motivée par « l’évolution de la concertation entre les Etats-Membres de l’Union européenne et des efforts de l’UE pour soutenir le processus de paix en vue d’une solution définitive et globale », selon le quotidien belge 7 sur 7.

En d’autres termes, la Belgique prend la direction de certains pays européens ayant récemment reconnu la Palestine en tant qu’État.

Cela peut sembler paradoxale quand l’on connaît le positionnement belge en matière de politique internationale qui, comme le rappelle le quotidien généraliste de langue française Le Soir, « s’en remet au consensus de l’Union européenne ». Or, comme le relève le journaliste belge : de consensus, il n’y en a pas et il n’y en a jamais eu.

Cette résolution stipule que le Parlement « demande au gouvernement fédéral de reconnaître l’Etat palestinien comme Etat et sujet de droit international au moment qui sera jugé le plus opportun ».

Celui-ci sera déterminé en fonction de « l’impact positif de cette reconnaissance afin de relancer ou d’appuyer un processus politique inclusif de négociations entre Israël et la Palestine », de « l’évolution de la concertation » au sein de l’UE ou encore de « l’existence d’un gouvernement palestinien de plein exercice ayant autorité sur l’ensemble du territoire palestinien », précise le texte.

« La Belgique est depuis très longtemps déjà favorable à la reconnaissance de l’Etat de Palestine », a rappelé mercredi devant la presse Didier Reynders.

« Ce que nous avons fait maintenant, c’est travailler dans la majorité à préparer le débat qui devra avoir lieu au Parlement pour bien confirmer que la question, en fait, c’est le moment de la reconnaissance et les modalités », a-t-il ajouté.

« Une fois que l’on veut avancer vers une reconnaissance, il faut essayer de se coordonner sur le plan européen (…). L’Europe, dans les prochaines semaines je l’espère, devrait désigner un envoyé spécial pour le Moyen-Orient et tenter de remettre en route un processus dans lequel l’UE joue un rôle plus actif », a-t-il expliqué.

« C’est dans le cadre de ce processus que l’on verra, en fonction des évolutions et des réactions de parts et d’autres, tant d’Israël que de l’Autorité palestinienne, à quel moment, si possible de manière coordonnée en Europe, utiliser la reconnaissance », a encore indiqué M. Reynders.

« Si ce consensus n’est pas atteint (…), on prendra attitude nous-même », a-t-il toutefois assuré.

« Israël aussi est prêt pour la reconnaissance d’un Etat palestinien mais avec les réserves de remplir les conditions qui permettraient une négociation prometteuse », a déclaré l’ambassadeur israélien Jacques Revah. « Il y aurait pu y avoir un État palestinien depuis fort longtemps si les Palestiniens n’avaient pas quitté la table des négociations chaque fois qu’il y avait un avancement possible ».

Au mois de novembre, une délégation de parlementaires belges s’était rendue en Israël et dans les Territoires Palestiniens.

Ils avaient déjà à cette occasion appeler de leurs voeux que la Belgique se grandissent « à jouer un rôle précurseur au sein de l’Union européenne en reconnaissant dès maintenant l’Etat de Palestine et apporter ainsi une pierre à l’édifice de la paix entre Palestiniens et Israéliens ».

L’AFP a contribué à cet article.