Le ministre des Finances, Yair Lapid, appelle Jérusalem à saisir l’opportunité créée par la peur mondiale du terrorisme de l’islamisme extrémiste pour créer une alliance avec les Etats arabes modérés.

Il explique que la position du monde arabe pendant l’opération Bordure protectrice prouve qu’il est prêt à tisser des liens avec Israël, à condition qu’Israël accepte d’établir un Etat palestinien.

« C’est l’occasion et nous devons en tirer parti pour se séparer des Palestiniens et établir des relations avec le monde arabe », soutient Lapid.

« Le monde connaît une évolution rapide. De nouvelles coalitions basées sur des intérêts communs se forment autour de nous, et nous devons en profiter », ajoute-t-il. « Le Hamas est isolé ; le président [Abdel Fattah] el-Sissi a des intérêts similaires aux nôtres, les Etats arabes modérés sont effrayés par la montée des extrémistes islamistes et l’EI a réveillé les Etats-Unis et l’Europe ».

Vous pensez que ce genre d’alliance régionale est irréaliste ? Regardez la déclaration du ministre des Affaires étrangères saoudien le Prince Saud AL-Faisal le 21 août, dit Lapid. « A l’apogée de l’opération de Gaza, il a appelé à la coexistence avec Israël, à la fin de la haine envers l’Etat juif et il a reporté la responsabilité du conflit sur le Hamas », selon le ministre des Finances, qui est un membre du cabinet de sécurité.

Pour vaincre le terrorisme, Israël doit se souvenir qu’il y a des groupes avec lesquels on ne peut pas négocier, souligne Lapid, faisant référence au Hamas et d’autres groupes dont le but est la destruction de l’Etat juif.

En outre, Jérusalem devrait présenter une alternative au terrorisme – en créant une « coalition de la raison », indique-t-il, « pour constituer une table régionale dans laquelle nous ferions partie de la lutte contre le terrorisme et nos renseignements participeront à l’effort régional de lutte contre l’État islamique, le Hezbollah et Al-Qaïda ».

S’exprimant lors du Sommet mondial de la lutte contre le terrorisme à Herzliya, Lapid a réitéré son appel à une conférence régionale, à laquelle Israël, l’Autorité palestinienne et les Etats arabes modérés, y compris l’Arabie saoudite et la Tunisie participeraient. Au cours de cette conférence, la réhabilitation de Gaza après la guerre de cet été serait associée à la démilitarisation de la bande de Gaza.

« Le processus diplomatique est coincé. La conférence régionale est la seule idée actuellement sur la table », a déclaré Lapid, ajoutant que lui et son parti Yesh Atid soutiendraient le Premier ministre Benjamin Netanyahu contre les attaques des membres d’extrême-droite de la coalition.

« Si je dois comparer le fantasme déconnecté d’un ‘Nouveau Moyen Orient’ à une nouvelle alliance d’intérêts partagés, je préfère une alliance d’intérêts », a déclaré Lapid. « Nous ne recherchons pas [à créer une] amitié et la communion avec les Palestiniens, mais une solution diplomatique qui nous permettrait d’atteindre la démilitarisation de la bande de Gaza et la création d’un front commun avec le monde arabe contre la folie d’Al-Qaïda et de l’État islamique ».

Pendant et après l’opération Bordure protectrice, Netanyahu a mentionné à plusieurs reprises un « possible horizon diplomatique » pour Israël, se référant à la coopération avec les pays arabes modérés, mais jusqu’à présent, il n’a pas donné plus de détails.

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman n’a pas rejeté d’emblée la proposition de Lapid pour une conférence régionale, mais a précisé qu’il ne voit actuellement pas un tel événement pointer à ​​l’horizon.

« Je n’ai pas d’illusions sur le monde arabe », a déclaré Lapid lundi. « Ils ne nous aiment pas. Ils nous voient comme une insertion étrangère dans le Moyen Orient. Mais le combat a changé. La vraie guerre est aujourd’hui entre le sain d’esprit et le fou ».

L’islam radical, qui est « hors de contrôle », présente un danger pour l’Autorité palestinienne et les Etats arabes modérés autant que pour Israël, a-t-il précisé. Mais, contrairement au passé, maintenant « ils le clament haut et fort ».

Lors de son discours, Lapid a également critiqué la décision du gouvernement de saisir 988 acres de terres près de l’implantation de Gvaot en Cisjordanie au sud de Jérusalem. Il soutient la consolidation des blocs d’implantation, mais ces confiscations de terres provoquent l’ire des Etats-Unis, déplore-t-il.

Bientôt, les Américains « en auront assez de se réveiller le matin et d’entendre que nous annexons 1 000 acres à Gush Etzion et que nous publions des offres pour des centaines de logements sans même les avertir ».

Lors de ses entretiens avec les autorités étrangères, on lui a souvent signalé que « ce n’est pas la façon dont se comportent les amis », a-t-il indiqué.

« Au lieu de les combattre, nous devons les recruter et travailler en vue d’une conférence régionale au cours de laquelle nous expliquerons au monde que la sécurité d’Israël sera toujours entre les mains d’Israël », a déclaré Lapid, « mais nous sommes prêts à nous séparer des Palestiniens et à faire partie d’une coalition contre le terrorisme
islamique ».