Alors que plusieurs millions de fidèles musulmans s’apprêtent à faire le pèlerinage annuel à la Mecque, il y aura parmi eux des milliers d’Israéliens et de Palestiniens.

L’inquiétude se fait jour sur la diffusion potentielle du « syndrome respiratoire du Moyen-Orient », le MERS (Middle East Respiratory Syndrome). Les responsables de la santé israéliens, cependant, indiquent que cette maladie infectieuse et incurable pose peu de danger pour le public israélien.

Le MERS est une nouvelle forme de virus assez similaire au SRAS qui a émergé en Arabie saoudite au cours des dernières années. C’est une forme connue de coronavirus avec une forme de soleil quand on le regarde avec un microscope à haute puissance. Depuis la découverte du MERS en 2012, la maladie mortelle s’est propagée à des Etats voisins du Golfe ainsi qu’en Europe et aux États-Unis. Et il n’existe aucun vaccin actuellement.

Ryad a récemment parlé d’un nombre total de cas avoisinant 700 depuis que les responsables de la santé ont commencé à suivre la maladie. Mais la similitude du MERS avec des maladies respiratoires plus courantes signifie également que beaucoup de cas sont passés entre les mailles du filet.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé au moins 701 cas de MERS confirmés en laboratoire dans le monde entier, avec au moins 249 décès imputables à la maladie. Les CDC américains (Centers for Disease Control and Prevention) estiment qu’environ 30 % des personnes qui ont contracté le MERS en ont décédé. Par rapport au SRAS, cependant, le MERS ne semble pas être aussi facilement transmissible.

Malgré le fait que les cas confirmés ont été enregistrés dans les pays voisins, la Jordanie et le Liban, Israël n’a encore vu aucun cas confirmé de MERS.

Le Pr Itamar Grotto, directeur des services de santé publique au ministère de la Santé d’Israël, a déclaré au Times of Israel qu’il y aurait peu de chances que les pèlerins du Ramadan en Arabie saoudite contractent la maladie et la « rapportent », compte tenu de la façon dont le virus se répand.

Environ 20 000 Israéliens et Palestiniens seront à la Mecque pour le hajj [pèlerinage] au cours du Ramadan cette année. L’an dernier, près de 1,5 million de musulmans ont fait leur chemin à la Mecque pour les rituels du mois sacré. Beaucoup de rituels effectués pendant le hajj impliquent la proximité avec un grand nombre de personnes, ainsi que l’abattage des animaux, qui sont potentiellement porteurs de la maladie.

En outre, une moyenne d’environ 4 500 Palestiniens ont reçu des permis de voyage pour faire le pèlerinage à la Mecque au cours des trois dernières années, a fait savoir l’administration civile de l’armée israélienne. L’armée israélienne n’a toutefois pas donné de chiffres pour 2014.

Même s’il y a eu une poignée de cas suspects de MERS en Israël par des personnes entrées dans le pays après avoir visité l’Arabie saoudite et la Jordanie au cours des deux dernières années, des tests de laboratoire ont constaté qu’ils n’étaient pas infectés par le MERS.

Le Pr Grotto estime que c’est parce que la plupart des cas viennent de la proximité des personnes infectées dans les hôpitaux, mais aussi du contact avec les chameaux. « Nous ne voyons pas de raison d’avoir une augmentation des risques avec le retour du hajj » a-t-il fait savoir, même si « nous ne pouvons pas exclure… [qu’il y ait] un ou deux cas en
Israël », a-t-il ajouté avec prudence.

Les chercheurs demeurent incertains sur le fait de savoir comment la maladie infectieuse est transmise ou à quelle vitesse elle se répand, mais les signes pointent vers les chameaux comme le principal vecteur. L’OMS recommande d’éviter tout contact avec des chameaux.

Ce qui est problématique pour les musulmans qui doivent abattre un mouton ou un chameau dans le cadre du rituel.

La période d’incubation est de deux jours à deux semaines. La maladie a tendance à se manifester avec des symptômes d’infection respiratoire aiguë : fièvre, toux et essoufflement. Certains patients peuvent présenter une diarrhée et des vomissements.

« Nous croyons que nous sommes capables d’identifier les cas suspects s’ils apparaissent, de les diagnostiquer et puis, bien sûr, de les isoler », a ajouté le Pr Grotto.

Grotto a déclaré que le ministère israélien de la Santé collabore avec l’OMS et recevait des mises à jour sur les cas de MERS dans d’autres pays visant aussi à signaler les cas possibles en Israël. Il a expliqué qu’il y avait
« une sorte de collaboration » avec l’Autorité palestinienne et le ministère de la Santé jordanien autour des cas de MERS.

La Jordanie vient de connaître une sixième victime du MERS au mois de juin. C’est un homme de 69 ans qui a succombé à la maladie.