Malgré les plaintes de nombre de citoyens qui pourraient laisser entendre le contraire, le coût de la vie notoirement élevé ne pousse pas ses citoyens à s’installer à l’étranger.

Selon les données du Bureau central israélien des statistiques, le taux d’émigration décline même.

Les chiffres suggèrent que les Israéliens sont moins enclins à partir vivre dans un pays étranger qu’il y a dix ou vingt ans. Pour l’année 2012, la dernière année pour laquelle les chiffres ont été publiés, le taux est au plus bas depuis la fondation de l’Etat en 1948.

Ces derniers mois, les Israéliens ont exprimé des inquiétudes quant à l’émigration et les plaintes liées au coût élevé de la vie, notamment dans les médias sociaux. Des groupes Facebook tel que « Olim LeBerlin » – un groupe qui aide les Israéliens expatriés – sont de plus en plus suivis.

Le nom du groupe est un jeu de mots avec le terme hébreu pour l’immigration en Israël – « alyah » ou « monter » – mais l’utilise pour pousser les Israéliens à s’installer à Berlin.

Le coût de la vie de plus en plus élevé est un sujet sensible depuis quelques années en Israël. Le point culminant de ces vives critiques furent les manifestations de 2011 qui ont vu des centaines de milliers de personnes descendre dans les rues du pays pour inciter le gouvernement à déterminer un coût de la nourriture et des logements plus abordable.

Cette année, la consternation provoquée par le coût de la vie, surnommée par les médias les « Milky Protests » [« les manifestations Milky »], en référence au dessert au chocolat populaire en Israël, a provoqué de nombreuses spéculations dans les médias sur les Israéliens prêts à abandonner leur aspirations sionistes et à partir à l’étranger vers de meilleurs horizons.

Mais les chiffres sur l’émigration ont été publiés, et ils racontent une autre histoire. Près de 15 900 Israéliens ont quitté Israël l’année 2012 mais à peu près 13 500 sont revenus – il y a donc une perte nette de
2 400 citoyens, que l’on peut comparer avec les 10 000 citoyens par année qui sont partis entre les années 1986 et 2008.

En fait, selon les fonctionnaires chargés du contrôle des frontières, plus d’un quart de ceux qui ont émigré en 2012 sont restés à l’étranger pendant plus d’un an avant de revenir.

Cette perte nette de 2 400 citoyens israéliens ne prend pas en compte les chiffres de l’alyah – l’immigration juive – ou les naturalisations, qui ont permis d’ajouter à la population 18 000 nouveaux citoyens en 2012. En d’autres termes, grâce à seule la migration, Israël a gagné 15 000 nouveaux citoyens ou résidents cette année-là.

Les fonctionnaires du Bureau central israélien des statistiques soulignent que le taux d’émigration reste bas même lorsqu’on le compare aux chiffres des autres Etats membres de l’OCDE, selon le journal économique The Marker. En moyenne, il y a un émigrant pour 1 000 citoyens israéliens.

Les chiffres montrent que plus de 50 % des Israéliens qui ont quitté le pays sont ceux qui avaient immigré en Israël, beaucoup d’entre eux choisissent de repartir dans leur pays d’origine.

Selon les taux d’émigration depuis 1948, on estime qu’entre 549 000 et 582 000 Israéliens vivent à l’étranger. Un quart d’entre eux résident aux Etats-Unis.

Près de 25 000 Israéliens vivent au Canada, 14 000 en Allemagne,
13 500 au Royaume-Uni, 10 100 en Australie, et 8 700 en France, précise The Marker. Les autres pays où l’on retrouve un nombre élevé d’expatriés sont la Hollande, l’Espagne, la Suisse, le Brésil, le Chili et l’Equateur.

Adiv Sterman et Spencer Ho ont contribué à cet article.