Les Ethiopiens israéliens et leurs sympathisants ont organisé un rassemblement à Tel Aviv dimanche après-midi dans le cadre de protestations renforcées contre le racisme institutionnel et la brutalité policière supposément à caractère raciste. La manifestation suit de violents affrontements lors du rassemblement de neuf heures à Jérusalem jeudi, qui a fait plus d’une douzaine blessés.

L’événement de dimanche débutera à l’emblématique centre Azrieli à 15h00, et sera suivi par une marche vers l’autoroute Ayalon, selon les organisateurs.

«Nous voulons montrer aux gens que le racisme n’est pas la routine, et voilà pourquoi nous nous perturber leurs routines – pour leur faire comprendre cela, » a dit l’activiste Inbar Bolgleh à la Deuxième chaîne.

« Nous sommes des Israéliens, comme tout le monde, une grande partie des immigrants éthiopiens sont des gens qui sont nés ici et ils méritent leurs droits », a déclaré un autre militant, Spiano Malko, selon le site de nouvelles Ynet.

Si aucun groupe officiel n’a endossé l’organisation de la manifestation, l’événement s’est propagé rapidement en ligne au cours du week-end. Les militants sur Facebook ont appelé les manifestants à apporter des caméras et des smartphones afin de documenter tous les cas de brutalité potentiels à l’encontre des manifestants.

Les manifestants ont été galvanisés par la publication d’une vidéo d’un soldat éthiopien-israélien battu par la police dans la ville côtière de Bat Yam, apparemment sans aucune provocation. Le film a suscité la colère au sein de la communauté et déclenché des accusations de discrimination institutionnelle et de racisme.

Lors de la manifestation de jeudi à Jérusalem, officiellement organisée pour dénoncer la brutalité policière contre les membres de la communauté éthiopienne, la police a déployé des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des tuyaux d’eau contre les manifestants. Une poignée de manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles sur les policiers et bloqué des rues ainsi que les voies du tramway de la ville, alors qu’ils s’avançaient vers la résidence du Premier ministre.

Trois policiers ont été blessés lors de la manifestation, et 13 manifestants ont été blessés. Deux ont été arrêtés. Peu de temps après 1 heure du matin, les derniers manifestants sont rentrés chez eux.

« Vous verrez ces protestations dans chaque ville, » a affirmé un activiste masqué à la Deuxième chaîne lors de la manifestation. Il a expliqué avoir choisi de masquer son visage pour empêcher la police de l’identifier, parce que « j’ai peur d’eux. Peut-être qu’ils vont trouveront et me battront quand les caméras ne seront pas là ».

« Depuis des années nous sommes confrontés au racisme, et la cocotte-minute a explosé, » a confié un autre manifestant à Walla.

Vendredi, le commissaire de police Yohanan Danino Israël a défendu les policiers impliqués dans les affrontements avec les Israéliens éthiopiens lors de la manifestation de Jérusalem, insistant sur le fait qu’ils ont réagi avec « retenue » à la violence dirigée contre eux. «Je tiens à féliciter le district de Jérusalem et les renforts pour leur retenue », a-t-il écrit dans une lettre aux officiers.

Pourtant, les policiers ont déclaré n’avoir pas été suffisamment préparés au nombre de manifestants à Jérusalem, a rapporté la Dixième chaîne.

La police a tenté d’apaiser le ressentiment au sein la communauté éthiopienne, qui affirme souffrir de racisme et de traitement brutal.

La manifestation dans la capitale faisait suite à la publication de séquences vidéo lundi montrant des policiers battant un soldat de Tsahal d’origine éthiopienne, Damas Pakada, qui a affirmé plus tard avoir été la cible d’une attaque raciste.

« Apparemment, les rues d’Israël doivent brûler comme à Baltimore, pour que quelqu’un pour se réveille enfin. Le régime d’apartheid est de retour, cette fois au 21e siècle en Israël », a déclaré à Ynet Gadi Yevarkan, le chef de la Campagne pour l’égalité pour les Juifs éthiopiens.

« Voir un soldat en uniforme battu par des policiers en uniforme confirme la politique officielle permettant à la police à battre des Noirs sans avoir à rendre de comptes à la législation », dit-il.

Pakada, un orphelin de 21 ans qui a émigré d’Ethiopie avec ses quatre frères et sœurs il y a sept ans, a déclaré à la Dixième chaîne qu’il roulait à bicyclette quand il a remarqué les deux officiers. Il leur a demandé ce qu’ils faisaient et l’un d’entre eux l’a confronté et l’a fait tomber de son vélo, disant : « Je peux faire ce que je veux. »

Selon Pakada, l’officier a menacé de lui tirer dans la tête, et les deux n’ont fait marche arrière que lorsqu’il a pris une pierre. Plusieurs policiers ont alors arrêté le soldat pour agression présumée, alors que le film montre qu’il ne les a pas attaqués avec la pierre. Après que la famille de Pakada a reçu la vidéo, il a été libéré, la police promettant d’enquêter sur l’affaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin ont tous deux condamné l’assaut sur le soldat, mais Netanyahu a également exhorté au dialogue plutôt qu’à violence pour gérer les questions soulevées par les manifestants.

Danino, pour sa part, a déclaré que l’officier qui a été filmé en train de frapper Pakada serait expulsé de la police, jusqu’à son procès. « Il n’y a pas de place pour ces officiers dans la police israélienne, » a-t-il affirmé. Jeudi, Danino a rencontré des militants de la communauté éthiopienne, et affirmé créer une équipe spéciale pour examiner les allégations de la communauté et trouver des façons de traiter le problème.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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