Le ministre américain s’envolera lundi pour Jeddah (Arabie saoudite) où il participera à une réunion avec les ministres de la Défense des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Les sujets de désaccords ne manquent pas entre Washington et les monarchies sunnites du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Emirats, Bahreïn, Qatar, Oman), notamment à propos de l’Iran, et de la Syrie, mais aussi de l’Egypte.

Les membres du CCG s’inquiètent des conséquences de l’accord intérimaire conclu en novembre entre l’Iran, leur puissant rival chiite, et les grandes puissances qui prévoit un gel du programme nucléaire iranien en contrepartie d’un allègement des sanctions frappant ce pays.

Le président américain Barack Obama s’est déjà rendu fin mars à Ryad pour tenter de rassurer les dirigeants saoudiens en assurant que les intérêts stratégiques des deux pays restaient « alignés ».

Sur la Syrie, Washington, critiqué pour son manque d’appui aux rebelles modérés, s’inquiète du soutien venu d’une partie des pays du Golfe à certains franges extrémistes de la rébellion anti-Assad.

Au cours de cette réunion, Chuck Hagel entend promouvoir une coopération multilatérale renforcée du CCG, notamment pour une meilleur « coordination en matière de défense anti-aérienne et antimissile, de sécurité maritime et de cybersécurité », selon son porte-parole.

Washington, qui a vendu ces dernières années de nombreux équipements et batteries antimissiles à plusieurs monarchies du Golfe, plaide depuis longtemps pour que ces dernières effectuent des achats groupés via le CCG et intègrent leurs systèmes pour mieux contrer une éventuelle menace balistique iranienne.

Le besoin d’une meilleure sécurité informatique a lui été mis en lumière par la vaste cyber-attaque ayant visé en 2012 quelque 30.000 ordinateurs de la société pétrolière Saudi Aramco.

Mais les efforts du ministre américain pourraient bien se heurter à un CCG divisé par la crise déclenchée par les accusations de l’Arabie Saoudite, des Emirats arabes unis et de Bahreïn à l’encontre du Qatar. Ils accusent Doha de soutenir les islamistes proches des Frères musulmans dans les autres pays du Golfe ainsi qu’en Egypte alors que les autres monarchies du Golfe soutiennent les militaires égyptiens.

Le chef du Pentagone se rendra ensuite brièvement en Jordanie, pour discuter de la situation en Syrie. Cette étape « mettra en lumière l’engagement américain pour la défense de la Jordanie où plus de 1.000 militaires américains sont déployés », selon le contre-amiral Kirby.

Chuck Hagel terminera sa tournée par Israël où il aura des entretiens avec le président Shimon Peres, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue Moshé Yaalon.

Une semaine après le déplacement dans l’Etat hébreu de la conseillère américaine à la sécurité nationale Susan Rice, Chuck Hagel discutera de « questions cruciales de sécurité régionale et bilatérale, dont la coopération en matière de défense antiroquettes et antimissiles », selon John Kirby.

En 2014, Washington finance ainsi à hauteur de 236 millions de dollars le programme de défense israélien antiroquettes Iron Dome et à hauteur de 269 millions d’autres programmes antimissiles (Arrow, Fronde de David).