L’Autorité palestinienne envisage une remise en cause de la coordination avec Israël en matière de sécurité après la mort de deux jeunes hommes tués jeudi par des tirs de soldats israéliens, a annoncé un porte-parole.

« La direction palestinienne ne peut pas rester les bras croisés devant les violations israéliennes, dont la dernière en date est la mort de deux jeunes hommes d’aujourd’hui à Ramallah », a déclaré le porte-parole des services de sécurité, Adnane al-Damiri, en soulignant qu’ils avaient été atteints « de balles réelles ».

« Tout cela conduit la direction palestinienne à étudier sérieusement l’arrêt de la coordination de la sécurité avec la partie israélienne », a-t-il insisté.

Les responsables de sécurité israéliens attachent un grand prix à la coopération avec leurs homologues de l’Autorité palestinienne pour déjouer des attentats et des attaques à partir de la Cisjordanie.

A contrario, le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, appelle régulièrement le président Mahmoud Abbas à renoncer à cette coopération, ainsi qu’aux négociations de paix avec Israël.

Blessés par balle à la poitrine lors de heurts avec les soldats israéliens près de la prison militaire d’Ofer, en Cisjordanie occupée, aux environs de Ramallah, les deux Palestiniens Mohammad Oudeh, 17 ans, et Moussaab Nouwara, 20 ans, sont décédés à l’hôpital, a-t-on appris de sources médicales.

Les heurts dans cette zone de fréquentes frictions ont opposé quelque 150 jeunes Palestiniens aux militaires israéliens lors des manifestations pour la « Nakba » (catastrophe), comme les Palestiniens appellent la création d’Israël en 1948 et la tragédie des réfugiés qui s’en est suivie.

L’armée israélienne a confirmé les heurts avec environ 150 Palestiniens, affirmant dans un communiqué que ses soldats avaient « utilisé des moyens anti-émeutes et des balles caoutchoutées ».

Amnesty International a accusé dans un communiqué les forces israéliennes d' »usage excessif de la force, y compris mortelle, en riposte à des manifestants lanceurs de pierres qui ne pouvaient pas constituer une menace pour la vie des soldats et des policiers dans ou autour du camp militaire fortifié ».

L’organisation a exigé « une enquête rapide, indépendante et transparente » sur les dernières victimes.

Ces deux morts portent à 11 le nombre de Palestiniens tués par les forces israéliennes en Cisjordanie depuis le début de l’année.

La « Nakba » s’est traduite par l’exode de quelque 760.000 Palestiniens, aujourd’hui avec leurs descendants au nombre de plus de 5 millions, répartis essentiellement entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les Territoires palestiniens, seuls 160.000 restant dans ce qui est devenu Israël.