Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Transports,Yisrael Katz, ont participé lundi matin à la cérémonie d’inauguration de la construction d’un tunnel de train, qui fait partie du projet de train à grande vitesse reliant Jérusalem et Tel Aviv.

Ce tunnel, le plus grand passage souterrain qui sera construit en dernier dans le cadre de ce projet, partira de l’intersection Shaar Hagai de la route 1, ira jusqu’à la région de Mevasseret Zion, ce qui équivaut à une distance – à vol d’oiseau – de 14-15 kilomètres.

Le but ultime de ce projet est d’avoir un train à grande vitesse reliant tout le pays de « Kiryat Shmona dans le nord à Eilat dans le sud », a expliqué Netanyahu lors de la cérémonie, et il a ajouté que « peut-être, un jour, ce réseau ferroviaire pourrait relier la Jordanie à l’est, mais ce n’est encore qu’un rêve », indique la Deuxième chaîne.

Le ministre des Transports a souligné dans son discours que le but est que la liaison ferroviaire arrive, grâce à des tunnels souterrains « jusqu’au Kotel [le mur Occidental] et le mont du Temple ».

Cette nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse entre Tel Aviv et Jérusalem coûtera 1,9 milliard de dollars (7 milliards de shekels) et fera la liaison entre les deux plus grandes villes d’Israël en 28 minutes uniquement, selon le ministère des Transports. Il est prévu que ce projet soit complété pour la fin de l’année 2017.

Pour permettre aux trains d’entrer en gare, les autorités construisent un terminal souterrain sur plusieurs étages à l’entrée de Jérusalem. La station aura 80 mètres de profondeur, et pourra servir, en cas d’urgence, d’abri contre les bombes nucléaires avec une capacité d’accueil pour 2 000 personnes.

Il y aura quatre quais de 300 mètres de long que les passagers pourront atteindre grâce à des escalators, et 35 ascenseurs.

Cette station fera partie, à terme, de la plus grande plaque tournante de transport du pays, qui ira du bâtiment Binyanei Hauma à la gare centrale. Ce terminal sera composé de plusieurs arrêts de bus, d’une station de train, de deux gares de tramway, d’une station de taxis et d’un parking de plus de 1 000 places.

Le train à grande vitesse passera par Modiin, Latrun et l’aéroport Ben Gurion et aura une fréquence de quatre trains par heure en heure de pointe.

Ces trains électriques circuleront à 160 km/heure. Selon le ministère des Transports, ce projet inclut un certain nombre de prouesses architecturaux. Six cent quatre-vingt ingénieurs travaillant sur cette liaison vont créer les viaducs les plus hauts et longs d’Israël, et un tunnel à deux voies de plus de 11 km de long.

Malgré l’enthousiasme suscité par ce projet, il a connu son lot de controverses. Des groupes d’écologistes ont tenté d’obliger les concepteurs du projet à faire passer le tunnel sous la source de Yitlah au lieu d’au-dessus, comme s’était prévu à l’origine.

La Commission de planification du ministère de l’Intérieur a fait valoir que le forage d’un tunnel retarderait le projet de deux ans et a pris sa décision en faveur d’Israel Railways [la compagnie ferroviaire israélienne].

Cette nouvelle liaison traverse deux fois la ligne verte, une fois près de Latrun et une fois près de Mesaverret Zion. Cela a provoqué un tollé de la gauche israélienne et des groupes pro-palestiniens internationaux. Face à la pression des activistes pro-palestiniens, la compagnie de conseil allemande s’est retirée du projet.

Le dépassement de budget a aussi retardé le projet. A l’origine, on estimait que le projet coûterait 3,8 milliards de shekels. Mais cette estimation a rapidement augmenté de plusieurs milliards de shekels, nécessitant un investissement financier de la part du gouvernement.

Lazar Berman a contribué à cet article.