Le 3 juin, trois terroristes, munis de couteaux et de fausses ceintures d’explosifs ont dirigé leur camionnette dans la foule de piétons, sur le célèbre London Bridge, et ont fait 4 morts. En sortant de leur véhicule, ils ont poignardé à mort quatre autres personnes, avant d’être abattus par la police.

Près de 48 personnes ont été blessées dans l’attentat, qui aura duré 8 minutes, mais dont les retombées se font encore sentir aujourd’hui.

Alors que Londres cherche à contrecarrer le terrorisme, elle s’inspire de l’expertise des autres pays, qui luttent contre les attaques des « loups solitaires », et notamment d’Israël.

Les attaques non organisées, perpétrées par des individus ou des petites cellules équipées de matériel basique et accessible, sont les plus difficiles à éviter.

Au cours de l’année écoulée, la capitale britannique a subi un autre attentat à la voiture-bélier, couplé à une attaque au couteau, qui à fait 6 morts, ainsi qu’un bombardement dans le métro, au début du mois, qui a causé l’hospitalisation de 18 personnes.

Israël a réussi à contrer certaines de ces attaques, en installant des barrières physiques pour empêcher les attaques à la voiture-bélier, et en surveillant de près les réseaux sociaux pour identifier les potentiels attaquants avant qu’ils ne passent à l’acte.

Et c’est en partie ce qui a amené Alistair Sutherland, adjoint au chef de la police de Londres en Israël ce mois-ci.

Dans le cadre des recherches effectuées sur les méthodes de lutte contre les attentats terroristes, Sutherland s’est rendu dans le pays pour prendre la parole au sommet mondial de la lutte contre le terrorisme à Herzliya. Durant son séjour, il a rencontré des représentants du gouvernement israélien, ainsi que des entreprises de technologie appliquée à la sécurité, pour étudier la façon dont leurs techniques et leurs produits pourraient être intégrés à son département de police.

« Nous devons nous inspirer des experts mondiaux dans le domaine de la sécurité et de la protection, et Israël en fait partie », a déclaré Sutherland, dans une salle de classe au cœur du campus de l’IDC.

Il s’agissait du sixième séjour en Israël pour Sutherland, et de sa deuxième prise de parole à l’IDC.

Les départements de police d’Europe et des États-Unis ont souvent été critiqués parce qu’ils coopéraient avec la police israélienne, en raison de la politique israélienne envers les Palestiniens.

Mais Sutherland a affirmé que la police de Londres ne s’inquiète pas de la « controverse » intrinsèque à la coopération avec Israël, bien qu’elle « en ait conscience ».

En tant qu’adjoint au chef de la police de Londres, la juridiction de Sutherland comprend le « Square Mile » des quartiers historiques et du quartier des affaires de la capitale. Le reste de la ville est protégé par le London Metropolitan Police Service, une force distincte.

Bien qu’il ne représente qu’une zone géographique restreinte, la ville de Londres abrite de nombreuses destinations plébiscitées par les touristes, notamment le London Bridge, la cathédrale de St Paul, et quelques gratte-ciels.

C’est ce qui fait du Square Mile une cible de choix pour les terroristes, comme l’a prouvé l’attentat du mois de juin.

L’attaque à la voiture-bélier a contraint la police à opérer « des changements structurels physiques immédiats », afin d’éviter que ce type d’attentats ne se reproduise », a expliqué Sutherland.

Comme l’a fait Israël en 2015 et en 2016, face à la recrudescence des attentats à la voiture-bélier, la police londonienne a déployé des bornes et des barrières dans les rues fréquentées, un dispositif appelé « National Barrier Asset », a expliqué Sutherland.

Une barrière de sécurité entre la chaussée et le trottoir sur Westminster Bridge, après les attentats, le 5 juin 2017. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

Une barrière de sécurité entre la chaussée et le trottoir sur Westminster Bridge, après les attentats, le 5 juin 2017. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

La police de Londres cherche également à restructurer ses systèmes de surveillance, « pour devenir probablement la salle de contrôle et le système de caméras les plus technologiquement intelligents au monde. C’est notre ambition », a-t-il dit.

Afin de réunir les meilleures technologies pour ce projet, Sutherland s’est rendu en Israël, mais aussi aux États-Unis.

« C’est surement grâce aux contacts que j’ai pu me faire ici, que j’enverrais mes agents en Israël pour s’entretenir avec la police israélienne au sujet des technologies qu’ils utilisent », a-t-il ajouté.

Sutherland n’a pas précisé quels étaient les produits et les entreprises israéliennes qu’il convoitait pour la police de Londres, mais a indiqué qu’il cherchait une surveillance en temps réel et la possibilité d’empêcher les attentats terroristes en trouvant les attaquants avant qu’ils ne passent à l’acte.

À cet égard, Sutherland a indiqué que la police britannique encourageait « les fournisseurs de réseaux sociaux à en faire plus », pour empêcher la publication de contenu provocateur sur leurs plateformes.

Il a déclaré que la police britannique « travaille avec des directives et un cadre très strict » en ce qui concerne la surveillance des réseaux sociaux.

« Nous connaissons nos limites », a déclaré Sutherland. « Nous sommes à l’aise avec le système en vigueur. »

Theresa May en juillet 2016 (Crédit : Oli Scarff/AFP)

Theresa May en juillet 2016 (Crédit : Oli Scarff/AFP)

La Première ministre britannique Theresa May a déclaré vouloir accorder davantage de marge de manœuvre aux autorités policières dans des affaires impliquant des suspects accusés de terrorisme.

Après l’attentat du London Bridge, May a affirmé soutenir « une action plus importante vouée à limiter la liberté et les mouvements des personnes suspectées de terrorisme, quand nous disposons de suffisamment de preuves pour savoir qu’ils représentent une menace, mais pas assez de preuve pour les traduire en justice. »

« Si toutes les dispositions des droits de l’Homme nous en empêchent, nous les amenderons afin que nous puissions agir », a-t-elle dit.