Pour le premier Conseil de Paris de l’année qui se déroule du 15 au 17 février, deux vœux proposés étaient relatifs à la condamnation du boycott des produits israéliens. L’un était porté par l’opposition de droite Les Républicains (LR) et le second par la majorité socialiste.

Le Conseil de Paris (l’assemblée délibérante de la ville de Paris, dispose à la fois des attributions d’un conseil municipal en tant que commune et celles d’un Conseil départemental) a adopté une initiative portée par la droite qui condamne le boycott envers Israël et les appels à participer à ce boycott lors de manifestations sur l’espace public, renforçant la loi française qui considère que le BDS contre Israël et les Israéliens est illégal.

Cette initiative s’oppose à toutes les tentatives d’isoler Israël du concert des nations et réaffirme la promotion d’une solution pacifique au conflit israélo-palestinien. Enfin, l’initiative vise à poursuivre et à renforcer les relations avec les villes israéliennes et palestiniennes au niveau municipal.

La Mairie de Parie a indiqué que « ce voeu fait suite à une dérive préoccupante, constatée ces derniers mois sur l’espace public parisien : des manifestants, au nom d’un soutien présumé à la Palestine, ont pu franchir les limites de la loi républicaine, en bloquant notamment des manifestations artistiques auxquelles participaient des danseurs israéliens. »

Les militants pro-palestiniens devant l'Opéra Garnier à Paris, le 5 janvier 2016 (Crédit : capture d'écran OJE)

Les militants pro-palestiniens devant l’Opéra Garnier à Paris, le 5 janvier 2016 (Crédit : capture d’écran OJE)

« Ces actes illégaux visent à instaurer un climat délétère, qui ne favorise en rien la cause palestinienne et les aspiration légitimes du peuple palestinien, » conclut le communiqué.

Le député-maire Claude Goasguen avait annoncé, par communiqué la semaine dernière, cette nouvelle initiative des maires « Les Républicains » (LR) à l’encontre du boycott d’Israël.

Nathalie Kosciusko-Morizet et l’ensemble des élus les Républicains au Conseil de Paris se félicitent de l’adoption de leur vœu condamnant le mouvement de boycott d’Israël par la représentation parisienne.

« Sous la pression des élus LR, après qu’un premier vœu a été présenté et rejeté en septembre dernier puis qu’un nouveau a été déposé lors des séances de février en conseils d’arrondissement, l’adoption de ce vœu est une victoire pour tous ceux qui s’inquiètent de voir l’action du mouvement BDS s’accroître à Paris, loin du conflit israélo-palestinien, » se félicitent Les Républicains du Conseil de Paris.

« Grâce à l’adoption de ce vœu LR malgré l’abstention des élus PS, des mairies d’arrondissement ou des établissements culturels de la ville de Paris ne pourront plus accueillir, avec la caution d’élus de l’exécutif, des manifestations proches du mouvement BDS comme cela a été le cas ces derniers mois. Cette condamnation désormais effective est notamment une réponse aux événements qui avaient eu lieu en mairie du XIVème à l’automne, à l’exposition de la maison des Métallos de cet hiver et au boycott en janvier de la compagnie de danse Batsheva qui produisait à l’opéra Garnier, » conclut le parti Les Républicains de Nicolas Sarkozy.

Anne Hidalgo n’était pas présente à l’occasion de ce vote.

Le Front de Gauche, par l’intermédiaire de la conseillère Danielle Simmonet, avait déposé pour sa part un vœu contre la criminalisation des citoyens engagés dans la campagne de boycott des produits israéliens.

Le groupe de BDS France avait lancé lundi une mobilisation sur Twitter avec le hashtag #DroitAuBoycott.

Une pétition en ligne appelant au boycott des produits israéliens lancée le 19 janvier dernier réunit plus 12 000 signatures suite à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015, qui a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens.

François Heilbronn, président des amis français de l’université de Tel-Aviv a rappelé que « les appels incessants à la haine d’Israël et au boycott des produits, des savoirs, des artistes et des universitaires sont une atteinte profonde à nos principes républicains et comme vous le savez contraire à nos lois. »

Ces mouvements de boycott sont souvent le paravent d’un « antisionisme qui bascule dans l’antisémitisme, » avait récemment condamné le Premier ministre, Manuel Valls.

Le Crif a salué la décision du Conseil de Paris qui condamne ainsi les actions anti-israéliennes du mouvement BDS, peut-on lire sur leur site. Le BNVCA a également loué avec une grande satisfaction la décision du Conseil de Paris,

L’AJC (American Jewish Committee) a aussi félicité le Conseil de Paris, dans un communiqué.

« Un responsable de Paris a clairement déclaré que tout effort visant à boycotter Israël est illégal », a déclaré la directrice pour l’Europe de l’AJC, Simone Rodan-Benzaquen. « La voie vers une paix durable réside dans des négociations directes entre Israël et l’Autorité palestinienne et non pas dans des mesures punitives contre l’une des parties, l’État souverain d’Israël ».

« Nous comptons sur les autorités nationales françaises pour garantir l’efficacité de la loi [contre le boycott, déjà présente dans la loi française] partout dans le pays, y compris à Paris. Malheureusement, la nécessité de cette loi est trop évidente, à en juger par de multiples récents incidents impliquant des efforts pour boycotter ou blacklister des Israéliens, y compris les groupes artistiques », a conclu Rodan-Benzaquen dans la déclaration.